Au XIVe siècle, Berne était déjà une
puissance militaire capable de vaincre la noblesse du voisinage.
C’était une ville libre qui dépendait
directement de l’empereur (elle battait monnaie et possédait
son sceau). La ville de Berne dominait un vaste territoire
(environ de la ville, partie de l’Oberland…alliances
avec Soleure, Bienne et les Waldstaetten). Nous avons déjà évoqué
la victoire bernoise de
Laupen
en 1339,
sur les seigneurs (et évêques) des environs. L’armée de Rodolphe
d’Erlach, renforcée par les Waldstaetten, vainquit la
coalition. Cependant, l’Autriche avait fait progressivement
rentrer la cité de l’Aar dans sa sphère d’influence (
renouvellement de son alliance avec Berne en 1348, l’acte
interdisait aux bernois de conclure une alliance sans
l’assentiment des autrichiens !).
En 1353,
Berne conclut une alliance perpétuelle
avec les Waldstaetten : la
Confédération des huit cantons était constitué !
Pourquoi seulement avec les Waldstaetten :
parce que, nous l’avons dit, l’alliance avec l’Autriche
interdisait aux bernois de conclure de nouvelles alliances sans
l’assentiment autrichien, or Berne avait déjà une alliance
avec les Waldstaetten et n’avait pas besoin de l’approbation
autrichienne pour renouveler celle-ci ! Zurich et Lucerne
ne furent qu’indirectement associé à l’alliance.
Cette alliance est spéciale en ce
qu’elle ne définie pas précisément l’aire géographique
dans laquelle intervenir en cas de conflits, sauf dans l’Oberland
(le point de vue bernois est donc dominant). Les deux parties se
réservent en outre le droit de poursuivre une politique
d’alliance indépendante. En fait, ce que cherchait Berne c’était
de se prémunir contre les opérations autrichiennes contre
Zurich, en effet elle pourrait ne pas y participer arguant de
l’alliance.
La paix de Ratisbonne
de 1355, confirma celle de Brandebourg : Zurich était
réintégrer dans le système autrichien, la ville avait du
accepter une clause mentionnant qu’aucune alliance passée avec
les Confédérés ne pouvaient suspendre ses obligations envers
l’Autriche. Rien n’empêchait en effet Zurich de se rapprocher de
l’Autriche, du moment que celle-ci lui garantissait sa
constitution et son statut de ville impériale.