ATRIUM - L'Âge Classique (1453-1789)

Retraçons ici trois siècles particulièrement riches pour l'histoire de l'humanité. Nous étudierons les XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles au travers de divers dossiers et de simples pages s'attachant aux aspects politiques, militaires, sociaux, culturels...

 

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La Franc-maçonnerie en France
 
 

Des auteurs français pensent que la première franc-maçonnerie moderne implantée en France a été la Maçonnerie écossaise stuartiste et que cette introduction serait bien antérieure à la création en 1717 de la Grande Loge de Londres. En 1661, Charles II à la veille de monter sur le trône de Grande-Bretagne, forme à Saint-Germain un régiment de gardes irlandaises qui avait une loge maçonnique. Le 13 mars 1777, le Grand-Orient admit que sa constitution datait du 25 mars 1688. Elle prit en 1752 le nom de Parfaite Egalité. C'est la seule loge du XVIIIe dont la trace soit connue.

Après la création de la Grande Loge de Londres, les deux sortes de Maçonnerie se développent en France:

a / loges " écossaises " d'esprit traditionnel et catholique ( les plus nombreuses ).

b / loges " anglaise " ou modernes, émanations de la Grande Loge de Londres.

La première loge " spéculative " de source anglaise serait L'Amitié et Fraternité fondée en 1721 à Dunkerque mais cela reste un fait incertain. Le 12 juin 1726 était installé à Paris, par Charles Rodclyffe une loge écossaise, Saint-Thomas. Puis d'autres loges s'installèrent au nombre de sept ou huit. Le 24 juin 1738, une assemblée générale institue le duc d'Antin, pair de France, "grand maître général et perpétuel des maçons dans le royaume de France". La Grande Loge est ainsi constituée. Les britanniques ne s'y trompèrent pas : "Ces ingrats oublient que la splendeur dont ils jouissent ne leur provient que de l'Angleterre". La franc-maçonnerie trouvait en France un terrain favorable : besoin de réagir contre l'atmosphère despotique du règne précédent, aspiration à la liberté, curiosité pour l'Angleterre et pour ses institutions qu'illustre Montesquieu (un des premiers francs-maçons français fréquentant la loge d'Aubigny). En 1742, il y aurait déjà eu 200 loges en France dont 22 à Paris. En 1743, le duc d'Antin meurt à l'âge de 37 ans. A partir de cette date, les jalousies, les incompétences compromettent la stabilité de l'Ordre. Seul un pouvoir fort, en mettent fin à la multiplicité des partis rivaux pouvait rendre à l'Ordre " force et vigueur ". Cette rénovation fut l'oeuvre du duc de Luxembourg qui en 1771 fait accepter la Grande-Maîtrise par le duc de Chartres, cousin du roi. Il devient deux ans plus tard grand-maître de l'Ordre de la franc-maçonnerie en France, tandis que la Grande Loge nationale de France se donne pour nom le Grand-Orient de France. Cette nouvelle institution constitue un pouvoir fort, central avec un corps directeur; elle gagne la sympathie de la majorité des frères. L'évolution des esprits au cours du XVIIIe devait précipiter le mouvement. En 1771, on compte 154 loges à Paris, 322 en province.

L'écossisme

La franc-maçonnerie issue du métier était basée sur les trois grades traditionnels d'apprenti, de compagnon, et de maître. La franc-maçonnerie française apporta à cette structure une innovation considérable, celle des hauts grades. C'est le fait de l'écossisme. Il s'agit d'une catégorie de rites qui a pris naissance en France. L'objectif principal est de régénérer l'Ordre qu'avait envahi une foule de frères libertins préoccupés de distractions et de banquets. Les hauts grades permirent une sélection qualitative. Au cours du XVIIIe s'ajoutèrent des motifs spirituels. Le point de départ doctrinal de l'écossisme est le discours de Ramsay publié en 1738 où il est proposé une véritable charte et un code général de pensée et d'action.

Les loges maçonniques en France

Récapitulons: En France, la franc-maçonnerie compte trois obédiences principales: le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, la Grande Loge nationale française. Le Grand Orient, fondé en 1773, rompit en 1877 avec la Grande Loge unie d'Angleterre et les obédiences anglo-saxonnes lorsqu'il ne fit plus obligation à ses membres de croire en Dieu. De tradition progressiste, le Grand Orient a toujours eu de l'influence sur la vie politique française. Il compte 500 loges et quelque 30 000 membres. La Grande Loge de France, fondée en 1894, est assez proche du Grand Orient, mais plus spiritualiste (490 loges, env. 19 700 membres [90]). La Grande Loge nationale française, fondée en 1913 et reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, se scinda, en 1959, en Grande Loge nationale française Bineau (700 loges, env. 15 000 membres [90]) et Grande Loge traditionnelle et symbolique Opéra (environ 1 650 membres). Il faut encore citer la Grande Loge féminine de France fondée en 1945 (env. 7 200 «sœurs») et le Droit humain, ordre mixte international fondé en 1893, la Grande Loge indépendante et souveraine des rites unis fondée en 1976, et la Grande Loge œcuménique féminine d'Orient et d'Occident fondée en 1980. En Belgique, la principale obédience est le Grand Orient, très proche du Grand Orient de France, tandis qu'en Suisse la Grande Loge suisse Alpina se rapproche de la maçonnerie anglaise.

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Sources

- Paul NAUDON, Histoire générale de la franc-maçonnerie, Office du Livre 1987.

- Paul NAUDON, La franc-maçonnerie, Que Sais-je ? Octobre 1995.

- Guy CABOUDIN, Georges VIARD, Lexique historique de la France d'Ancien Régime, Armand Colin 1990.

- Nicolas Chalmin, Textes sur la Franc-Maçonnerie

- Encyclopédie Hachette, éd.2001

 
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