Les Hohenstaufen régnèrent en Allemagne
et en Italie de 1138
à 1250 (de l’élection de Conrad III à la
mort de
Frédéric II). En 1098 déjà, l’empereur
Henri
IV, devant faire face à la révolte des grands
de l’Empire, octroie à Frédéric le Borgne (mort en 1105) la
puissance ducale en Souabe, après lui avoir donné sa fille,
Agnès, en mariage. C’est du nom d’une forteresse qu’il se
fera construire, Staufen ou
Hohenstaufen,
dans le Rauhe Alp que vient le nom de la famille.
Quand meurt le dernier des empereurs
saliens,
Henri V
(1125), Frédéric de Staufen, son
neveu, se présente comme candidat à la couronne royale de
Germanie, mais c’est le duc de Saxe, Lothaire
de Supplinburg, qui est choisit. Frédéric s’oppose à Lothaire qui
n’arrive pas à venir à bout de cette rébellion. Le frère
de Frédéric, Conrad, se fait même
couronner en Italie roi des Lombards.
A la mort de Lothaire III en 1137, il
semble que se soit le duc de Bavière, Henri le
Superbe, époux de l’unique héritière de l’ancien
duc de Saxe, qui va être élu. Mais les princes, qui considèrent
Henri comme trop puissant, choisissent Conrad
de Hohenstaufen. Cette élection marque le début de la
grande querelle des Welfs,
partisans des ducs de Bavière, alliés à la papauté, et des
Gibelins,
tenants de la famille impériale, plus tard de l’Empire.
Conrad III désignera son neveu Frédéric pour lui succéder.
Le fils du prétendant de 1125 devient
Frédéric Ier
Barberousse en 1152.
Avec l’empereur Hohenstaufen
Frédéric
Ier Barberousse (1122-1190) tout le territoire
suisse fut entraîné dans la politique impériale qui visait
l’Italie. En Argovie et en Suisse centrale les Hohenstaufen se
firent des amis des Lenzbourg (à
la mort du dernier des Lenzbourg en 1177, Ulrich IV, Frédéric
Ier de Hohenstaufen fut désigné comme légataire universel de
la famille). A la mort d’Henri IV,
le fils de Frédéric Ier,
les partisans des Welfs (Otton de Brunswick), et partisans des
Staufen (Philippe de Souabe) se font la guerre (1198-1214). Les
Staufen finissent par l’emporter (Frédéric II reçoit
le soutien du pape). Après lui et le bref passage de ses fils
sur le trône, c’est le début du
Grand
Interrègne dans lequel périt toute la tradition
ancienne de l’Empire.
Individuellement les Hohenstaufen
parviennent à réussir certaines de leurs entreprises, mais
dans l’ensemble leur politique aboutit à un fiasco, puisque
l’Empire entre dans une longue période de décadence immédiatement
après la mort de Frédéric II.
La
puissance des Hohenstaufen était bien moindre que ce qu’il
semblait ; leur Empire était alors bien trop vaste et le
corps de ministeriales ,
fonctionnaires allemands, souabes en général, ne sont pas
assez nombreux et, souvent, trop brutaux pour contenter le
peuple.
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