Comme
Rodolphe,
ses héritiers aspirent à une solide domination au nord des
Alpes. Voyons d’ailleurs qui succéda à Rodolphe.
Après la nomination de six ans du roi Adolphe
de Nassau (1292-1298), suivit Albert
Ier, fils de Rodolphe, qui fut assassiné le 1er
mai 1308. Son successeur, Henri VII
(1275-1313), ne régna qu’un cours laps de temps. Le 25
novembre 1314 eut alors lieu la double élection
de Wittelsbach : Louis de Bavière
(1287-1347) et le Habsbourg Frédéric le
Beau (1286-1330). Les Confédérés prirent parti pour
Louis.
La tension est alors vive, l’attaque des
Schwytzois contre l’abbaye d’Einsiedeln
(6 janvier 1314, soit pendant l’interrègne entre la mort d’Henri
VII et la double élection) va mettre le feu aux poudres (les
Schwytzois disputaient des forêts et des alpages au couvent). Léopold
d’Autriche, protecteur de l’abbaye et frère cadet de
Frédéric le Beau, entend bien se venger de l’attaque. Les
Habsbourg réunirent une armée de chevaliers, de sujets et de
bourgeois (on dit que la cavalerie comptait 2000 hommes), mais
l’action fut négligemment préparée. Le 15 novembre 1315, la
colonne de chevaliers longe le lac d’Aegeri,
ils atteignent les hauteurs près du Morgarten. Les schwytzois
surprennent l’armée du Duc dans le défilé. La victoire est
complète, le duc put cependant s’enfuir. A la nouvelle de
cette défaite, l’armée qui attaquait Unterwald se retira.
Au point de vue politique, la défaite du
duc n’eut qu’une portée locale. La position de l’Autriche
dans nos régions ne fut pas ébranlée (pour preuve :
quelques années plus tard Frédéric put imposer aux villes
d’Empire la paix générale de 1319).
Mais cette première victoire militaire renforça l’alliance
des Waldstaetten et mobilisa la conscience politique, de plus la
victoire de montagnards sur des chevaliers eut un
retentissements dans tout l’Empire. Le 9 décembre
1315,
les représentants des vallées se réunirent à Brunnen
pour renouveler le pacte et le compléter.