Lucerne fut la première
ville qui chercha une entente avec les Waldstaetten. La
ville fut fondée au début du XIIIe siècle, grâce à son pont
elle allait rapidement devenir une place d’échange et de
marché, elle acquit rapidement un rôle économique important.
En 1291,
Rodolphe
de
Habsbourg l’avait acheté au couvent de Murbach,
la ville tombait donc dans la dépendance direct des
Habsbourg.
Pourquoi cette
acquisition ? D’abord
parce que la ville, de par sa situation, représentait un point
stratégique pour la politique habsbourgeoise de trafic. Les
paysans de Suisse centrale trouvent dans la cité une clientèle
pour leur bétail et leur fromage qu’ils échangent contre des
céréales et du sel, l’interdépendance économique entre la
ville et les trois cantons est patente. Deux partis divisaient
la commune : l’un voulait une alliance avec les
Waldstaetten, l’autre restait partisan de l’Autriche.
Pourtant, la politique toujours plus
agressive des Habsbourg va mener à un durcissement de leurs
adversaires en Suisse centrale (la décision de bloquer le
ravitaillement des montagnards lors de la guerre
de 1315 y contribua particulièrement), la prospérité
économique s’en trouva atteinte (de plus les autrichiens
multiplient les impôts, choisissent le bourgmestre). Après
Morgarten,
les partisans de l’entente avec les Waldstaetten devinrent
plus nombreux.
Les bourgeois de la ville de Lucerne ne
trouvait pas leur compte dans la politique que leur imposait
leur seigneur. Dans les années 1320 la situation empira encore
pour Lucerne, les bourgeois étaient toujours plus soumis aux
contraintes du bailli autrichien. Les milieux dirigeants de la
ville firent front en jurant les ententes de 1328 et 1330,
celles-ci garantissaient cependant les droits du suzerain et ne
constituaient donc pas une conjuration pro-confédérée.
Mais le duc refusa de reconnaître les anciens droits en 1330.
La troisième entente fut donc jurée,
elle avait une portée plus grande que les deux précédentes,
c’est le pacte des Quatre Cantons,
ou pacte de Lucerne.
Le 7 novembre 1332,
le pacte était conclu. Il mettait l’accent sur une politique
extérieure commune. Les droits des seigneurs étaient conservés,
du moins ceux de « l’ancienne tradition ».
L’alliance était de durée illimitée. Les partisans lucernois
de l’Autriche n’approuvèrent pas cette alliance, ils tentèrent
de la rompre en organisant une conjuration dite « des
manches rouges », ce complot échoua.
Malgré
le traité la ville resta encore longtemps dans le sillage de
l’Autriche, en 1336 elle se soumettra à une procédure
d’arbitrage qui confirma tous les droits du souverain.