Cicéron est né
à Arpinium, dans le Latium, il
appartient à une famille de nobles locaux
de la classe des chevaliers. Sa famille était alliée avec
celle de
Marius, qui en était
alors à son deuxième consulat. Cicéron sera un « homo
novus », c’est-à-dire qu’avant lui aucun
membre de sa famille n’avait exercé de magistrature à Rome.
C’est vers 80
que Cicéron commencera à plaider. Son talent est indéniable
et le milieu lettré dans lequel il grandit lui profita
pleinement. Après la guerre civile ayant opposé Marius et
Sylla
(ce dernier remportant la victoire et se faisant attribuer la
dictature), Cicéron aura l’audace de prendre la défense
d’un homme victime d’un protégé de Sylla ; Cicéron
prononce son
Pro
Roscio Amerino et remporte le procès.
Pour parfaire
sa formation il va séjourner un an en Grèce (Athènes et
Rhodes) où il montrera de l’intérêt pour la philosophie. Il
suivit un cursus honorum remarquable et devint consul en 63.
Les
Verrines (-70
)
Cicéron
fut questeur de
Lilybée en Sicile, il fut apprécié de la population
qui, 5 ans plus tard, fit appel à lui pour défendre ses intérêts
face à Verrès, qui fut
gouverneur de la Sicile de 73 à 71 et qui pilla allégrement
les œuvres d’art des temples et des particuliers siciliens. Ce n’était
pas un procès facile, en effet les partisans de Verrès étaient
puissants. Ils essayèrent de faire repousser le procès pour
que le défenseur de Verrès, Hortensius,
soit consul au moment de celui-ci. Mais Cicéron se montra
habile et réussit à repousser la manœuvre. Dès le début du
jugement Cicéron produisit des preuves accablantes contre son
adversaire qui n’attendit pas la sentence pour s’enfuir… Nous possédons
6 des discours de
Cicéron sur cette affaire,
mais en réalité seul le premier (« prima actio »)
fut prononcé, les 5 autres ("actio secunda") furent
publiés par la suite (notamment le
De
Signis qui traite des vols d’œuvres d’art
par Verrès).
Les
Catilinaires
(-63)
Catilina
est un noble ruiné
qui essaya de parvenir au consulat mais qui échoua aux élections
de 64 et de 63 (face à Cicéron). Il décide alors de sortir de
la légalité pour conquérir le pouvoir. Il rassemble une armée
en Etrurie et organise l’assassinat des hommes les plus
influents à Rome. Cicéron adopte d’abord une position défensive,
il ne peut ouvertement attaquer Catilina qui est soutenu par une
partie du sénat. Avertit par un indicateur, il échappe de
justesse à un attentat fomenté par Catilina. Cicéron décide
de passer à l’attaque et harangue violemment Catilina au sénat
(1e Catilinaire) ; Catilina ne joue pas
finement puisqu’il confirme les accusations de Cicéron en se
réfugiant auprès de son armée. Cicéron en informe le peuple
(2e
Catilinaire). Un nouveau faux pas va définitivement
perdre les conjurés ; ceux-ci promettent à une ambassade
Allobroges
de leur accorder ce qu’ils n’avaient pas reçu du sénat si
ils les aidaient à conquérir le pouvoir. Après avoir hésiter,
les ambassadeurs gaulois rapportèrent tout à Cicéron.
Celui-ci joua finement en indiquant aux Allobroges qu’ils
devaient faire croire qu’ils étaient d’accord et réclamer
des documents écrits.
Lorsque les
ambassadeurs quittent Rome, Cicéron fait attaquer le convoi et
s’empare des documents. Il est désormais en possession
d’une preuve indéniable du complot. Cicéron informe le
peuple de ce qui vient de
se passer (3ème Catilinaire). Le sénat est
consulté sur la peine à infliger aux conjurés :
César
propose la prison à vie, mais Caton
exige la peine de mort. Cicéron se range à ce second avis (4ème
catilinaire). Les conjurés sont exécutés et Catilina est
défait avec son armée.
L’exil
(58-57)
En 60 se forme
le « premier Triumvirat »
entre
César,
Pompée et
Crassus.
Cicéron est devenu indésirable et est abandonné à ses
ennemis. Parmi eux, le plus virulent, Clodius.
Celui-ci va tenter de faire passer une loi condamnant à
l’exil quiconque aurait fait exécuter des citoyens romains
sans se référer à un tribunal; Cicéron était directement
visé pour son attitude avec les conjurés de Catilina ! Avant que la
loi ne soit votée Cicéron part se réfugier à Thessalonique.
Il est rappelé l’année suivante et est accueilli
triomphalement. Mais Cicéron n’a plus la même influence
qu’auparavant. Il se retire partiellement de la vie politique.
Pro
Milone (-52)
Clodius
terrorisait Rome avec une bande qu’il avait recruté. Pour
lutter contre lui, Milon
recruta une bande du même genre. Pendant près de 5 ans les
deux bandes rivales vont s’affronter. En -52,
lors d’une énième bagarre Clodius est blessé et Milon le
fait achever. Un procès est intenté à Milon. Cicéron veut se
charger de la défense de celui-ci. Mais les hommes de Clodius
ne renoncent pas et mettent la pression sur le tribunal. Cicéron
se dégonfle et va prononcer un discours médiocre. Milon sera
condamné. Cicéron, pour racheter sa réputation, publia son
plaidoyer (qu’il avait affiné) : c’est le
Pro
Milone.
Le
gouvernement de la Cilicie.
(-51/-50) La guerre civile (-49/-48)
Cicéron va
accepter le proconsulat de Cilicie
(Asie Mineure). La guerre civile est à ses débuts lorsque Cicéron
rentre à Rome. Il choisit le camp de Pompée. Celui-ci
sera battu à Pharsale puis
assassiner en Egypte en
-48.
Cicéron obtient de pouvoir rentrer à Rome, il devra adopter
profil bas et se contenter de demander à César de pardonner
aux partisans de Pompée.
Les
Philippiques
(-44/-43)
A
la mort de
César,
Cicéron pense qu’il est tend de revenir sur les devants de la
scène. Pour lui le véritable obstacle c’est
Antoine,
l’un des fidèles de César et consul de l’année. Il publie
contre lui une série de discours, les Philippiques (du titre
que portaient les discours prononcés par
Démosthène
contre
Philippe de Macédoine).
Mais bientôt
Octave et
Antoine se réconcilient provisoirement ; c’est Cicéron
qui allait en faire les frais. Octave abandonne Cicéron à
Antoine. Cicéron essaie de fuir mais il est rattrapé par les
hommes de son ennemi, ils lui coupent la tête et les mains !
Antoine les fera placer sur la tribune aux harangues, là
même où Cicéron avait prononcé ses Philippiques…