SOMMAIRE - Histoire Suisse

Nous vous proposons ici un petit voyage au travers de l'histoire de la Confédération helvétique. Cette rubrique est composée de nombreux dossiers, mini-dossiers et d'un grand nombre de simples pages.  Cette rubrique est particulièrement fournie et regroupe un nombre de textes toujours grandissant, vos travaux sont les bienvenus !!!

 

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 Une guerre de succession: La succession du comte de Toggenbourg

 
 

Dès 1411, Schwytz amorce une nouvelle tactique. Bien que son extension au nord-est demeurait prioritaire, mais Ital Reding (le landamman de Schwytz) s’efforça de guider ses compatriotes dans une politique dictée par l’intelligence et la diplomatie. Pour pacifiques que fussent dès lors les moyens, la rivalité n’en demeurait pas moins entre Zurich et Schwytz. Mais quel était l’objet de cette rivalité ? Les manuels répètent à l’envie que c’est la succession du dernier comte de Toggenbourg, Frédéric VII, mort en 1436 qui fut l’origine entière du conflit entre les deux cantons que l’on nomme communément « ancienne guerre de Zurich ». Mais en fait, la succession du comte fut surtout l’occasion qui manifesta et exacerba un antagonisme larvé de quarante années au moins.

En tous les cas, Schwytz et Zurich devaient se heurter à cette réalité que représentaient les possessions, le pouvoir et le vouloir du dernier des Toggenbourg. L’un et l’autre canton, du vivant du comte, tenta de s’en attirer les faveurs. Dans un premier temps ce fut Zurich qui prit une bonne avance dans cette voie, mais en 1432 les Zurichois furent invités par l’Empire à procéder au rachat de certains bien du comte ; Ce geste indélicat avait irrité la susceptibilité du comte (d’autant plus que dès 1419 la ville de Zurich avait signé un traité avec l’ennemi juré du Comte, l’évêque de Coire). Désormais l’expression de la suspicion du comte à l’égard des zurichois était patente. Frédéric passa une première combourgeoisie avec les Schwytzois en 1417, puis une deuxième en 1428. Schwytz détenait désormais un avantage décisif sur les Zurichois. On sait que Frédéric avait renoncé à l’expression écrite de ses dernières volontés, conscient qu’il était que le complexe de la situation ne serait certainement pas résolu par son simple testament. Schwytz, à la mort du Comte, s’empara de la Marche supérieure, en vertu de la promesse écrite de 1428. Aussitôt Zurich tenta de l’imiter. Les Schwytzois remportèrent une double victoire : à la fois sur Zurich et sur l’Autriche. 

Zurich était désormais coupée de ses combourgeoisies de l’Oberland, et l’Autriche ne pu qu’approuver officiellement l’alliance de ses sujets de Gaster avec Schwytz et Glaris. Le succès des Schwytzois frappait d’autant plus qu’il ne devait rien à la force des armes et qu’il s’imposait en dépit des autres arrangements arrêtés par la haute noblesse. Mais Zurich ne tarda pas à réagir avec violence et indignation. Notons aussi que la détérioration des rapports entre Zurichois et Confédérés du beaucoup à la crise économique du moment. Zurich se refusant toujours à entendre raison, les Schwytzois prirent alors l’initiative des opérations. Avant même d’avoir formellement déclaré la guerre, qui interviendra le 2 novembre 1440, Ital Reding avait chassé en octobre les Zurichois du pays de Sargans, dont les habitants conclurent aussitôt une alliance avec Schwytz et Glaris. Les cinq cantons neutres, se rangèrent du côté des deux cantons montagnards, non pas en vertu d’une sympathie partisane, mais parce qu’ils entendaient appuyer et protéger les membres de l’alliance qui reconnaissaient l’autorité du pacte fédéral et le primat d’un intérêt commun. Stüssi, le bourgmestre de Zurich, n’avait plus qu’à demander la paix. Les conditions offertes par les cantons médiateurs étaient sages et mesurées. Pourtant, une amputation d’une partie du territoire zurichois au profit de Schwytz était contraire à l’esprit des chartes et des alliances fédérales. L’aigreur qu’en ressentie Zurich était propre à prolonger le conflit.

