C’est l’une des
figures les plus reconnues et les plus attachante du Moyen Age.
Il fut roi de Germanie puis
empereur. Il est issu
de la dynastie des Hohenstaufen
et comme ses prédécesseurs il s’opposa à la papauté
et aux villes d’Italie du Nord, villes riches et puissantes,
auxquelles il aurait bien voulu imposer son autorité. Il refusa
de reconnaître le nouveau pape, Alexandre
III, et fit élire un antipape, Victor
IV. Dans
l’Empire, à partir de la diète de
Wurtzbourg (1165),
tous les évêques doivent obéissance à l’antipape (qui est
désormais Pascal III). Le
pape « légitime » ne tarda pas à s’allier contre
lui avec les villes italiennes regroupées dans la
Ligue
Lombarde. Malgré la destruction de Milan en
1162
Frédéric Ier Barberousse fut battu à Legnano
en 1176
et dut reconnaître l’indépendance des villes
lombardes, il
connaissait mal la capacité économique des communes italiennes
et leur force politique: Milan va constituer alors la Ligue des
villes lombardes, qui infligera la défaite très grave de
Legnano à Frédéric.
Son fils, Henri, se
maria avec Constance, l’héritière du royaume normand de
Sicile, cela compensait un peu sa défaite…
Dans
l’Empire proprement dit, Frédéric réussit à maintenir
l’ordre malgré plusieurs tentatives de résistance de la part
des grands princes. Il défend en particulier son cousin
Henri
le Lion et s’entremet
entre lui et les autres grands feudataires qui supportent mal
les empiétements du trop puissant duc de Saxe. Celui-ci épouse
en 1168 la fille du roi
Henri
II Plantagenêt
d’Angleterre. Au moment où Frédéric a d’énormes
difficultés avec les Lombards, vers 1175, le duc de Saxe
refuse de lui apporter son aide. Dès que la réconciliation
avec Alexandre III
est achevée, Frédéric revient en Allemagne, convoque
son cousin devant la Diète d’Empire pour qu’il se justifie
des accusations portées par ses voisins (abus autorité). Ayant
refusé de comparaître, Henri le Lion
est mis au ban de l’Empire en
1179.
Les Staufen
ont démantelé la puissance des Welfs,
mais la guerre reprendra avec leurs enfants, compliquée par
l’intervention de
Richard
Cœur de Lion. Notons encore qu’il fut l’un des
chefs de la troisième croisade, cela ne lui réussit pas
puisqu’il mourut noyé dans
le Cydnos, petit cours d’eau de Cilicie (Asie Mineure).
Il devint dès le XVIe siècle un personnage mythique, on racontait alors qu’il n’était
pas mort, qu’il vivait dans une grotte et que
sa barbe qui
continuait de pousser était devenue immense. On disait
qu’il reviendrait pour rendre sa grandeur à
l’Empire. D'autres récits disaient qu'il attendait sur les
pentes de l'Etna avec son armée pour prendre sa revanche.
Frédéric
Ier
a construit ou reconstruit de nombreuses forteresses sur ses
domaines souabes et alsaciens; mais ce seigneur féodal a été
incapable
de comprendre les villes, qu’il a brutalement châtiées
si elles se rebellaient contre l’autorité épiscopale (Mayence,
1163) ou royale (villes lombardes). Avec lui va disparaître
l’Empire: ses fils ne régneront pas assez longtemps; son
petit-fils se sent plutôt sicilien et méditerranéen. Il n’a
pas su «moderniser» assez les institutions de cet ensemble
politique pour qu’elles résistent à quelques années
d’anarchie.
