Général
et homme d’état carthaginois (son nom signifie "Grâce au dieu
Baal"), il combattit Rome toute sa vie, déclenchant la deuxième
guerre punique en 219 av. JC.
Fils
aîné du général carthaginois Hamilcar
Barca, Hannibal lui succéda en Espagne en qualité de
commandant en chef de l’armée, en 221 avant JC. Éduqué
dans la haine de Rome
(serment
de haine éternelle au dieu suprême de la famille, Ba’al
Shamim à l'âge de 9 ans), il poursuivit la
politique militaire agressive de son père et conquit la partie
septentrionale et centrale de l’Espagne.
Il eut deux frères Asdrubal
II et Magon.
Il
assiégea la ville de Sagonte, alliée
de Rome, déclenchant, en 219
avant JC, la deuxième
guerre punique. En
218 avant JC, Hannibal se mit en route avec cent
mille hommes et des éléphants
pour porter la guerre à Rome. Son armée traversa la Gaule, où
elle affronta une résistance acharnée, franchit le Rhône,
puis les Alpes, perdant au passage des milliers de
soldats.
Entre
218 et 216 avant JC, il bénéficia d’une série de brillantes
victoires (batailles
du Tessin
et de la Trébie
en -218;
il
écrase au
lac Trasimène
les deux légions du consul Flaminius; puis
Cannes
en -216 ), mais connut des difficultés
pour approvisionner et renforcer son armée, en particulier face
aux troupes romaines beaucoup plus nombreuses. Il
obtient dès 216 l’alliance du roi de Macédoine Philippe
V, qui dispose de la meilleure armée hellénique, mais
ses efforts diplomatiques restèrent sans effets sur la guerre.
Manquant
de machine de siège il ne put s'attaquer à Rome et perdit un
temps précieux en Campagnie; en outre, Carthage lui refusait
des renforts. Il dut finalement battre en
retraite au sud de l’Italie, vers l’an 209 avant
JC.
Trois
ans plus tard, les Romains conquirent l’Espagne et, en 203
avant JC, Hannibal avait quitté l’Italie pour rentrer à
Carthage. Vaincu à Zama en -202, bataille mettant fin à la
deuxième guerre punique, Hannibal se fit élire suffète (=
haut magistrat) et entreprit, dans
la décennie qui suivit, de profondes réformes intérieures
et mit en place le régime oligarchique de la Cour
des Cent Quatre.
En
195 avant JC, les oligarques le dénoncèrent aux romains
et le contraignirent à fuir Carthage pour la Syrie
(auprès d'Antiochos III) puis, après
la défaite de ce pays devant Rome,
(paix
d’Apamée en 188)
il se réfugia en Bithynie, où le souverain
Prusias Ier n’osera
pas refuser de livrer son hôte aux envoyés de Rome venus le réclamer.
Hannibal s’empoisonna
avant que ce projet ne puisse être mis en œuvre.
Il
mourut à Libyssa, près de la mer de Marmara, où
Septime
Sévère lui fit élever plus tard un tombeau.
Prêt
de 200 ans avant
Auguste, Hannibal avait compris que la
prospérité ne pouvait se trouver que dans l'unité; Hannibal
a été le précurseur et sans doute l’artisan involontaire de
l’entreprise d’unification que Rome mènera inlassablement
jusqu’à son terme.