Dans l’ouest de la Suisse une dynastie
indépendante s’instaura : les Rodolphiens,
descendants des Guelfes, dont l’abbaye de St-Maurice peut être
considéré comme le centre spirituel.
Ce royaume de Haute-Bourgogne est bloqué
à l’ouest par la Francie, et à l’est par le premier duc de
Souabe, qui est vainqueur en 919
de la bataille de Winterthur (cette
défaite va conduire Rodolphe II à épouser la fille du duc de
Souabe, la fameuse reine Berthe).
Entre les Rodolphiens et les ducs de Souabe
existèrent d’étroites relations conjugales : Othon Ier
épousa Adélaïde (fille de Rodolphe II et de Berthe). Rodolphe
III mourut cependant sans héritier et c’est Conrad
II le Salique, un franc (vers 990-1039), qui réincorpora
la Bourgogne dans l’Empire en l’an 1032, mais la région
garde son caractère linguistique propre.
En 1033, Conrad II se fit couronner
roi de l’état de Haute-Bourgogne à Payerne (VD), et ce malgré
la résistance des grands de Bourgogne.
L’empereur Henri
III (1017-1056), le fils de Conrad II, fut dès lors le
représentant aussi bien des grands personnages francs que
burgondes et souabes.
Vers la fin du Xe siècle, des familles
comtales avaient profité de la faiblesse des successeurs de
Rodolphe II pour accroître leur puissance, c’était le cas
d’Humbert aux Blanches Mains
(ancêtre de la dynastie savoyarde).
D’autre part d’importants droits
politiques avaient été accordés aux évêques (999
l’autorité comtale à l’évêque de Sion ; en 1011
l’autorité comtal à l’évêque de Lausanne, la donation du
riche monastère de Moutier-Grandval à l’évêque de Bâle en
999).
Le fils d’Henri III, élevé au trône
bourguignon en 1038, s’efforcera de lier étroitement la
Bourgogne à l’Empire. Les premiers rôles dans la région
seront joués au XIIIe siècle par les descendants d’Humbert
aux Blanches Mains, les comtes de Maurienne, ils y feront l’Histoire
en tant que comtes de Savoie.