Développements
Les hésitations et les ambiguïtés de certaines
attitudes, que l'historien a parfois
peine à analyser clairement,
commencent à se décanter lors du
conflit qui oppose le pape
Alexandre III à l'empereur
Frédéric Barberousse
et qui constitue la première phase de ce que l'on
appelle la lutte du Sacerdoce et de
l'Empire. Et pourtant, avant que le
conflit ne soit véritablement
ouvert, les positions apparaissent
de part et d'autre tout à fait
conformes à la pensée du siècle
précédent. Depuis son avènement (1152), le nouveau monarque avait, en effet, apporté
tous ses soins au renforcement de
son autorité en Allemagne et au
rétablissement des droits de
l'Empire en Italie, en prétendant
par ailleurs contrôler l'épiscopat
germanique et obtenir la
collaboration du pape confiné dans
la direction des affaires
religieuses, ce qui renouait en
quelque sorte avec la tradition d'Henri
II et d'Henri
III. A cette entreprise
s'étaient opposées diverses cités de
Lombardie, attachées à leurs
franchises, mais aussi le
Saint-Siège, soucieux de son
indépendance. Au mois d'octobre
1157, l'incident qui, à la diète de
Besançon, avait mis aux prises
l'empereur et deux légats
pontificaux (dont l'un, Roland, était le
futur Alexandre III), avait montré
combien il était difficile de
trouver un compromis. L'un des
légats n'était-il pas allé jusqu'à
s'écrier: «
De qui donc l’empereur tient-il
l’Empire si ce n’est du seigneur
pape? » Formule lapidaire, tout à fait dans la ligne,
au moins en apparence, des propos
grégoriens les plus rigoureux (tirés
de la déposition d'Henri IV), et
qui, rejetée violemment par les
tenants de l'autorité civile, allait
inciter à la réflexion dans le
contexte de l'époque et au cours du
combat entre les deux pouvoirs.
Conrad était mort le 15 février 1152 ; trois
semaines plus tard, son neveu
Frédéric était couronné.
Eugène III promettait de sacrer Frédéric et d'agir avec lui
pour accroître l'honneur de l'empire
et celui du Saint-Siège. Cet
arrangement ne suffit pas pour
éviter des dissonances. Lorsque
Frédéric rencontra le Saint-Père à
Sutri, le 6 juin 1155, il refusa de
lui rendre le service auquel s'était
prêté Lothaire en son temps, il ne
voulut pas être l'écuyer d'un pape
là où Henri III jadis en avait
destitué trois d'un seul coup. On
finit par s'entendre malgré ces
incidents : Frédéric assouplit sa
position et
Adrien VI promit de détruire la fresque représentant
Lothaire dans l'attitude d'un
vassal. Le couronnement eut donc
lieu le 18 juin, mais si l'empereur
avait refusé avec hauteur de
recevoir la couronne des Romains, il
n'avait pas pu les mater. Il n'avait
pas non plus croisé le fer avec les
Normands cédant aux objurgations de
son entourage pressé de rentrer en
Allemagne avant la canicule, il
avait tourné bride. Le pape,
estimant alors que les accords de
Constance étaient devenus caducs
puisque Frédéric n'avait pas tenu
ses engagements, fit la paix avec
les Normands à Bénévent en juin
1156. Ce renversement des alliances
avait pour la papauté l'avantage de
transformer un adversaire en ami, un
ami dont le concours serait aussi
précieux qu'avait été redoutable son
hostilité ! Très vite, l'empereur
eut l'occasion de constater que le
Saint-Siège se sentait en position
de force. En octobre 1157, ses
légats étaient venus à la diète de
Besançon (nous revenons sur ce qui a
été dit plus haut) pour protester contre
l'impunité des pillards qui avaient
malmené l'archevêque suédois de
Lund. Le message en latin dont ils
étaient porteurs disait que Frédéric
II, aurait pu recevoir du pape de
plus grands
beneficia.
Rainald de Dassel, chancellier d'Empire, choisit de traduire ce mot, qui pouvait
signifier bienfaits - ce qui était
banal -, par fief. Dans le tumulte
que cette allusion à la vassalité
déclencha, un des légats s'écria: «
De qui l'empereur tient-il l'empire
sinon du pape ? » Il faillit se faire tuer sur place. Avec son
confrère, il trouva le salut dans la
fuite. Les documents contenus dans
leurs bagages témoignaient si
clairement de la volonté
centralisatrice du Saint-Siège que
les évêques allemands se rangèrent
du côté de Frédéric. La chancellerie
s'empressa de répandre le récit de
l'incident afin d'exciter
l'indignation des Allemands ;
l'égalité des deux pouvoirs suprêmes
y était proclamée, l'idée d'une
subordination du temporel au
spirituel rejetée, et l'élection de
l'empereur interprétée comme le
signe d'une relation directe entre
le monarque et Dieu.