A plusieurs reprise, l’histoire a montré que les guerres civiles, loin de se limiter à leur foyer initial, ouvrent bientôt aux Etats voisins la possibilité d’assouvir des ambitions réelles sous couvert d’un appui désintéressé. L’ancienne guerre de Zurich finit par opposer non seulement Zurich à Schwytz, mais l’Empire aux Etats confédérés, les Habsbourg aux paysans suisses, et, glissant du politique au social, la hiérarchie seigneuriale aux communes rurales et urbaines. En effet, en avril 1440, Frédéric III devenait empereur. La réciprocité de ses intérêts avec ceux de Zurich était parfaite. La ville conclue un marché avec l’empereur. En face des engagements que les Zurichois venaient de prendre, les alliances fédérales ne conservaient plus qu’une valeur théorique. Les Confédérés, sans connaître exactement les dispositions du traité passé avec Frédéric, comprenaient sans peine que Zurich état désormais le fer de lance d’une politique autrichienne dirigée contre eux. 

Le 20 avril 1443, Glaris et Schwytz, suivis des autres cantons, déclarèrent la guerre. Toute la campagne zurichoise tomba rapidement, mais les confédérés restaient de piètres assiégeants. On se décida, de part et d’autre, à conclure une trêve de 8 mois (août à avril 1444). Les secours promis par Frédéric faisaient cruellement défaut aux Zurichois, cependant ceux-ci rejetèrent avec hauteur les propositions plus qu’honnêtes présentées par les délégués à Baden le 22 mars 1444. La reprise des hostilités devint inéluctable. C’est à ce moment que la première intervention de la monarchie française dans les affaires de la Confédération intervint. « Au nom de la solidarité aristocratique et monarchique contre les Confédérés », c’est en ces termes que Charles VII fut invité par l’empereur à combattre les Suisses. Le dauphin Louis fut placé à la tête de l’expédition. Les Confédérés levèrent le siège de Zurich et, dès lors, le dauphin se considéra délié de toute promesse envers l’empereur (puisque Zurich n’était plus assiégée). 

Louis, bien loin de vouloir réduire les Suisses à la merci du Habsbourg, se décidait à les traiter sur un pied d’égalité, voire d’amitié. La paix dite d’Ensisheim (28 octobre 1444) fut le premier accord passé entre le royaume des Valois et les cantons suisses. Frédéric fit alors appel aux sentiments et aux craintes de l’ensemble de la noblesse d’Autriche et d’Allemagne. C’est à cette époque de haine contre les citadins et les campagnards que les nobles nous rangèrent sous l’appellation globale de Schwyzer ; ce n’était pas un hasard ! Leur haine envers les Confédérés les poussa même à demander que l’Eglise prêcha une croisade contre eux.

La victoire remportée à Ragaz le 6 mars 1446 par les Confédérés sur la cavalerie et l’artillerie autrichienne ne fut pas aussi décisive qu’on l’a parfois dit ; c’est surtout la lassitude, de part et d’autre, qui eut raison des derniers obstacles. Les ruines accumulées, la paralysie de tout commerce, sur cette artère vitale qu’était le Rhin de Coire à Bâle, étaient ressenties vivement dans chaque camps. 

Zurich en préalable de toute autre discussion, devait rompre son alliance avec l’Autriche. Il fallut attendre jusqu’au 13 juillet 1450 pour que Zurich enfin se décida à reconnaître que son droit de conclure librement des traités était subordonné, de manière absolue, au lien fédéral. On décida aussi la suppression réciproque de toute indemnité de guerre et la restitution des territoires arrachés à Zurich (à quelques exceptions près). Les négociations avec l’Autriche amenèrent à la prolongation, pour une durée de 50 ans, de l’armistice conclu jadis en 1412 ; les prétentions sur l’Argovie furent tacitement abandonnées.

     

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