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Placé
immédiatement après
Adolf
Hitler dans la hiérarchie nazie, Hermann Göring est, au
sein du IIIe Reich,
le second personnage politique de l’État
allemand. En réponse à l’officier enquêteur qui, en juin
1945, l’interroge, Göring décline ainsi ses titres: «Commandant
en chef de la Luftwaffe (aviation de guerre), ministre de l’Air,
Premier ministre de Prusse, président du Reichstag, conservateur des
forêts, maréchal du Reich». Cette liste n’est
qu’un résumé très succinct de tous les titres et emplois de Göring
dans le IIIe Reich.
N’est-il pas, en outre, grand veneur du Reich, commissaire pour le
plan de quatre ans, successeur désigné du Führer par le décret du
29 juin
1941?
À l’inverse de
Hitler, fils d’un simple douanier autrichien, Göring a pour père un
diplômé des universités de Bonn et de Heidelberg, le docteur Heinrich
Göring, qui devint un haut fonctionnaire prussien et un ami de
Bismarck.
Hermann est envoyé à l’école des cadets de Karlsruhe, d’où il
passe ensuite à l’école militaire de Gross Lichterfelde. Il en sort
sous-lieutenant d’infanterie. Survient la guerre de
1914. Plein d’audace, Göring est d’abord un parfait officier de
renseignements, puis il entre dans l’aviation. Il se révèle un
excellent
pilote de chasse et obtient vingt-deux victoires aériennes dans
la célèbre escadrille du Freiherr Manfred von
Richthofen. Lorsque ce dernier trouve la mort en combat aérien,
Göring lui succède en 1918 à la tête de cette formation. Démobilisé
comme capitaine à l’issue de la guerre, Göring se retrouve sans
occupation; il ne souhaite pas servir la République
de Weimar et, d’autre part, il a un urgent besoin de gagner de
l’argent. Pour vivre, il va au Danemark, puis en Suède, où il fait
des démonstrations aériennes et vend des parachutes. |
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Il
séduit la comtesse Carin von Kantzow, plus âgée que
lui de cinq ans. Quand, en 1922, il rentre en Bavière, Carin le suit,
puis l’épouse. Il manifestera un grand amour pour cette femme.
C’est à cette époque que Göring
assiste à une réunion nazie et entend parler Hitler. Enthousiasmé, il
revoit le Führer dès le lendemain et entre aussitôt au Parti
national-socialiste: jusqu’à la fin de sa vie et même après la mort
de Hitler, Göring demeurera fidèle à son chef. Appréciant à sa
valeur cet ancien officier discipliné,
Hitler
lui confie ses
SA (Sturmabteilung :
sections d’assaut). Les 8 et 9 novembre
1923, lors du coup de force manqué à
Munich, Göring se trouve auprès du Führer en tête de colonne.
Grièvement blessé, il doit s’enfuir à Innsbruck, où il est soigné.
Après sa guérison, Göring, qui ne peut revenir en Allemagne (il y
serait aussitôt arrêté), séjourne à Venise, puis en Suède.
En 1927, amnistié, il rentre
dans sa patrie et renoue aussitôt ses liens avec Hitler. Aux élections
du 20 mai
1928, pour la première fois, Göring est élu
député
au Reichstag. Arriviste, ambitieux, le nouveau parlementaire révèle
alors sa personnalité, son goût du luxe, des honneurs et des
uniformes. Intelligent, fréquentant la haute société, Göring se
montre de plus en plus hostile aux brutes de la SA et à leur chef
Ernst
Röhm. La fidélité inconditionnelle du «nazi
de salon», du «paladin de Hitler»
(ainsi a-t-on surnommé Göring) finit par porter ses fruits. Déjà
chef du groupe parlementaire nazi du Reichstag, Hermann Göring est élu
président de cette assemblée en
1932.
Il apparaît donc, dès cette date, comme l’un des premiers
personnages de l’État.
Quand, le 30 janvier
1933, Hitler devient chancelier du Reich, Göring est nommé
ministre de l’Intérieur de Prusse. Instigateur
du providentiel incendie du Reichstag, il
peut se débarrasser des communistes en les accusant de ce crime. Puis
il crée la
Gestapo, les
camps
de concentration, et approuve d’avance les meurtres que
commettra la police. Allié de
Himmler
contre
Röhm, Göring prépare le piège
dans lequel il fera tomber le dangereux chef des SA.
Commissaire du Reich à l’Aviation,
puis ministre de l’Air, avec le grade de général, Göring sait tirer
parti de ses collaborateurs, bien que ses connaissances techniques dans
ce domaine soient assez restreintes. Sous sa direction apparente naît
une puissante flotte aérienne de guerre. Implacable, Göring parvient
à écarter les généraux Blomberg
et Fritsch, tandis que Hitler lui
donne le plus haut grade de l’armée allemande: feld-maréchal.
Ayant tous les titres et
emplois qu’il pouvait désirer, menant une vie fastueuse et indolente,
collectionnant les tableaux et les œuvres d’art, Göring redoute la
guerre, qui pourrait amener l’écroulement du IIIe Reich
et le sien. Désirant maintenir la paix,
il entre alors en rapport avec Birger Dahlerus,
homme d’affaires suédois en relation avec des Anglais très
influents. Mais il manque de courage moral et ne veut pas risquer sa
carrière: ses entrevues secrètes avec ces Anglais n’aboutissent à
aucun résultat; la guerre éclate en septembre 1939.
Après la campagne victorieuse
de Pologne, Göring prend une décision irréfléchie qui décidera du
sort de l’aviation allemande et peut-être de la guerre:
il
arrête les recherches de nouveaux types d’avions pour concentrer tout
l’effort de l’industrie aéronautique allemande sur la production
massive des types existants. Cette stupéfiante erreur engendre
le lent déclin de l’aviation allemande, dont les modèles sont vite périmés.
Le subordonné de Göring, le célèbre général Udet,
responsable du matériel de la Luftwaffe, se suicide quand il constate
que la folle politique de Göring conduit l’Allemagne à la défaite.
Le général Milch, qui a succédé
à Udet, demande en vain à Hitler que Göring soit relevé de ses
fonctions. La puissance croissante des bombardements alliés, à
laquelle l’aviation allemande ne peut s’opposer efficacement, prouve
au Führer que le maréchal Göring s’est montré un incapable. Hitler
donne l’ordre, trop tard, de construire en masse des bombardiers
Me-262. Quand, le 23 mai
1945, Göring demande au Führer, terré dans son bunker de la
chancellerie, à Berlin, s’il peut lui succéder selon le décret du
29 juin
1941, Hitler, conseillé par Bormann,
s’y oppose et le fait arrêter par ses
SS!
Au tribunal de Nuremberg, Göring défend la politique du Führer puis
se
suicide plutôt que d’être exécuté.
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