Après
le déclenchement du soulèvement nationaliste en
juillet
1936, Franco prit le commandement de l’armée
d’Afrique le 19 juillet, et
demanda à l’Axe des avions pour
transporter ses troupes du Maroc en Espagne il transporta ainsi
la Légion étrangère et des unités marocaines. Le 12
septembre, il fut nommé général de la
junte militaire de Burgos, puis, le 1er
octobre, chef du gouvernement.
Le
9 mars il promulgua la charte du travail, première en
date des lois fondamentales actuelles de l’Espagne. Franco
prit le titre de Caudillo
(guide) et après un échec en novembre 1936 vaincu les républicains,
avec l’appui de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste,
et entra dans Madrid le 1er avril 1939.
Franco
posa les bases d’un état catholique, autoritaire et
corporatiste. Au début de la guerre il décida la neutralité
espagnole, puis la « non-belligérance » en juin
1940.
En novembre de cette même année il occupa Tanger.
Il
eut à subir les pressions d’Hitler
et de
Mussolini
qui voulaient voir l’Espagne s’engager aux côtés des
forces de l’Axe (entrevue d’Hendaye
le 23 octobre 1940 avec Hitler et de
Bordighera en février 1941 avec Mussolini). Franco refusa de suivre
Hitler, la guerre civile ravageait alors l’Espagne, mais lui
fit des concessions en adhérant au pacte
antikomintern en mars 1939
et en envoyant sur le front russe une division de volontaire, la
División azul
(la Division bleue). Mais Franco continuait à avoir des
liens avec les Alliés.
Après
1942, Franco, prévoyant la victoire des alliés, amorça
un revirement politique et inaugura une relative démocratisation
du régime par la création de Cortes
consultatives (Cortes = nom donné au Parlement
en Espagne, aujourd’hui ce nom désigne l’ensemble du
Sénat et du congrès des députés) ; retira
d’Urss la Division bleue et évinça du pouvoir son
beau-frère, Serrano Suner, fortement germanophile.
En
1945, les Alliés lui reprochèrent cependant ses compromissions
avec l’Axe et rappelèrent leurs ambassadeurs de Madrid, ce
qui entraîna une période d’isolement pour l’Espagne. Mais
le développement de la guerre froide lui permit de bénéficier
du plan Marshall. Après
avoir signé des accords militaires avec les Etats-Unis (1953),
l’Espagne fut admise à l’ONU en 1955.
Au
niveau de la politique intérieur, Franco, qui disait être
responsable seulement « devant
Dieu et l’histoire »,
rétablit en 1947 la monarchie et s’institua régent à
vie. En
novembre 1956, Franco procède à une réforme
constitutionnelle libéralisant, très modestement, le régime ;
il s’appuya encore plus fortement sur l’Eglise catholique et
écarta du pouvoir la Phalange (organisation
politique et paramilitaire de type fasciste fondée par
Antonio
Primo de Rivera en 1933) et s’entoura de ministres
proches de l’Opus Dei
(puissante
institution catholique née en 1928).
Le
22 juillet 1969 il désigna le prince
Juan
Carlos de Bourbon comme son
successeur. Pendant
l’été 1974, il se démet
provisoirement, pour des raisons de santé, de ses fonctions de
président du gouvernement, en faveur de Juan Carlos. Mais il
reprit la direction du gouvernement en septembre de la même année,
pour mourir le 20 novembre.
Son «règne» aura duré près de quarante ans et les dernières
années de sa vie furent marquées par une répression accrue
des manifestations de l’opposition et des volontés
autonomistes
basques.