La période qui
s’étend de 1394 à 1460 voit s’achever la constitution
d’une sphère autonome.
Borné par les Alpes au sud, par la chaîne du Jura à
l’ouest, au nord et à l’est par le Rhin. Cette phase est
marquée non seulement par l’achèvement d’une indépendance
de fait à l’égard de la maison Habsbourg mais
plus encore par son élimination en deçà du Rhin.
Mais deux
attitudes, deux manières de penser commencent à se faire jour
dans le camp confédéré.
Recours aux armes
d’un côté, confiance dans le pouvoir de l’argent
et de la diplomatie de
l’autre. Contraste qu’il serait faux de penser que ville et
campagne aient représenté invariablement chacun des deux
termes. Le plus enclin à la violence n’est pas toujours celui
que l’on croit…Les heurts seront inévitables, jusqu’à
culminer dans les excès d’une guerre
civile atroce qui paraît constituer l’épreuve
obligatoire d’une nation, à la veille de parfaire son unité.
Depuis les défaites
de
Sempach
et de Naefels, les ducs
autrichiens évitaient toute occasion d’entrer en conflit avec
les Confédérés. A l’échéance de la trêve de 20 ans que
nous avons évoqué plus haut, celle-ci fut à nouveau prolongée
avec un terme de 50 ans le 28 mai 1412.
Pourtant l’Autriche n’avait pas
abandonné toute arrière-pensée intéressée.
La paix
instaurait un climat favorable à la poursuite des menées
traditionnelles d’infiltration et
d’annexion déguisée qu’affectionnaient les cantons
(traité
de combourgeoisie, réceptions de bourgeois
forains, achats ou prêts immobiliers). L’expansion des États
Confédérés, au XVe siècle, se fit donc d’abord
par des moyens pacifiques (dont le plus simple était
l’achat de territoires au comptant ou le prêt hypothécaire).
Zurich profita
ainsi dans les années 1417 à1424 du conflit qui opposait alors
le roi d’Allemagne Sigismond
au duc d’Autriche Frédéric IV.
Frédéric avait été, en 1417, mis une seconde fois au ban de
l’Empire. Sigismond concéda à Zurich le droit de racheter
(1418) le comté de Kybourg (et de même pour certains
autres territoires à des dates ultérieures). Ainsi, dès 1424,
Zurich avait vu doubler d’un coup la surface de son
territoire.
Les villes de
Zurich et de Berne une fois acquise la base territoriale
indispensable à leur autonomie, visait à s’emparer de fortes
positions en de points précis, garanties d’avantages futurs
entrevus très clairement. Parmi ces expectatives, le
contrôle des routes et du trafic faisait miroiter
l’attrait des plus grands profits.