SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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 Les guerres de Bourgogne: Sollicitation ou "motu proprio" ?

 
 

Ces multiples épreuves, loin d’affaiblir les Confédérés, avaient trempé leur courage et aiguisé leur esprit de décision. Maître d’un espace plus cohérent et mieux organisé, et déjà conscients, par-là, de constituer une nation

Face aux nouveaux problèmes n’allaient-ils pas être tentés de réagir par cet aventurisme guerrier ? Dans quelles mesures l’offensive militaire ne serait-elle pas la seule issue compatible avec leurs intérêts légitimes ou le simple souci de leur conservation ?

On se souvient que les cités suisses avaient beaucoup profité des détournements de trafic consécutifs aux troubles de la guerre de Cent Ans, agissant au détriment de la France. Mais la vigoureuse impulsion qui présida à la reconstruction du royaume sous Charles VII puis Louis XI contribua à ébranler fortement l’assise et la prospérité des centres de la vie économique suisse. C’est Lyon qui allait devenir la rivale de Genève, et bientôt sa triomphatrice. Le roi interdisait alors à ses sujets de fréquenter le marché genevois. Ce qui perdit la ville ce fut la réaction dissociée de la Savoie et de Berne. En effet, la Savoie pour répondre aux actions du roi entreprit d’interdire le passage sur ses terres des commerçants venant d’Allemagne. Mais cette politique ne convenait pas du tout aux Bernois qui, sur l’iter helveticum, bénéficiait du passage de ces marchands.

Cet aspect de la réalité est essentiel pour comprendre les raisons profondes qu’eut Berne de s’opposer de toutes ses forces à la politique ambitieuse de la Bourgogne à l’égard du Pays de Vaud et de la Savoie. La réalisation d’une nouvelle Lotharingie qui tenait à cœur au Téméraire aurait eu pour immanquable effet de couper la route du Plateau suisse de son débouché méridional vers Lyon et la Méditerranée. L’interdit sur les foires de Genève ne suffit cependant pas à expliquer le déclin de nombreuses activités artisanales. La conjoncture internationale s’était renversée et elle n’était pas à l’avantage des villes productrices de suisse.

L’image qui est le plus souvent rapportée au sujet des guerres de Bourgogne c’est que le roi de France, Louis XI, aurait, par la ruse et l’or, fait éclater la guerre entre les Confédérés et le duc de Bourgogne. C’est une représentation courante, elle est néanmoins contraire à la vérité ! 

L’initiative de la guerre revint, au contraire, essentiellement à Berne, Bâle et Strasbourg. Le traité de Saint-Omer (1469) passé entre Charles le Téméraire et Sigismond engageait au duc de Bourogne une partie de ses bien patrimoniaux. A première vue, le caractère exclusivement défensif du traité (promesse militaire en cas d’attaque suisse contre Sigismond) n’impliquait aucune menace pour la Confédération. Mais plus grave étaient les dangers que comportaient les arrières-pensées des signataires. Car l’alliance pouvait être interprétée comme une tentative de faire revivre les prétentions hégémoniques des Habsbourg sur les cantons suisses.

On sait aussi que Charles convoitait la couronne impériale. Or l’unique moyen pour lui de l’obtenir, sans se heurter au refus de Frédéric III ou des électeurs germaniques, consistait à proposer une alliance matrimoniale entre les deux maisons de Habsbourg et de Bourgogne. C’est surtout la menace que l’expansion bourguignonne faisait peser sur les communications et les débouchés des villes du Haut-Rhin et du Plateau suisse qui motivait la réaction confédérale. Berne, Bâle et Strasbourg avaient en outre chacune d’autres raisons spécifiques de redouter l’extension bourguignonne, selon les incidences diverses de la proximité territoriale qu’elle faisait naître. Un autre détonateur : Charles avait gagné la Savoie à sa cause. A elle seule, cette intrusion suffisait à assurer la détérioration radicale des relations de Berne avec la Bourgogne. En plus de cela, les fidèles combourgeois de Neuchâtel et Valangin se retrouvaient à leur tour happés par l’orbite ducale.

Aux faibles souverainetés de l’Autriche antérieure et de la Savoie, se substituait le redoutable voisinage de cette puissance militaire et financière de premier ordre qu’était devenue la Bourgogne.

Mais bientôt Sigismond vit les avantages d’une alliance avec les Suisses. Un accommodement avec les Confédérés lui garantirait une sécurité durable de leur côté, tout en permettant de recouvrer ses États du Sundgau et du Brisgau. Le 30 mars 1474, une paix perpétuelle entre les Confédérés et Sigismond fut conclue. Les Bernois étaient nettement conscients des conséquences rattachées à la conclusion de la Paix perpétuelle : la guerre avec la Bourgogne.C’est bien de leur propre initiative qu’ils déclarèrent la guerre le 21 octobre 1474 au Grand Duc d’Occident. Les Bernois la souhaitaient autant qu’ils l’avaient prévue.

Le roi de France entretenait de forts bons rapports avec les Confédérés. Pourtant il garda une neutralité prudente, bien que l’hostilité fondamentale envers le Téméraire rapprocha les deux partenaires. En tous les cas, le point de vue selon lequel Louis aurait entraîné les Suisses à déclarer la guerre au Bourguignon en les manœuvrant à leur insu, pour les abandonner ensuite à leur triste sort, est totalement infondée. L’erreur d’analyse vient d’une fausse interprétation du traité franco-suisse. En effet, l’aide que Louis était tenue d’apporter aux Confédérés était purement de nature financière. Le caractère vague des autres clauses exclu, de la part des Français comme des Suisses, l’obligation d’un secours mutuel immédiat.

C’est bien de leur propre initiative que les Confédérés ont déclaré la guerre au duc de Bourgogne, sans que le roi ne pu se sentir engagé à les suivre par ce geste unilatéral.

     

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Histoire de Neuchâtel

Les guerres de Bourgogne : un complément indispensable à cette page. Nous y verrons en particulier quels furent les intérêts divers des Bernois, des Fribourgeois et, surtout, des Neuchâtelois.

 

       
   

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