Il est d’abord à remarquer que jusqu’au XIIe siècle,
l’aire centrale des Alpes n’a été concernée que de manière
insignifiante par le jeu des grandes forces politiques en présence. A l’Ouest, la Savoie commençait à structurer un Etat en
instituant le système des châtellenies
(ébauche d’un ordre administratif).
A l’Est, le jeu politique a conduit à un morcellement
des seigneuries, cet état de fait a empêcher, pour un certain
temps, la formation d’un Etat fort et uni. En Suisse centrale, rien n’est encore défini, certes
Rodolphe
avait des projets d’envergure, mais son éloignement des
luttes régionales à mis un frein décisif à ses projets.
Bientôt les
Habsbourg
se heurteront aux forces communales qui s’étaient particulièrement
développées dans la zone alpine. Notons encore le peu d’importance pour la limitation des
frontières de la langue, aucune
frontière politique ne correspondait à une frontière
linguistique. Dernier point à souligner, l’organisation ecclésiastique
ne fut pas un facteur d’unité, au contraire elle contribua à
écarteler notre pays.
Nous avons parlé d’Etat, de puissance régionale
mais il faut bien se garder de voir cela comme un territoire et
une organisation homogène. C’était bien plutôt des conglomérats
de terres et de droits très divers (héritage, fief,
juridictions…)