Première
phase
De
nombreux historiens attribuent l’effondrement de la République
Romaine à Tiberius Gracchus,
un jeune patricien qui défia et court-circuita le Sénat en
livrant sa législation directement à l’Assemblée du peuple.
Il mourut dans une émeute organisée par les sénateurs, qui
croyaient que sa disparition résoudrait le problème. Mais
le
système républicain continuait à n’offrir aucun débouché
pour la carrière politique, et, plus grave encore,
pour
la carrière des armes. La
constitution attribuait le droit de lever une armée et de la
diriger au seul consul, élu
chaque année. Cette fonction correspondait à l’échelon le
plus élevé de la carrière sénatoriale. Aucune expérience
militaire n’était requise. En revanche l’habileté
politique était indispensable. Mais les défaites successives
des consuls contre Jugurtha,
le roi africain, révélèrent que le manque de poigne et de
consistance des chefs entraînait des désastres militaires.
Malgré
son origine modeste,
Marius
obtint le consulat en promettant
aux Romains
des
succès militaires manifestes, et il tint ses promesses.
Peu enclin à retourner dans l’anonymat du Sénat,
il se fit réélire consul. Reconduit par vote populaire,
il se maintint en poste d’une manière
inconstitutionnelle. Son
succès provenait principalement de sa réorganisation de
l’armée : le citoyen-soldat fut remplacé par le soldat
professionnel, recruté pour une campagne précise, sans que son
statut social soit pris en compte.
Une telle armée était plus dévouée à son chef qu’au Sénat.
Marius l’utilisa pour marcher sur Rome à la tête de ses
troupes, stratégie qui sera ensuite reprise par bien des chefs
militaires.
Dernière
phase
L’étroitesse
de vue et l’opiniâtreté des sénateurs
furent responsables de la chute de la république, autant que la
montée en puissance des généraux.
Les
sénateurs se mirent à dos les trois hommes qui allaient
sceller leur perte : ils forcèrent
César
à choisir entre un consulat et un triomphe ; ils refusèrent
d’attribuer des terres aux vétérans de
Pompée
; ils ne voulurent pas négocier le règlement d’un impôt
avec l’homme le plus riche de Rome, Crassus.
Ils
se retrouvèrent bientôt impuissants face à la force combinée
des trois hommes, quand ils décidèrent de se soutenir
mutuellement. Ce premier Triumvirat
fut en mesure de satisfaire les exigences immédiates de chacun
des partenaires. César obtint le
consulat, et le commandement de son choix en Gaule. Mais
après la mort de Crassus en Syrie, la jalousie de Pompée pour
la renommée croissante de César l’incita à
se
joindre au Sénat, qui le dota des pleins
pouvoirs. Renforcé
par la présence du “champion” Pompée à ses côtés, le Sénat
exigea que César rentre de Gaule et licencie ses troupes.
Nullement impressionné, le consul franchit le
Rubicon
et marcha sur Rome. La guerre civile était
inévitable. César victorieux entreprit un vaste
programme de réformes dans l’intention de restaurer la
stabilité financière de l’État au bord de la faillite. Il
se fit proclamer “dictateur”
à vie.
Les républicains ne pouvaient accepter cet abus flagrant de
pouvoir et l’assassinèrent. Si les
meurtriers de César espéraient une restauration de la
puissance des sénateurs, ils furent déçus : un
second Triumvirat s’empara
du pouvoir.
En
dernier lieu, les sénateurs soutinrent Octavien
contre son ultime adversaire, Marc-Antoine
et son alliée
Cléopâtre.
La victoire décisive d’Actium
plaça Octavien à la tête des légions romaines. Devenu
l’empereur
Auguste,
il réussit à imposer une paix durable et instaurer un système
de gouvernement qui perdura durant plus de quatre siècles.