Sans remonter à des origines mythiques, on peut admettre
que la famille descendait du duc d’Alsace Etichon
et qu’elle s’établit, vers l’an 1000 en Suisse alémanique.
En
1020,
un membre de la famille, l'évêque Werner
de Strasbourg, construisit le château de Habsbourg en
Argovie
(château de l’Epervier
(Habichtsburg, dans le canton d’Aarau)). Au XIe siècle, cette famille ne possédait, à part
ses terres en Alsace, que de biens forts modestes. Mais lors des
successions des Lenzbourg et des
Zähringen
(1173 et 1218), elle avait eu la faveur du souverain
Hohenstaufen Frédéric Ier (pour
qui elle combattait). Les
Habsbourg venaient d'Alsace et du Brisgau. Durant le
Xe
siècle, ils avaient peu à peu étendu leur domaine dans la Suisse
actuelle. Le roi Rodolphe avait été un partisan fidèle de
Frédéric II; il était parvenu,
par des moyens discutables, autant que par des moyens légaux et
surtout grâce à l'héritage des
Kybourg qui lui était échu, à
étendre sa domination sur la plus grande partie de la Suisse
actuelle. En plus de son patrimoine d'Alsace et d'Argovie, il
possédait des droits comtaux dans le Sundgau, l'Argovie, la
Thurgovie, le territoire zurichois; enfin, il remporta un succès
inappréciable lorsque, dans les premières années de son règne,
il soumit
la Bohême.
Les charges qu’elle reçu lui ouvrèrent alors la Suisse
centrale. A la mort du dernier Kybourg, en 1264,
Rodolphe
(1218-1291) fit main basse sur l’héritage. Pierre de Savoie
fut pris de vitesse et ne put que sauvegarder ses possessions
vaudoises (après avoir pris les armes contre les Habsbourg). La première préoccupation de Rodolphe fut d’établir
des voies de communication entre ses possessions alsaciennes et
transjuranes : il fallait donc annexer Bâle ! La
dispute éclata mais n’eut pas de suite car, en 1273,
Rodolphe fut élu roi d’Allemagne. Autorisés
par le pape, les princes-électeurs procédèrent
donc
à
une élection en 1273. En
effet, le pape avait besoin d'un empereur qui fît
contrepoids à la puissance du roi de
France, devenue plus redoutable que ne l'avait été celle
des Hohenstaufen. L'élu fut le comte
Rodolphe de Habsbourg. Il était
de petite noblesse et disposait d'une puissance et de moyens
très inférieurs à ceux des princes de l'empire,
mais cela ne durerait pas.
A l’est de la Suisse allait donc s’établir une puissance
familiale immense. Les Habsbourg connurent cependant une éclipse
politique jusqu’au XVe siècle, période au cours de laquelle ils s’enracinèrent
profondément dans la terre d’Autriche, en attendant des
destins plus brillants.