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Auteur raté et sans
ressources en 1924, chancelier du Reich le 30 avril
1945 après le suicide de
Hitler:
il y a entre ces deux dates toute la prodigieuse ascension de Joseph
Goebbels. Né à Rheydt en Rhénanie,
au sein d’un milieu très modeste de religion catholique, il est frappé
d’une infirmité congénitale qui le fait boiter. Au sortir du lycée,
il devient étudiant et obtient, en 1922, son doctorat
en philosophie à l’université de Heidelberg. Commence alors
pour le jeune intellectuel une période décevante et déprimante.
Revenu à Rheydt auprès des siens, il tente vainement de se faire un
nom en littérature. La politique va lui procurer un emploi, le mettre
en lumière et révéler son incontestable talent
de polémiste. Il est gagné au
national-socialisme, en 1922, par
Gregor
Strasser qui en fait son secrétaire. Le hasard veut qu’en
1924 il fasse ses débuts d’orateur à Rheydt, comme contradicteur
dans une réunion communiste.
Ainsi
mis en valeur, Goebbels entre comme rédacteur, au mois d’août 1924, dans
la revue hebdomadaire national-socialiste, Völkische Freiheit ,
«organe de combat rhénano-westphalien pour
une Grande Allemagne nationale et socialiste». Il s’établit à
Elberfeld, où une vie nouvelle commence pour lui. À la fin d’août
1926, Hitler le nomme commissaire à la direction
du Gau de
Berlin. Il réussit magistralement à propager dans la capitale le
national-socialisme et dirige le périodique Der Angriff (1927-1933).
Le 20 mai
1928,
lors des élections du Reichstag, Goebbels est l’un
des douze élus du Parti national-socialiste
ouvrier
allemand. |
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Vers la fin de l’année 1929, il gravit un échelon
de plus: Hitler fait de lui le chef de la
propagande du parti pour l’ensemble de l’Allemagne.
Goebbels peut alors donner la mesure de ses moyens. Par une propagande
agressive et insistante, il obtiendra des succès spectaculaires aux élections
à partir de 1930. Le 30 janvier
1933, le Führer devient chancelier du Reich; dès le 11 mars
1933, un ministère
de l’Information et de la Propagande est créé et Goebbels en
prend possession le 14 mars.
À son arrivée à ce poste,
Goebbels met au point le système qui sera instauré ensuite dans les
pays occupés: il consiste à fermer les frontières à toutes les
sources d’information étrangères et à mettre la main sur tous les
organes d’information intérieure, cette mainmise s’étendant à la
totalité de la vie intellectuelle et culturelle du pays: presse, édition,
cinéma, théâtre et radio dont Joseph Goebbels sut admirablement
utiliser l’impact sur les masses. C’est la nazification
de la culture qui commença par un immense
autodafé des livres existant dans le Reich et contraires à
la doctrine du parti. La chambre culturelle du Reich contrôle toute la
vie intellectuelle et artistique, excluant opposants, tièdes et
racialement impurs. La même nazification fut appliquée à
l’enseignement et aux mouvements de jeunesse. Pendant douze ans, la
population allemande vécut sous le matraquage de
la propagande Goebbels. En 1938, après l’assassinat de
von
Rath à Paris, Goebbels est l’instigateur
de la «nuit de cristal»
(incendie des synagogues et pillage des maisons juives).
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L’invasion de la Pologne est
précédée, en mai 1939, par l’annonce de la «terreur
tchèque», déclenchée contre les Allemands des Sudètes. En
1942, les innombrables allocutions de Goebbels persuadent les Allemands
de la faiblesse des Russes juste avant la capitulation de Stalingrad. En
France, à partir de 1940, la Propaganda Abteilung est chargée
de répandre les thèmes de la propagande nazie contre les Anglo-Saxons,
les Soviétiques, les gaullistes, les juifs, les francs-maçons et de
susciter des œuvres inspirées de la culture allemande et de l’éthique
hitlérienne.
D’une fidélité absolue à
Hitler,
d’une activité prodigieuse, Goebbels aura réussi à faire de la
propagande une véritable technique, exerçant ainsi sur les Allemands
une influence considérable. «La propagande de
Goebbels, dira Hitler,
est une de nos armes de guerre les plus efficaces.»
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Au mois d’août 1944, la
direction
de la guerre totale incombe à Goebbels. Alors que l’Allemagne
est frappée de tous côtés, il tente de relever son moral en faisant
état de l’existence d’«armes secrètes et
imparables». Jusqu’au bout, Goebbels ranime le courage des
combattants. Il a fait venir, dans le bunker de Hitler à Berlin, sa
femme et leurs six enfants. L’étau russe se referme. Hitler épouse
Eva
Braun, et Goebbels est son témoin. Dans son testament, le Führer
le désigne comme chancelier du Reich. Mais Goebbels et sa femme, nazie
fanatique, ne veulent pas survivre à leur Führer qui s’est suicidé
avec Eva, le 30 avril.
Le 1er mai
1945, le couple empoisonne ses six enfants puis se donne la mort à son
tour.
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