A la mort d’Adrien IV deux papes furent en
compétition,
Alexandre III et
Victor IV. Barberousse endossa à son tour le rôle de Henri
III à Sutri, convoqua en 1160 un
concile à Pavie, qui se prononça
pour Victor IV. Mais, en dehors de
l'empire, cette décision resta
presque sans écho : puisque tandis
que l'Empire est officiellement
victorin ainsi que la presque
totalité des prélats allemands et,
de bon gré ou par contrainte, un
certain nombre d'italiens, la
France, l'Angleterre, les royaumes
ibériques, le royaume de Sicile, le
royaume de Jérusalem sont
alexandrins.
En 1160, Alexandre III excommunie
l'empereur et ses complices. A la mesure prise contre lui, Frédéric réagit par la force,
achève de placer sous son emprise
effective l'Italie et intervient
dans le centre de la péninsule.
Frédéric s'efforça de gagner à sa cause les
autres souverains d'Occident, mais
ses tentatives n'eurent que peu de
succès ;
Pascal III
lui succédera. Alexandre III, que les Romains
accusèrent de les avoir mis dans une
situation difficile, dut s'enfuir,
tant il était impopulaire. Frédéric
réorganisa l'administration romaine,
dont il investit le chef, le préfet,
substituant ainsi l'autorité de
l'empire à celle du pape. Enfin, le
1er août, son pape à lui, Pascal
Ill, renouvela le couronnement qui
avait déjà eu lieu en 1155. Une fois
de plus, les Allemands étaient
maîtres de Rome et leur chef pouvait
à juste titre se proclamer empereur
romain. Une fois de plus, ce
triomphe fut sans lendemain. En
1165, la situation ayant un peu
évolué, il rentre à Rome. L’empereur
décide alors de porter un coup
irréparable. Au mois de mai, après
la
diète de Würzbourg, il exige des évêques allemands
le serment de ne jamais se rallier à
Roland ou à ses successeurs. A la fin de 1166, à la tête de son armée, il
pénètre en Italie. Il atteint la
capitale de la Chrétienté en 1167 et
y installe son pape, après que son
rival s'est enfui. C'est alors
qu'une terrible épidémie frappe ses
troupes, transformant en déroute ce
qui avait été jusque-là une des plus
brillantes opérations politiques et
militaires du siècle. Il regagne
l'Allemagne comme il peut. L'Italie
lui échappe. En effet, les cités du
nord se soulèvent aussitôt, aidées
par le roi de Sicile. De leur
association naît la Ligue lombarde,
qui relève Milan, détruite quelques
années plus tôt par les Allemands,
et édifie une ville nouvelle à
laquelle on donne en l'honneur de
l'allié pontifical le nom
d'Alexandrie. Un armistice est
conclu à
Montebello et de longues négociations s'engagent, au cours
desquelles l'empereur tente de
traiter seulement avec la Ligue.
Elles échouent. Les hostilités
reprennent: Frédéric est battu à
Legnano (20 mai 1176). Dès lors, il est forcé de mettre
fin à la guerre et au schisme. Des
préliminaires de paix, arrêtés à
Anagni, sont confirmés à Venise
(juillet 1177). Barberousse
reconnaît Alexandre comme pape
légitime. Il est absous. Il conclut
par ailleurs une trêve avec les
Lombards et la Sicile. Le 24
juillet, le pape et l'empereur se
réconcilièrent donc à Saint-Marc de
Venise ; Frédéric se prosterna
devant Alexandre et lui tint
l'étrier avant et après l'office,
mais le sermon du Saint-Père vanta
l'avantage de la coopération des
deux pouvoirs. L'excommunication de
Frédéric était levée sans qu'il ait
été contraint à se comporter en
pénitent, Venise n'était pas un
second Canossa.
