Grâce aux
victoires de
Sempach
et de Naefels, l’Autriche
ne représentait plus le même danger qu’auparavant
pour la jeune Confédération. L’armistice conclu le 1
avril 1389 pour une durée de 7 ans, se
transforma, d’un commun accord, en une paix
de vingt ans le 11 juillet 1394.
Bien qu’en
droit l’Autriche ne renonçait à aucunes de ses prétentions,
ses accords signifiaient une renonciation
implicite à ces droits ! (à savoir la
suzeraineté sur les Waldstaetten et sur Lucerne). Paix de fait
et non de droit, certes, dont la garantie ne s’étendait pas
au-delà des termes fixés, mais le statu quo ainsi
instauré pourrait-il un jour être remis en cause par l’Autriche
? Au demeurant, les atouts de la puissance habsbourgeoise sur la
rive gauche du Rhin restaient encore
importants. L’Autriche mit à profit cette période
pour acquérir, entre 1375 et 1413, presque tous les territoires
dans le Rheintal et le Toggenbourg.
La jonction entre le Tyrol et la vallée du Rhin était ainsi réalisée.
Plus à
l’ouest, les
Habsbourg
obtinrent l’alliance de Constance
(1393) et de quasi toutes les autres cités. C’était
un coup dur porté aux intérêts des confédérés. Il faut
dire que si ceux-ci résistèrent au duc Léopold
III à Naefels, les
villes souabes, elles, subirent une sévère défaite devant la
réaction nobiliaire conduite par Eberhard de Wurtemberg.
De même, St
Gall se mit sous la protection habsbourgeoise. Mais les
nouvelles acquisitions autrichiennes coûtaient chères. Au
tournant des années 1400, l’Autriche, sous des dehors encore
brillants, n’en dissimulait pas moins maintes
faiblesses.