En Suisse occidentale, dans la zone
d’influence des
comtes
de Savoie, la situation est bien différente que
dans l’aire de la Confédération naissante. Nous ne
retrouvons pas un système de pactes soigneusement élaborés,
mais des conflits de type féodal. Des luttes sanglantes déchirent
les familles genevoises, Sion est soumise au pillage à
plusieurs reprise, Antoine de la Tour se venge sur le vieil évêque
Tavel qu’il précipite du haut des remparts de son château
de la Soie près de Savièse…
Dans le Pays de Vaud, comme dans leurs
autres possessions, les Savoie avaient commencé à organiser
l’administration selon le système des
châtellenies. La ville de Genève se trouvait au beau
milieu des terres ancestrales des Savoie et de leurs possession
dans le Pays de Vaud. Cependant, l’évêque s’était réconcilié
avec le comte de Genève en 1219 et l’autorité qu’il exerçait
était incontestable.
En 1263, pour affaiblir le pouvoir épiscopal,
le comte de Savoie s’allie avec la bourgeoisie ; c’est
donc sous l’égide du comte que se développa
à Genève le mouvement communal qui devait finir par
l’emporter sur l’évêque en 1309. L’émancipation
politique de la bourgeoisie est une des caractéristiques de
cette époque à Genève, mais la mainmise du comte de Savoie
sur la ville et sa région en est une autre.
Le plus haut point de la lutte entre le
comte de Savoie (et ses vassaux et partisans urbains) et les
comtes de Genève, les évêques et leurs vassaux se situe en
1285,
sous Amédée V, avec
l’occupation de la ville et l’instauration d’un
gouvernement bourgeois. En 1287, le pont du Rhône est contrôlé
par les Savoyards (prise du château de l’Ile).
En 1355, la situation était résolument à
l’avantage des Savoie, les comtes de Genève étaient à leur
merci. En ville de Genève, des conflits sanglants mettaient aux
prises les partisans des Savoyard (conduit par la famille Tavel)
et ceux de l’évêque (lutte de 1356 à
1358).
Mais la puissance toujours accrue du comte
de Savoie se mit à inquiéter la bourgeoisie qui passa bientôt
du côté de l’évêque (entente qui se concrétise par la
charte de franchise donnée à la ville par l’évêque Adhémar
Favre (Fabri) en 1387). La ville se trouvait donc encerclée par
les possessions Savoyardes, c’est l’évolution de la
situation au XIVe siècle qui poussera, au XVIe, l’alliance de
Genève à la Confédération.