A Zurich (ville qui comptait alors 12'000
habitants) aussi la puissance croissante des
Habsbourg
poussa la ville à conclure une entente avec les Waldstaetten.
En 1330, Rapperswil
passa en mains habsbourgeoises, les cols des grisons tombaient
sous la coupe autrichienne. Les Zurichois sentaient le danger de
la situation. Une scission politique intervint dans la ville,
l’agitation était vive ; le peuple tenait pour l’Empire,
alors que le patriciat tenait pour l’Autriche. La ville était
gouverné par un Petit Conseil, que
seuls les nobles composaient, les artisans et les commerçants
n’en faisaient pas partie, bien que leurs corporations fussent
riches et puissantes, lorsqu’ils demandèrent de participer au
gouvernement, les nobles refusèrent.
En
1336,
le chevalier Rodolphe Brun mena la
révolte pour se placer à la tête du gouvernement et redonner
de l’importance à la classe des chevaliers, les artisans
s’emparèrent du pouvoir mais c’était la fin du grand
commerce zurichois. Ce fut Brun, et son pouvoir quasi
monarchique (il fut nommé bourgmestre à vie), qui dirigea la
ville. Il fut d’abord hostile à l’Autriche, mais finalement
Brun et le comte de Habsbourg-Laufenbourg conclurent une
alliance perpétuelle en 1343.
Cependant, en 1350,
les ennemis de Brun, conduits par le comte lui-même,
s’introduisirent dans la ville (dans la nuit du 23 au 24 février),
ils furent défaits. En représailles les Zurichois s’emparèrent
de Rapperswil, mais la situation se dégrada et une coalition se
forma contre Zurich. Brun conclu alors une alliance avec l’Autriche
le 4 août 1350, il obtenait la garantie
de la constitution corporative mais devait renoncer
à mener une politique d’alliance indépendante de
l’Autriche. Mais Zurich rompit l’alliance (qui
semblait peu sûre), la ville attaqua Rapperswil. Zurich était
dans son tort, elle n’avait plus d’alliés et se trouvait
isolée ; il lui fallait de nouveaux
appuis, elle les trouva auprès des Waldstaetten (Uri,
Schwytz, Unterwald et Lucerne).
Le
pacte zurichois du 1er
mai 1351 n’est pas une entente spontanée de
force démocratique décidant de lutter contre la puissance
dominante, les intérêts des familles dirigeantes étaient prégnantes.
Le pacte commence par délimiter l’aire géographique ou
l’aide mutuelle pouvait être réclamée, cette aire
correspond à la zone où la monnaie zurichoise avait cours…et
ou les Attinghausen (famille
dirigeante uranaise) avaient leur zone d’influence. Nous ne
verrons pas les détails des clauses du pacte, sachons
simplement que la constitution zurichoise était garantie, les
alliés se promettaient de la défendre d’où que viennent le
danger. La liberté de conclure d’autres alliances étaient préservées
et celle de rester sous l’égide de leur seigneur aussi (l’Autriche
pour Lucerne, l’Empire pour Zurich et les Waldstaetten).
L’attitude de l’Autriche poussa les Confédérés à
s’adjoindre deux nouveaux alliés : Glaris et Zoug.