C’est en 1618
que commença, en Europe centrale d’abord, puis pour
l’ensemble de l’Europe occidentale, la longue période de
guerre que l’on nomma guerre de Trente
Ans. Le Saint-Empire fut le théâtre principal des opérations.
En 1648, par les traités
de Westphalie, les belligérants déposaient enfin
les armes. Les Français et les Espagnols continuèrent
cependant la lutte jusqu’en 1659
où ils signèrent enfin la paix des
Pyrénées.
Pour mieux
comprendre les origines de cette longue guerre, il convient de
s’intéresser aux conflits religieux qui secouèrent tout le
XVIe siècle. C’est principalement le duel allemand entre Réforme
et Contre-Réforme qui envenima la situation. La Paix
d’Augsbourg avait été signée en 1555,
l’un de ses articles interdisait que les prélats et les abbés
qui se convertissaient au protestantisme ne sécularisent les
biens ecclésiastiques, or la pratique s’éloignait fort de
cet article formel. C’était un premier point de discorde,
un second étant que le calvinisme,
non-reconnu par la paix d’Augsbourg, avait pris de
l’ampleur (ainsi sur les sept électeurs allemands, deux étaient
calvinistes).
Du côté
protestant, on s’inquiétait particulièrement des progrès
de l’ordre des Jésuites ;
les princes protestants s’unirent sous la direction de l’électeur
Palatin Frédéric V et
cherchèrent l’appui de la France. Les princes catholiques
étaient conduits par le duc de Bavière, Maximilien,
ils s’unirent également et cherchèrent l’appui de
l’Espagne. Ce n’était pas la première fois que semblable
répartition des forces menaçait la paix de l’Europe.
L’élément
déclencheur fut la défénestration de
Prague (1618) provoquée par l’aristocratie
protestante tchèque. L’avènement de l’empereur Ferdinand
II de Habsbourg, réputé pour son intransigeance
religieuse, envenima définitivement la situation. La Bohême
révoltée déposa l’empereur et nomma à sa place l’électeur
palatin, le protestant Frédéric V.
La ligue des
princes catholiques de Maximilien de Bavière soutint
l’empereur contre ses rivaux. En 1620, les deux camps se
rencontrèrent à la Montagne Blanche.
Les partisans de Frédéric V furent défaits.
Christian
IV du Danemark, prince protestant convoitant
certains évêchés d’empire, prit la relève. Il fut également
défait, en 1629 à Lübeck.
L’empereur, profitant de ses succès, obligea les
protestants à lui rendre les biens de l’Eglise confisqués
depuis la paix d’Augsbourg (édit
de Restitution).
Les
protestants appelèrent alors le roi de Suède, Gustave
II Adolphe, qui bénéficia du soutien financier de
la France de Richelieu (au grand
damne des catholiques français). Le Suédois remporta de
brillantes victoires : Breitenfeld en 1631, le Lech en
1632. Mais la mort l’emporta en 1632
près de Leipzig.
Les impériaux
se ressaisirent et remportèrent la victoire de Nördlingen
en 1634. Richelieu était désormais
contraint d’intervenir directement dans le conflit. La
France déclara la guerre à l’Espagne en 1635.
Dans un premier temps, la France subit des revers. Mais les
victoires de Rocroi (1643)
et de Lens (1648) rétablirent
la situation en sa faveur, d’autant plus que la Suède
envahissait la Bavière et s’emparait de Prague. L’empereur
fut acculé à signer les traités de Westphalie.
Sortant ruiné
et dévasté par la guerre, le Saint Empire fut condamné à
la paralysie politique jusqu’au XIXe. Plus de 40 % de
sa population avait été perdu et son économie était anéantie.
La France, la
Suède, les Provinces-Unies et la Suisse (accession définitive
à l’indépendance pour ces deux dernières, bien que la
Suisse soit restée neutre durant le conflit) sortirent grands
vainqueurs de ce conflit.
C’est
un grand nombre de conflits divers, mais qui finirent par se
confondre, qui amenèrent la guerre de Trente Ans. Mais voyons
cela plus en détails…