La Savoie, présente dans le Bas-Valais,
avait comme but d’étendre sa domination sur tout le Valais.
Elle désirait contrôler l’importante route du Simplon
(axe Venise-Champagne). D’abord les Savoie s’appuyèrent sur
les évêques de Sion, puis sur les seigneurs locaux. Les Savoie
furent toujours hostiles aux mouvements communaux (les dizains).
Cet affrontement continu avec les communes eut pour les Savoie
les mêmes conséquences que pour les Habsbourg : se
contenter d’un demi-succès. La géographie du Valais, son
compartimentage, impliquait l’existence de nombreuses entités
sociales et de pas moins de vallées ; la
situation était autrement plus difficile à gérer qu’à Genève.
En 1301, un traité de paix est signé avec
la Savoie, dans les signataires on trouve des représentants
communaux, cela est la preuve que le mouvement communal avait
pris une grande importance dans la gestion du territoire par
l’évêque. L’équilibre des forces en Valais (entre l’évêque,
la noblesse et les communes) restait toujours instable ; le
peu d’équilibre qui restait était en plus menacé par les
Savoie. Ces derniers avaient consolidés leur pouvoir en
Bas-Valais par la création des châtellenies
de Saillon et de Saxon (XIIIe
siècle).
Un conflit éclata lorsque, en 1342, l’évêché
fut attribué à Guichard Tavel, étroitement
lié aux Savoie (il avait été
chancelier à la cour de Savoie). En 1350,
les communes se soulevèrent. L’évêque appela les Savoyards
à l’aide et l’insurrection prit fin
en 1352.
Le comte de Savoie devenait bailli du
Valais, plus rien ne semblait empêcher la domination savoyarde
sur le Valais. Cependant, les communes décidèrent de continuer
le combat en une sorte de guerre d’indépendance, les hostilités
allaient durées jusqu’à la fin du siècle.
Les dizains du Haut-Valais semblaient
chercher une autonomie complète (ils s’appuyaient sur les
Uranais), les Savoie ne purent jamais s’imposer. En Valais
central, les dizains voulaient que l’évêché retrouve
l’immédiateté impériale.
En 1384, le peuple valaisan avait chassé
l’évêque Edouard de Savoie-Achaïe (successeur en 1375 de
l’évêque Tavel). Mais Amédée VII
réagit violemment et punit brutalement le soulèvement (Sion
fut mise à sac et brûlée).
En 1388, à Viège,
la chevalerie savoyarde subit une lourde défaite devant les
Haut-Valaisans, c’était la fin des prétentions
savoyardes sur le Haut-Valais. La
paix de 1392 coupait le Valais en deux. Le
Haut-Valais allait naturellement se tourner du côté des Confédérés
pour nouer de nouveaux contacts.