Les théories grégoriennes n'avaient
donc pas été appliquées
intégralement
; le temporel n'était pas subordonné sur tous les
plans au spirituel et l'utilité de
leur collaboration avait été
solennellement proclamée. Ainsi
cette deuxième phase du conflit du
sacerdoce et de l'empire
n'avait pas été close par la défaite
du second ; les atouts que lui avait
laissés le concordat de Worms ne lui
avaient pas été repris. Les
positions italiennes auxquelles
Barberousse tenait tant avaient été
renforcées grâce à l'acquisition, en
1178, des biens détenus par les Welf
en Italie centrale. Frédéric s'était
montré suffisamment souple pour
fonder son autorité sur de nouvelles
bases ; jadis elle reposait sur le
concours des évêques ; désormais
elle s'appuierait sur les vainqueurs
des prélats, les citadins. En somme,
la politique italienne de
Barberousse se soldait par des
avantages substantiels.
De ce bref récit se dégage d'abord
la relative modération du pape, qui
excommunie l'empereur, mais
n'envisage pas d'autres sanctions,
qui s'allie à la Ligue lombarde et
encourage fermement les villes à
poursuivre jusqu'au bout la lutte,
mais se réconcilie avec l'adversaire
sans intervenir réellement
pour faire
aboutir les revendications
italiennes. Cette attitude, qui est
due à la conjoncture, correspond
aussi à une doctrine des relations
de l'Église et de l'État selon
laquelle
les deux
pouvoirs doivent étroitement
collaborer,
parce qu'ils sont l'un et l'autre
responsables du maintien de la paix
et parce que leur entraide
permanente est une condition
nécessaire au progrès religieux et
au salut de la société. Le pape ne
dépose pas l’empereur parce que la
déposition
serait une mesure politique arrêtée
en considération d'une faute
religieuse (et aussi en
considération d'un acte politique,
car la convocation du concile est
liée à la réalisation du programme
italien de l'empereur) et parce
qu'il estime ne pas avoir le droit
de le faire. Pour Alexandre III, le
pape, vicaire de Pierre, a d'abord
et avant tout la plénitude du
pouvoir ecclésiastique et religieux
et il ne peut pas intervenir, sans
justification religieuse, dans le
domaine reconnu au pouvoir civil. Et
pourtant, apparemment, il le fait
lorsqu'en 1170, craignant que
certaines cités de la Ligue lombarde
ne sortent de l'alliance et ne
portent ainsi un coup à la
résistance contre Barberousse, il
adresse aux consuls de ces communes
une lettre - la bulle
Non est dubium
- dans laquelle il annonce sa
détermination à frapper
d'excommunication ceux qui
rompraient l'union ou formeraient
une autre association (pour se
ranger du côté de l'empereur) et de
censures ecclésiastiques ceux qui
désobéiraient aux dirigeants
(recteurs) de la Ligue. Le
raisonnement qui est à
l'arrière-plan de la démarche, dont
on retrouve les arguments épars en
d'autres textes, est clair.
L’empereur, par son entreprise en
Italie, menace la liberté de
l'Église parce qu'il porte atteinte
à celle du Saint-Siège établi dans
la péninsule que la Ligue lombarde
défend. Il en résulte que la liberté
de l’Italie, pour laquelle luttent
politiquement et militairement les
villes de Lombardie, devient une «
chose sacrée » parce qu'elle est
indispensable à la liberté de la
Papauté, assimilée à celle de
l'Église, et parce que le pape,
vicaire de Pierre, a reçu la
mission, religieuse dans son
essence, de maintenir et de
promouvoir cette liberté. C'est la
raison pour laquelle, lorsque, lors
des négociations de Venise
l'empereur adhère à Alexandre III et
met fin au schisme, ce qui entraîne
automatiquement la levée de
l'excommunication, le pontife
considère qu'il ne menace plus sa
liberté et ne porte plus préjudice à
celle de l'Église. D'où il s'ensuit
que la liberté de l'Italie cesse
d'être une « chose sacrée », ce qui
permet de ne pas exiger qu'il donne
satisfaction aux revendications
politiques des cités et de se
contenter de favoriser la conclusion
d'une trêve.
La démarche,
qui peut sembler cynique et
égoïstement politique, est tout à
fait cohérente et en conformité avec
la réflexion doctrinale.
