Ce sont d’abord le nord et l’ouest de
la Suisse qui connaissent les plus grands changements, au sud la
population comme la situation géopolitique tessinoise ne
subissent pas de changements décisifs, à l’est la situation
géographique protégée et le manque d’intérêt géopolitique
assurait la stabilité. Mais au nord et à l’ouest, une
nouvelle puissance étend sa zone d’influence au VI et VIIe siècle :
les Francs.
En 534,
ils soumettent la Burgondie dans le dessein de s’assurer un
accès au centre économique qu’était la Méditerranée. En
536,
les Ostrogoths sont contraints à céder la Provence.
Cette première phase de l’expansion
franque dans les alpes prend fin au milieu du VIIe siècle.
Les ducs d’Alémanie sont à la recherche
d’une plus grande autonomie, ils ne vont pas tarder à entrer
en conflit avec les maires du palais austrasiens, c’est-à-dire
les intendants de la cour, les futurs Carolingiens
(752-911). Les Alamans
durent s’incliner dans les années quarante du VIIIe siècle :
en 746,
l’audience connue sous le nom de « massacre
de Cannstatt » mis fin à l’indépendance des
ducs alamans. Les francs fondent des couvents : Reichenau
en 724, Pfäffers en 731, réformes à St-Gall, fondation du
couvent de Disentis…cela traduit bien les prétentions
franques.
Avec les Carolingiens, la conquête des
cols prend une nouvelle ampleur. En 773/74, la conquête du
royaume lombard est menée. Mais la majeure partie du pays reste
sans valeur aux yeux carolingiens. Ce qui comptait s’était de
s’assurer les voies de communication et pas d’occuper le
pays entier. A partir des années quarante du IXe s. Louis
le Germanique doit intervenir énergiquement contre la
noblesse alémane. C’est à cette époque que l’abbaye de
Fraumunster (Zurich) est élevée (853), le couvent de Lucerne
est aussi fondé ; ces deux institutions devaient permettre
de mieux asseoir l’autorité royale. Dans le même ordre
d’idée St-Gall, Constance et Reichenau sont étroitement
rattachés à la monarchie.
L’autorité qu’instaura Louis ne fut
pas égalé par la suite, après lui les membres les plus
influents de la noblesse vont s’instituer ducs de leur région.
L’expansion des Mérovingiens (de
500 à 750 environ) vers
l’Est fut forte et déborda les pays occupés par les Alamans,
au début du VIIIe siècle on pouvait compter ces derniers comme
faisant partie de l’espace intérieur franc, la
Souabe
(nouveau nom de l’Alémanie) est ainsi incorporé au royaume
franc.
A l’ouest, c’est un seigneur du nom de
Conrad ( de la maison comtale de guelfe d’Auxerre) qui
s’imposa. En 888, son fils, Rodolphe Ier,
se fait élire roi de Haute-Bourgogne à Saint-Maurice.
On constate donc que deux pôles politiques
se font jour : le royaume de
Haute-Bourgogne et le duché
de Souabe.
Au sud, c’est Milan qui est la force régionale
dominante.