Humbert aux Blanches
Mains (1027-1048) est le fondateur de la dynastie des
Savoie (lui-même probablement descendants des comtes de
Troyes). Ses terres se situaient dans la région de Vienne, de
Grenoble et de Belley (ses descendants étendirent leurs
possessions dans les Alpes). Ils vont tenter de conférer à
leur autorité un caractère sacré en promouvant le culte
de saint Maurice.
Au XIe siècle, la Maurienne et le val d’Aoste
passent sous leur influence. Leur prééminence est alors
reconnue par les autres familles nobles, la création d’un véritable
Etat « maître des cols »
était atteinte.
En 1189, le roi d’Allemagne essaye de
rattacher le Valais à l’Empire, mais devant la position de
force des comtes de Savoie dans la région, il renonça. L’évêque
de Sion est désormais l’allié des Savoyards (il leur cède
le château de Chillon à titre de
fief, avec Saint-Maurice c’est une nouvelle position clé pour
les Savoie).
Les Savoie se défont d’un rivale :
les comtes de Genève qui occupaient le Genevois (qui ne
comptaient que des voies de communication secondaires) s’étendent
progressivement. Mais les comtes de Genève seront, dès 1207, réduits
au seul Genevois et à Genève même. Le comte Pierre suscite,
en 1263,
le premier mouvement communal
contre l’évêque. Au début du XVe siècle le comté de Genève
sera absorbé par l’Etat savoyard.
Le
comte Pierre II (mort en 1264),
surnommé « le petit Charlemagne », va racheter
progressivement une seigneurie après l’autre en Pays de Vaud
(il avait une fortune importante grâce à son alliance avec la
maison royale d’Angleterre).
Pour
se convaincre de la puissance savoyarde au Nord du lac Léman,
il suffit de savoir qu’en 1291, à la mort de
Rodolphe
Ier de Habsbourg, Berne se mit sous la protection
d’Amédée V de Savoie
(1252-1323).