L’année 1350
fut une année charnière pour les chances d’avenir de la
Ligue nouvelle, les alliances avec Zurich
et Berne furent capitales. Ce qui est paradoxal, c’est
que cette période fut particulièrement dure pour le continent
européen, la démographie chute,
l’essor des activités rurales et urbaines s’effondre
(peste).
En « Suisse »,
une relative paix sociale et une
enviable prospérité matérielle
s’instaurent, à contre-courant des événements européen. Une
enquête de H.Ammann révèle qu’à la fin du Moyen Age, la
densité moyenne pour la région du Plateau était de 17 à 18
habitants au km². En outre, on situe la population des années
1400 à environ 600-650 000 habitants, avec une densité moyenne
de 15 habitants au km². Mais la Suisse n’a pas été
totalement épargnée par la peste,
d’abord en 1348-1349, puis à
intervalles réguliers (de 10 ans), les guerres intestines ont
aussi fait des ravages. Un déficit
démographique est à noter dès les années 1400-1450.
Ce n’est que vers 1500 que la Suisse retrouvera le nombre
d’habitants quelle comptait entre 1300 et 1350.
Évolution
probable de la population suisse de 1300 à 1500: 1300-1350
- 800-850 mille habitants ; 1400
-
600-650 mille habitants ; 1500
-
900 mille habitants.
Il est
cependant évident qu’il convient de
nuancer ces chiffres, on peut en effet supposer que la
montagne, ses vallées, ont été moins atteintes par le fléau
de la peste que ne le furent les villes.
Pour retracer
les aspects essentiels de la vie urbaine en Suisse à la fin du
Moyen Age, disons ceci :
1-
proportion élevé de l’élément
urbain par rapport à l’ensemble de la population.
2-
villes nombreuses mais peu peuplées en
moyenne.
3-
nombre relativement faible des
habitants des principales localités, en comparaison des grandes
cités occidentales (Paris, Florence, Londres).
Genève :
10-12 000 h. ; Bâle :
10-12 000h. ; Berne :
5 à 6 000h. ;
Zurich :
4500 à 5000h.
;
Lausanne :
5000h.
;
Neuchâtel:
1500h. ; Paris:
200 000h. ; Florence:
100 000h. ; Londres:
50 000h.
L’affirmation
de nouveaux centres industriels (Lombardie, Ligurie, Toscane,
Allemagne du Sud) permet à la Suisse de prendre part à ce nouveau
dynamisme. En bref, la crise européenne de 1350 à 1450
s’est manifestée en Suisse par un effort
d’adaptation, de mise en place d’une nouvelle structure
des échanges internationaux, assortie d’une spécialisation
accrue de la production agricole.
En ce qui
concerne le recul de la population, il est à imputer autant à
l’attraction des villes qu’aux mortalités récurrentes.
L’essor urbain pourra bénéficier des réserves de peuplement
encore intact de plusieurs zones.