SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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Le Major Davel  (Jean-Abram-Daniel, dit le Major Davel, (1670-1723)

 
 

Né à Morrens en 1670, où son père était pasteur, il suit sa mère devenue veuve à Lausanne en 1676, accompagné de ses trois frères et de sa soeur. Dès l'âge de huit ans, il suit les classes du Collège latin de Lausanne. En 1686 il entre chez un notaire pour y faire un apprentissage. Quand il est reçu notaire et peut s'installer à Cully, il n'est âgé que de 18 ans.

Il sera notaire un peu plus de trois ans, entre décembre 1688 et avril 1692. Davel suit la tradition suisse du service mercenaire à l'étranger. La période y est particulièrement propice, puisque la guerre est générale en Europe: le roi de France est aux prises avec une immense coalition allant de l'empereur au roi d'Espagne, du roi d'Angleterre au duc de Savoie. Davel s'engage tout d'abord dans les armées protestantes (la Révocation de l'Edit de Nantes a marqué les esprits), au service de Guillaume d'Orange. En 1708, il quitte l'armée austro-hollandaise pour passer dans les rangs français. Ce changement de cap, quoique conforme aux coutumes de l'époque, constitue un enrôlement tout de même curieux pour ce protestant qui avait vécu la Révocation de l'Edit de Nantes et eu conscience de ses conséquences funestes. Davel fut en outre marqué par l'afflux de réfugiés huguenots.

C’est en 1711 que Davel est de retour à Cully. En 1712, il est du côté des Bernois dans le cadre de la seconde guerre de Villmergen. Après la victoire des cantons protestants, les Bernois lui servent une rente pour les services rendus, il reprend alors ses activités juridiques.

En juillet 1717, il est nommé major d'un des quatre départements militaires du Pays de Vaud, celui comprenant Lavaux, Vevey et Oron. Davel mène alors une existence tranquille. Son état de notable lui procure une place de choix pour observer ce qui se passe autour de lui: l'autoritarisme de Berne dans les affaires militaires, où les Vaudois sont relégués dans des emplois subalternes, les procès, les charges qui pèsent sur les Vaudois quand les gouverneurs comptent sur eux pour s'enrichir en quelques années, la disparition des rares libertés politiques encore concédées aux sujets vaudois.

La situation morale et matérielle dans laquelle végétaient une partie des gens de son pays, le cadre toujours plus contraignant qui était le leur et le mécontentement qui en résultait, ont certainement porté Davel à analyser toujours plus sévèrement l'état des choses et l'ont finalement déterminé à agir contre Berne. Mais comment comprendre plus avant les motivations du major ? Peut-on y voir se dessiner les idées des Lumières ? Le document fondamental pour mieux comprendre sa vision de la situation vaudoise est le Manifeste rédigé par le major. Sorte de cahier de doléances, écrit à la manière d’un réquisitoire. Davel y analyse les défauts et les abus du gouvernement bernois dans l'ordre politique et social. Ses griefs touchent l'administration, le fisc, le commerce, la justice, l'Académie, l'Eglise enfin. On peut être surpris que le thème de la liberté vaudoise n’y soit pas directement abordé, Davel critique surtout le monopole des hautes charges militaires. Les bernois reconnaissent d'ailleurs le bien-fondé des critiques et des revendications de Davel. On a en effet retrouvé les commentaires du plus haut magistrat bernois de l'époque, Christophe de Steiger, qui l'attestent. Les idées des lumières n’ont certainement pas influencé directement le major Davel, la liberté qu’il cherche à acquérir pour les vaudois est avant tout ce qui devrait permettre l’autonomie de la Patrie vaudoise, sans autres visées intellectuelles. Ce que Davel aurait fait du pouvoir conquit sur les bernois, une fois les réformes indiquées dans son Manifeste appliquées, on l’ignore.    

En 1798, avec l’accès à l'indépendance des vaudois, Frédéric-César de Laharpe cherche à faire reconnaître en Davel sinon le précurseur, du moins un martyr des idées nouvelles et surtout de la liberté vaudoise. Mais l’indifférence envers l’entreprise du major est quasi générale. L'Assemblée provisoire du Pays de Vaud réhabilite les condamnés politiques immédiatement après la Révolution, le major Davel ne fait pas partie des élus. C'est Juste Olivier, historien, poète, qui fait véritablement redécouvrir Davel aux Vaudois en 1842. L'obélisque de Cully date de cette époque; le tableau de Gleyre est réalisé en 1850. Les Vaudois ont leur héros.

     

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