CHRONOLOGIES

Une série de chronologies diverses et variées. Celles-ci sont classées selon l'ordre des rubriques du menu, mais nous avons aussi indiqué certaines chronologies spécifiques d'une période, d'un règne, d'un pays ou d'un personnage historique...

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Divers >>> Chronologies

Chronologie thématique du St Empire

 

962-1056, l'asservissement de l'Eglise
911 Mort de Louis l'Enfant.
919 Henri Ier l'Oiseleur est choisi.
936 Othon est élu roi de Germanie à la mort de son père Henri Ier l'Oiseleur.
936-973 Règne d'Othon Ier.
septembre 951 Othon Ier se rend à Pavie et y reçoit le titre de "roi des Francs et des Lombards".
953 Révolte du fils d'Othon, Liudolf. Ce dernier y entraîne Conrad le Roux et les Hongrois.
954 Les Hongrois traversent le royaume, vont jusqu'à Metz avant de repartir par le sud.
955 Victoire du Lechfeld sur les Hongrois et de Recknitz sur les Slaves.
960 Appel au secours de Jean XII confronté à Bérenger.
961 Othon franchit les Alpes, dépose Bérenger et prend sa place, sans pour autant annuler l'autonomie du royaume des Lombards dont les institutions furent respectées.
962 Othon prête au pape un "serment de sécurité" s'engageant en outre à lui restituer ce qui appartenait au patrimoine de St Pierre.
2 février 962 Basilique du Vatican, Othon Ier est sacré empereur.
13 février 962 Ottonianum : accorde au Saint-Père les mêmes privilèges que ceux que les Carolingiens avaient reconnus à la papauté (confirmation des territoires du patrimoine de St Pierre) ; reprenant un diplôme de Lothaire Ier, Othon prescrivait à tout nouveau pape de prêter serment entre les mains du souverain ou de son envoyé avant de recevoir la consécration.
963 Intrigues de Jean XII. Réunion d'un concile qui dépose le pape et le remplace par un notaire de la chancellerie pontificale (Léon VIII). Othon exige des romains "qu'ils n'éliraient ni n'ordonneraient aucun pape en dehors du consentement du seigneur Othon ou de son fils".
967 Synode de Ravenne.
25 décembre 967 Othon II est couronné du vivant de son père.
972 Othon II est empereur associé.
7 mai 973 Mort d'Othon Ier le Grand. Othon II devient roi.
973-983 Règne d'Othon II.
980 Après des menées militaires d'un côté comme de l'autre, Othon II et Lothaire, roi de France, parviennent à un accord. Les revendications françaises sur la Lotharingie cessèrent momentanément.
981 Défaite d'Othon II à Cap Colonne. L'autorité de l'empereur n'est pas foncièrement ébranlée, mais les Slaves en profitent tout de même pour attaquer les forteresses de l'Elbe.
983 Othon II, 28 ans, meurt début décembre.
25 décembre 983 Othon III, 3 ans, est couronné.
983-1002 Règne d'Othon III.
984 Soumission d'Henri le Querelleur, qui récupère le duché de Bavière.
995 Appel de Jean XV, malmené par les Crescents, à Othon III, devenu majeur.
21 mai 996 Brunon, chapelain et cousin d'Othon, devenu Grégoire V sacre Othon III.
février 998 Révolte de Crescentius et son pape, Jean XVI (Jean Philagathos).
999 Mort de Grégoire V. Gerbert d'Aurillac devient Sylvestre II.
janvier 1001 Texte solennel définissant clairement les rapports entre pape et empereur. Il y était dit que la Donation de Constantin avait été falsifiée; l'incurie des papes l'avait complètement dévalorisée. Pour Othon la Donation est une imposture. Dans la foulée Othon refusait de confirmer l'Ottonianum et se contenta de donner huit comtés de la Pentapole (il s'agissait bien d'une "donation" et pas d'une "restitution").
