ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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L'Empire romain et le reste du monde
 
 

Provinces frontières et rapports du monde romain avec lextérieur au début du IIIe siècle

LAfrique du Nord romaine

Nous ne nous étendrons pas en détails sur ce chapitre ; nous verrons simplement quelques événements clés nous permettant de mieux comprendre la situation générale de l’Empire. La province africaine est peuplée en majorité de berbère, de lybico-berbère. Il y a une élite d’origine punique, et en partie numide, pénétrée par les influences grecques. Malgré ses originalités, l’Afrique fut peut-être la plus romanisée des provinces. Elle est vouée essentiellement à la vie agricole mais compte une densité urbaine qui n’est égalée qu’en Asie. Elle ne possède qu’une seule légion, mais fournira deux généraux candidats à l’empire : Clodius Albinus d’Hadrumète et Septime Sévère de Lepcis magna.

Lhistoire de lAfrique romaine

Après la destruction de Carthage (146), les romains annexent la majeure partie du territoire de la cité. En -46, César est vainqueur de Pompée à Thapsus, il annexe alors la partie orientale de la Numidie. Après la défaite du triumvir Lépide, en -36, la province tombe aux mains d’Octave qui la confie au Sénat avec une légion en –27 : elle devient alors l’Afrique proconsulaire et la Tripolitaine lui est rattachée. L’Afrique se composait donc de 4 provinces : la Proconsulaire (capitale Carthage), la Numidie, la Maurétanie césarienne, la Maurétanie tingitane. Pour protéger cet immense territoire, l’armée ne comptait guère que 28'000 hommes. Pourtant la domination romaine souleva d’âpres résistances (ainsi l’insurrection menée par Tacfarinas). A la lutte armée, les Romains joignirent la construction d’un limes et les tractations diplomatiques avec les chefs des tribus.

L’évolution économique et sociale

L’Afrique conserva une « structure coloniale » jusqu’à la fin du Ier siècle, en ce sens qu’elle fut avant tout l’un des deux greniers à blé de la capitale, l’autre étant l’Egypte. A partir de Vespasien et plus encore sous Trajan et ses successeurs, la pénétration romaine progresse par l’établissement de vétérans à travers toute la Numidie, en Maurétanie césarienne et en Tripolitaine. Malgré l’importance des livraisons faites à Rome, encore accrue par Septime Sévère à la suite de la création de l’annone, la part relative du blé commence à diminuer au IIe siècle dans l’ensemble de la production. La mise en valeur de nouvelles terres (en Numidie et en Césarienne) vont permettre aux régions orientales plus évoluées de se livrer à des cultures plus rémunératrices (ainsi la production massive d’huile fit la fortune de l’Afrique jusqu’à l’invasion vandale). En dehors de l’agriculture, l’Afrique n’avait guère d’activité industrielle (la pêche était très pratiquée mais surtout pour la consommation locale, la fameuse sauce de poisson - le garum - est toutefois largement exportée).

Les problèmes de civilisation

On compte en Afrique plus de 500 villes dont plus de 200 pour la seule Proconsulaire. On pense que près du tiers de la population (que l’on estime à 6-7 millions d’âmes) habitait dans des agglomérations. C’est ce qui différencie la romanisation africaine de la romanisation gauloise. L’urbanisation n’est pas le seul fait des immigrés ; la population locale accepta volontiers l’existence urbaine, condition de l’élévation sociale. C’est avec le règne de Trajan que s’ouvre la grande période de romanisation. Lorsque intervint l’édit de Caracalla en 212, la plupart des cités pérégrines étaient « naturalisées ». Très rapidement une élite africaine s’est dégagée. Bien entendu, toutes les régions de l’Afrique ne bénéficient pas du même essor. L’Afrique est d’ailleurs loin d’être totalement romanisée.

Les provinces danubiennes

Unité et diversité des régions du Danube

Les Romains se sont trouvés partout en présence de tribus, fortement organisées, dont ils disloquèrent les plus importantes et placèrent les autres sous le contrôle de praepositi et de praefecti. Les provinces ont d’abord un caractère militaire, leur organisation en témoigne : légats impériaux, légions nombreuses. Les empereurs depuis Auguste ont voulu atteindre et fortifier la frontière naturelle du Danube, car les barbares installés au nord du fleuve étaient souvent menaçant. La romanisation du pays est en grande partie l’œuvre de l’armée et des vétérans, notons toutefois que la romanisation ne progressera que lentement (car la plupart des militaires ne sont pas d’origine romaine ou italienne). L’évolution sociale des provinces d’Europe centrale est un des facteurs de leur unité. Les esclaves et les affranchis sont relativement peu nombreux parce que la romanisation fut plus tardive. De même, on ne trouve guère de domaines impériaux ni de latifundia, car les Italiens immigrés sont des marchands et des militaires et non point, comme en Proconsulaire, des sénateurs romains d’ancienne origine. Les villes proprement dites sont peu nombreuses par comparaison avec l’Asie ou l’Afrique et moins riches.

Les rapports de Rome avec l’Asie, l’Inde et l’Extrême-Orient

La Syrie fut longtemps la plus prestigieuse des provinces impériales ; elle sera séparée en deux (capitale d’Antioche et d’Emèse) par Septime Sévère après les usurpations d’Avidius Cassius et Pescennius Niger.  La Judée reçut de Vespasien une légion et un légat sénatorial et d’Hadrien le nom de Syrie-Palestine. L’Arabie sera conquise en 106. Toutes ces provinces assurent la protection de l’Empire face aux Parthes, puis aux Perses, aux nomades du désert, et assurent également de fructueuses relations commerciales avec l’Afrique orientale, l’Arabie proprement dite ( à ne pas confondre avec la province du même nom) et les pays de l’Euphrate. L’influence romano-occidentale resta toujours relativement faible dans ces régions, surtout en ce qui concerne la langue et la religion, au contraire, les religions orientales ont fini par conquérir le monde occidental.

Nous n’irons pas plus avant dans l’étude des rapports du monde romain avec l’extérieur, nous reviendrons peut-être plus tard plus en profondeur sur les rapports de Rome avec l’Asie, l’Inde et l’extrême-orient

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