A sa mort l’empereur
germanique
Frédéric II
de Hohenstaufen laisse deux fils :
Manfred
et Conrad, alors seuls héritiers
de l’Empire et du royaume de Sicile.
Après
leurs luttes contre le Pape les Hohenstaufen
sont fort amoindris, cela aura comme conséquence que
Guillaume
de Hollande sera proclamé
comme anti-roi en 1248 et que Charles
d’Anjou sera couronné par le pape en 1266 en Sicile.
En Allemagne après la mort de Conrad IV
en 1254 les luttes intestines font rage. En 1257, les électeurs
divisés désignent les uns Richard de
Cornouailles (beau-frère de
Frédéric II et frère d’Henri
III d’Angleterre) les autres
Alphonse
X de Castille (petit-fils de
Philippe de Souabe.).
Richard
de Cornouailles est lié à la papauté et Alphonse X de
Castille aux gibelins
(le parti impérial en Italie) mais le pape n’acceptera
aucun des deux. Richard de Cornouailles meurt en 1272. Le pape
Grégoire X
propose alors aux électeurs le roi de Bohême
Ottokar
II Przemysl, qui a reconstitué à son profit une
partie de l’ancien duché de Bavière avec l’Autriche, la
Styrie, la Carinthie et la Carniole, la principauté d’Aquilée,
et qui a agrandi ses États de Bohême. Philippe
III, roi de France fait aussi acte de candidature
ainsi que le duc de Bavière, Louis de
Wittelsbach. Comme Conradin, le seul héritier de
Conrad IV, est mort décapité en
1268 sur l’ordre de Charles d’Anjou, le parti gibelin n’a
plus de candidat. Ce sera, ce qui fut une sorte de surprise,
Rodolphe
de Habsbourg qui sera désigné par les électeurs
et couronné en 1273. Le Grand Interrègne a permis aux princes
et aux villes allemandes de devenir pratiquement indépendants
par rapport au pouvoir central, qui s’efface complètement, et
de s’organiser entre eux. Au XIVe siècle,
les empereurs, et en particulier Charles IV, entérineront cet état de fait (Bulle d’or de 1356).