L’ouverture du col du Gothard au trafic
commercial international ne s’est pas faite d’un coup ! Vers
l’an mil, le col du Gothard aurait déjà été utilisé, mais
d’autres données militent en faveur d’une date plus
tardive.
La tradition veut que l’évêque de Milan
Galdinus ait fait bâtir une
chapelle sur le col entre 1170 et 1180.
Au nord, l’ouverture d’un passage au
travers des gorges du Schöllenen
facilita le trafic, ce furent les Walser qui entreprirent les
travaux (construction d’un pont de bois, la légende en
attribue la construction à Satan). Il paraît donc
vraisemblable de situer l’ouverture de la route du Gothard
vers 1200, mais cette date ne fait pas l’unanimité.
Jusqu’au XIIe siècle le trafic
s’effectuait surtout par les Grisons (Splügen,
San Bernardino) ou le Brenner
à l’est, le Mont-Cenis et le Grand-Saint-Bernard
à l’ouest.
Le Gothard est le seul col qui relie d’un
trait le nord et le sud, sans devoir franchir plusieurs chaînes
de montagnes. Le trafic, dès l’ouverture du col, sera
intense. Les Uranais vont en tirer un grand profit : ils se
groupent en corporations, fixent les tarifs, établissent un règlement
de police (interdiction d’importuner les étrangers ou
d’accepter un pourboire).
Les habitants louent des mulets ou des
chevaux, les muletiers étrangers se voient imposer un droit de
passage, bref…les bénéfices sont immenses !
C’est d’ailleurs pour garder sous leur
contrôle les moyens de communication que les Uranais et leurs
alliés envahirent le Tessin. De plus, il est a relever que le
trafic commercial profitait aux communes et aux vallées
directement intéressées, non aux seigneurs suzerains
(=enrichissement).