Des
auteurs français pensent que la
première franc-maçonnerie moderne
implantée en France a été la
Maçonnerie
écossaise stuartiste et que
cette introduction serait bien
antérieure à la création en
1717 de
la Grande
Loge de Londres. En 1661,
Charles II
à la veille de monter sur le trône
de Grande-Bretagne, forme à
Saint-Germain un régiment de gardes
irlandaises qui avait une loge
maçonnique. Le 13 mars 1777, le
Grand-Orient admit que sa
constitution datait du 25 mars 1688.
Elle prit en 1752 le nom de
Parfaite
Egalité.
C'est la seule
loge du XVIIIe dont la trace soit
connue.
Après la
création de la Grande Loge de
Londres, les deux sortes de
Maçonnerie se développent en France:
a /
loges "
écossaises " d'esprit
traditionnel et catholique ( les
plus nombreuses ).
b / loges
" anglaise " ou modernes,
émanations de la Grande Loge de
Londres.
La
première loge " spéculative " de
source anglaise serait
L'Amitié et
Fraternité fondée en 1721 à
Dunkerque mais cela reste un fait
incertain. Le
12 juin 1726
était installé à Paris, par Charles
Rodclyffe une
loge écossaise, Saint-Thomas.
Puis d'autres loges s'installèrent
au nombre de sept ou huit. Le
24 juin 1738,
une assemblée générale institue le
duc d'Antin, pair de France, "grand maître
général et perpétuel des maçons dans
le royaume de France". La
Grande Loge
est ainsi constituée. Les
britanniques ne s'y trompèrent pas :
"Ces ingrats
oublient que la splendeur dont ils
jouissent ne leur provient que de
l'Angleterre". La
franc-maçonnerie trouvait en France
un terrain favorable : besoin de
réagir contre l'atmosphère
despotique du règne précédent,
aspiration à la liberté, curiosité
pour l'Angleterre et pour ses
institutions qu'illustre
Montesquieu
(un des premiers francs-maçons
français fréquentant la loge d'Aubigny).
En 1742,
il y aurait déjà eu 200 loges
en France dont 22 à Paris. En
1743, le duc d'Antin meurt à l'âge
de 37 ans. A partir de cette date,
les jalousies, les incompétences
compromettent la stabilité de
l'Ordre. Seul un pouvoir fort, en
mettent fin à la multiplicité des
partis rivaux pouvait rendre à
l'Ordre "
force et vigueur ". Cette
rénovation fut l'oeuvre du duc de
Luxembourg qui en 1771 fait accepter
la Grande-Maîtrise par le duc de
Chartres, cousin du roi. Il devient
deux ans plus tard grand-maître de
l'Ordre de la franc-maçonnerie en
France, tandis que la Grande Loge
nationale de France se donne pour
nom le
Grand-Orient de France. Cette
nouvelle institution constitue un
pouvoir fort, central avec un corps
directeur; elle gagne la sympathie
de la majorité des frères.
L'évolution des esprits au cours du
XVIIIe devait précipiter le
mouvement. En 1771, on compte 154
loges à Paris, 322 en province.
L'écossisme
La
franc-maçonnerie issue du métier
était basée sur les trois grades
traditionnels
d'apprenti, de
compagnon,
et de maître.
La franc-maçonnerie française
apporta à cette structure une
innovation considérable, celle des
hauts
grades. C'est le fait de
l'écossisme. Il s'agit d'une
catégorie de rites qui a pris
naissance en France. L'objectif
principal est de régénérer l'Ordre
qu'avait envahi une foule de frères
libertins préoccupés de distractions
et de banquets.
Les hauts
grades permirent une sélection
qualitative. Au cours du
XVIIIe s'ajoutèrent des motifs
spirituels. Le point de départ
doctrinal de l'écossisme est le
discours de Ramsay publié en 1738 où
il est proposé une véritable charte
et un code général de pensée et
d'action.
Les
loges maçonniques en France
Récapitulons: En France, la
franc-maçonnerie compte trois
obédiences principales: le
Grand
Orient de France, la Grande Loge
de France, la
Grande Loge
nationale française. Le
Grand Orient, fondé en 1773, rompit
en 1877 avec la Grande Loge unie
d'Angleterre et les obédiences
anglo-saxonnes lorsqu'il ne fit plus
obligation à ses membres de croire
en Dieu. De tradition progressiste,
le Grand Orient a toujours eu de
l'influence sur la vie politique
française. Il compte 500 loges et
quelque 30 000
membres. La Grande Loge de France,
fondée en 1894, est assez proche du
Grand Orient, mais plus
spiritualiste (490 loges, env. 19 700
membres [90]). La Grande Loge
nationale française, fondée en 1913
et reconnue par la Grande Loge unie
d'Angleterre, se scinda, en 1959, en
Grande Loge nationale française
Bineau (700 loges, env. 15 000
membres [90]) et Grande Loge
traditionnelle et symbolique Opéra
(environ 1 650
membres). Il faut encore citer la
Grande Loge
féminine de France fondée
en 1945 (env. 7 200
«sœurs»)
et le Droit
humain, ordre mixte
international fondé en 1893, la
Grande Loge
indépendante et souveraine des rites unis
fondée en 1976, et la
Grande Loge
œcuménique
féminine d'Orient et d'Occident
fondée en 1980. En Belgique, la
principale obédience est le Grand
Orient, très proche du Grand Orient
de France, tandis qu'en Suisse la
Grande Loge
suisse Alpina se
rapproche de la maçonnerie anglaise.