Le comte de
Kybourg
tenta une attaque nocturne contre la ville de Soleure (alliée
de Berne et ville impériale comme elle). Berne réagit
militairement, ce fut la « guerre
de Berthoud » ou « de
Kybourg », elle se termina en 1384.
Les Confédérés prirent part aux discussions de paix, mais ce
ne fut pas le cas du duc Léopold qui du rester à l’écart
de celles-ci, n’ayant pas eu le temps d’intervenir
militairement pour soutenir les Kybourg. Berne étendit encore
sa domination, elle acheta aux Kybourg Berthoud et Thoune. La
guerre de Berthoud est intéressante en ce qu’elle nous montre
ce qui faisait obstacle aux prétentions habsbourgeoise dans nos
régions : les villes !
La situation de beaucoup de familles de
petites et de moyenne noblesse est à l’image de celle des
Kybourg : déchirements internes, situation économique délicate,
une puissance politique en plein déclin. Ce déclin fait
survenir un antagonisme des classes,
les nobles s’en prennent à l’élément communal (en pleine
ascension), l’attaque de Rodolphe II de Kybourg contre Soleure
est typique de cet antagonisme. Dans ce contexte, la
Charte des prêtres (qui oblige les nobles à prêter
allégeance aux Confédérés) est très mal acceptée.
Cette situation est générale dans l’Empire,
les nobles et les princes s’opposent de plus en plus aux
villes ; ces dernières se constituent alors en ligue :
Ligue de la Décapole (1354), réunissant les villes d’Alsace,
Ligues des villes souabes (1376), Ligue
du Rhin moyen (1381) et celle qui nous intéresse
particulièrement : la Ligue de
Constance (1385), qui réunissait Berne, Zurich, Soleure,
Zoug s’alliant à des villes souabes, rhénanes et
franconiennes (les Waldstaetten restant à l’écart).