ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La Guerre de Trente Ans: Introduction
 
 

C’est en 1618 que commença, en Europe centrale d’abord, puis pour l’ensemble de l’Europe occidentale, la longue période de guerre que l’on nomma guerre de Trente Ans. Le Saint-Empire fut le théâtre principal des opérations. En 1648, par les traités de Westphalie, les belligérants déposaient enfin les armes. Les Français et les Espagnols continuèrent cependant la lutte jusqu’en 1659 où ils signèrent enfin la paix des Pyrénées.

Pour mieux comprendre les origines de cette longue guerre, il convient de s’intéresser aux conflits religieux qui secouèrent tout le XVIe siècle. C’est principalement le duel allemand entre Réforme et Contre-Réforme qui envenima la situation. La Paix d’Augsbourg avait été signée en 1555, l’un de ses articles interdisait que les prélats et les abbés qui se convertissaient au protestantisme ne sécularisent les biens ecclésiastiques, or la pratique s’éloignait fort de cet article formel. C’était un premier point de discorde, un second étant que le calvinisme, non-reconnu par la paix d’Augsbourg, avait pris de l’ampleur (ainsi sur les sept électeurs allemands, deux étaient calvinistes). 

Du côté protestant, on s’inquiétait particulièrement des progrès de l’ordre des Jésuites ; les princes protestants s’unirent sous la direction de l’électeur Palatin Frédéric V et cherchèrent l’appui de la France. Les princes catholiques étaient conduits par le duc de Bavière, Maximilien, ils s’unirent également et cherchèrent l’appui de l’Espagne. Ce n’était pas la première fois que semblable répartition des forces menaçait la paix de l’Europe.

L’élément déclencheur fut la défénestration de Prague (1618) provoquée par l’aristocratie protestante tchèque. L’avènement de l’empereur Ferdinand II de Habsbourg, réputé pour son intransigeance religieuse, envenima définitivement la situation. La Bohême révoltée déposa l’empereur et nomma à sa place l’électeur palatin, le protestant Frédéric V.

La ligue des princes catholiques de Maximilien de Bavière soutint l’empereur contre ses rivaux. En 1620, les deux camps se rencontrèrent à la Montagne Blanche. Les partisans de Frédéric V furent défaits.

Christian IV du Danemark, prince protestant convoitant certains évêchés d’empire, prit la relève. Il fut également défait, en 1629 à Lübeck. L’empereur, profitant de ses succès, obligea les protestants à lui rendre les biens de l’Eglise confisqués depuis la paix d’Augsbourg (édit de Restitution).

Les protestants appelèrent alors le roi de Suède, Gustave II Adolphe, qui bénéficia du soutien financier de la France de Richelieu (au grand damne des catholiques français). Le Suédois remporta de brillantes victoires : Breitenfeld en 1631, le Lech en 1632. Mais la mort l’emporta en 1632 près de Leipzig.

Les impériaux se ressaisirent et remportèrent la victoire de Nördlingen en 1634. Richelieu était désormais contraint d’intervenir directement dans le conflit. La France déclara la guerre à l’Espagne en 1635. Dans un premier temps, la France subit des revers. Mais les victoires de Rocroi (1643) et de Lens (1648) rétablirent la situation en sa faveur, d’autant plus que la Suède envahissait la Bavière et s’emparait de Prague. L’empereur fut acculé à signer les traités de Westphalie.

Sortant ruiné et dévasté par la guerre, le Saint Empire fut condamné à la paralysie politique jusqu’au XIXe. Plus de 40 % de sa population avait été perdu et son économie était anéantie.

La France, la Suède, les Provinces-Unies et la Suisse (accession définitive à l’indépendance pour ces deux dernières, bien que la Suisse soit restée neutre durant le conflit) sortirent grands vainqueurs de ce conflit.

C’est un grand nombre de conflits divers, mais qui finirent par se confondre, qui amenèrent la guerre de Trente Ans. Mais voyons cela plus en détails…

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Bibliographie

E-Th. Rimli, coll. Histoire universelle illustrée Editions Stauffacher S.A

 
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