La
thèse dualiste, déjà exposé par
Rufin,
ne pouvait pas cependant, dans le
contexte du temps, compte tenu de
l'apaisement de la querelle du
Sacerdoce et de l'Empire en 1177 et
de la conviction qu'avaient
l'empereur et les rois d'être
obligés de collaborer au salut des
âmes, aboutir à l'indépendance
réelle du politique, ce que
récusaient d'ailleurs aussi les
ecclésiastiques.
Huguccio,
l’un des plus grands canoniste de
l’époque, affirme que, s'il a été
dit (par Grégoire VII entre autres)
que le pape a reçu «
les droits de
l'Empire terrestre autant que
céleste », cela signifie
seulement, contrairement à ce que
l'on a voulu entendre, qu'il a le
plein pouvoir spirituel. Il déclare
donc qu'on ne peut pas tirer de là,
pas plus que du symbole des deux
glaives, la capacité pour le pontife
de « faire l'empereur », de même que
celui-ci n'a pas à intervenir dans
l'élection pontificale.
Frédéric a vu dans le refus de Henri le Lion de
venir à sa rescousse le signe
indubitable d'une volonté
d'indépendance, l’élimination
d’Henri est une étape décisive dans
un processus dont les débuts
remontaient au milieu du XIIe siècle
: la disparition des duchés
ethniques. C'est en accord avec ce
Reichsfürstenstand que Frédéric Barberousse assurait le
gouvernement de l'empire ; les
grandes décisions étaient prises au
cours des
Hoftage, des diètes, où les princes tenaient les
premiers rôles ; c'est à eux que
revenait l'application des décisions
prises, en particulier en matière
judiciaire, car ils détenaient le
Blutbann, le droit de rendre la justice de sang ; la
répression des violations du
Reichslandfrieden, de la « paix », dont Frédéric avait dès 1152
renouvelé les dispositions
promulguées jadis par Henri IV,
incombait aussi aux Fürsten.
Quatre-vingt-dix d'entre eux étaient
des prélats. Le concordat de Worms
donnait à l'empereur la possibilité
d'exercer une influence sur le choix
de ces dignitaires ; il en fit usage
chaque fois que l'élection lui
semblait suffisamment importante.
L’attitude adoptée par l'épiscopat
entre 1159 et 1177 montre qu'il
resta fidèle à Frédéric, même si
certains de ses membres
considéraient Alexandre III comme le
pape légitime.
Barberousse aurait voulu que le pape couronnât
Henri (son fils, futur Henri VI). À
Vérone, où
Lucius III
lui avait donné rendez-vous, en 1184, les deux
moitiés de Dieu faillirent à nouveau
se colleter. Seuls les hérétiques,
condamnés par les deux pouvoirs,
firent les frais d'une entente qui
ne porta que sur ce point. Frédéric
ne voulait laisser au Saint-Siège
que le dixième des revenus des
domaines impériaux dans la
péninsule, ce que Lucius III refusa,
comme il refusa de couronner Henri.
De son côté Frédéric n'admit pas que
le Saint-Père se mêlât du litige qui
opposait deux candidats à
l'archevêché de Trèves. Il y eut des
étincelles, mais pas d'incendie. La
plupart des évêques allemands
restèrent fidèles à Frédéric. Henri,
régent de l'Italie, fit une
démonstration de force en occupant
une partie du patrimoine de Pierre ;
Urbain III, le successeur de
Lucius, en 1186, incita sans succès
les évêques à collaborer avec lui.
L’année suivante, le désastre de
Hattin et la prise de Jérusalem par
Saladin
révélèrent au pape et à toute la
chrétienté la situation dramatique
de la Terre Sainte. Un terrain
d'entente fut trouvé dès la fin de
1187. L’organisation de la Croisade
avait pris le pas sur toutes les
autres préoccupations. Un accident
stupide priva Barberousse de la joie
qu'il aurait eue s'il avait pu
délivrer Jérusalem lorsqu'il voulut
franchir à gué le Séléf, son cheval
trébucha, l'empereur emporté par le
courant, coula.