Cette prise de
conscience des possibilités offertes par les mutations et le développement
du commerce international s’est
traduite par des réactions concrètes, tant à Berne qu’à
Zurich.
La protection
des axes routiers et donc la sécurité
du trafic devenait un point essentiel de la politique
des deux cités. Maintenir la continuité et la permanence du
courant d’échanges reliant Bâle et le Rhin supérieur à Genève
et son débouché rhodanien assurait la prospérité et la cohésion
des villes suisses.
On peut ainsi
s’expliquer la hardiesse bernoise, 60 ans plus tard, face à Charles
le Téméraire. Après la conquête, au nom de l’Empire,
de l’Argovie en 1415, les
Confédérés se refusèrent à restituer les conquêtes une
fois la réconciliation entre le duc et le roi intervenue (7 mai
1415). Sigismond renonça et laissa
l’Argovie à ses nouveaux maîtres (pour 10'000
florins).
Pacifique également
fut l’action menée par les cantons d’Uri et d’Obwald vers
Milan et la plaine lombarde. Politique pacifique qui n’en
recouvrait pas moins des intentions précises, n’excluant
d’aucune façon la poursuite du même but par d’autres
moyens.