janvier 1001 Révolte à Rome, l'empereur est forcé de quitter la ville.
24 janvier 1002 Mort d'Othon III d'un accès de malaria. On enterrait la mirabilia mundi, toutes les merveilles du monde.
1002 Les princes allemands, déçus de la politique d'Othon III, se rallient à Henri, duc de Bavière. L'archevêque de Mayence, Willigis, le sacre dans sa ville (Aix est alors occupé par Hermann, son adversaire pour un temps). Bulle: Renovatio regni Francorum.
1002-1024 Règne d'Henri II de Bavière (le Saint ou le Boiteux).
1007 Henri II se dit Romanorum rex sans avoir été sacré par le pape. Ceci montrant que le roi de Francie orientale était l'empereur-né et devenait roi des Romains à son ascension à la royauté de Francie.
14 février 1014 Benoît VIII, mis sur son siège par les Tusculum, sacre Henri II empereur.
13 juillet 1024 Mort d'Henri II, sans enfants. Avec la mort de ce prince se ferme le chapitre des ottoniens.
1024-1039 Règne de Conrad II.
1025 Des troubles agitent l'Italie ; Le palais royal de Pavie est détruit par les émeutiers. Conrad rappelle alors qu'à la mort du roi, la royauté continuait, de la même manière qu'un navire ne disparaît pas quand le pilote tombe à la mer.
vers 1025 Burchard de Worms expose dans son Décret (compilation canonique) le projet d'Henri II comme un modèle à réaliser.
1026 Campagne en Italie pour soumettre les rebelles.
Pâques 1027 Conrad II est couronné par le pape.
1028 Conrad fait élire son fils de 9 ans et lui confie le duché de Bavière.
4 juin 1039 Mort de Conrad II. Son fils, Henri III, est élu par les princes.
1039-1056 Règne d'Henri III
1039 A 21 ans, Henri monte sur le trône de son père sans la moindre opposition.
1044 Victoire de l'empereur à Mensô sur les hongrois. Pierre est mis sur le trône hongrois, il offre la Sainte Lance à l'empereur, lequel la transmet à la papauté. Grégoire VII et Innocent III en profiteront pour réclamer la suzeraineté sur la Hongrie.
1046 Trois papes à Rome : Benoît IX, Sylvestre III et Grégoire VI. Comme "Ami du Christ", oint du Seigneur et son vicaire ici-bas, Henri ne pouvait laisser la papauté dans ce lamentable état.
24 décembre 1046 Synode de Sutri : Henri prononce la déchéance des deux derniers papes, la même sentence tombera sur Benoît IX à Rome. Swidiger de Bamberg, devient Clément II (après que l'archevêque Adalbert de Brême eut refusé le poste).  Clément II voulait ramener l'Eglise à la pureté de ses origines.
Octobre 1047 Clément II est mort ; Poppon de Brixen devient Damase II. Il meurt trois semaines plus tard.
1048 L'évêque de Toul, Brunon d'Eguisheim, devient Léon IX. L'empereur l'avait préféré à l'archevêque Halinard de Lyon, lequel avait refusé de prêter serment considérant les destitutions de Sutri contraire aux Evangiles et à la règle de St Benoît.
1049-1054 Pontificat de Léon IX.
1049 Synode de Mayence. Pape et empereur siège côte à côte pour promouvoir l'esprit réformateur.
1049 Pierre Damien adresse à Léon IX le premier de ses grands écrits réformateurs, le Liber Gomorrhianus sur les désordres du clergé,
1052 Pierre Damien adresse à l’archevêque Henri de Ravenne son Liber gratissimus, important traité canonique sur la reconsécration des simoniaques, problème majeur à la veille du conflit des Investitures.
1053 Défaite du pape à Civitate face aux Normands.
1054 Schisme entre l'Eglise d'Orient et d'Occident.
1054 Mort de Léon IX. Victor II prend sa succession (il mit cinq mois pour accepter et attendit encore sept mois pour recevoir la consécration).
 
1056-1122, l'émancipation religieuse
1056 Mort de Henri III. Agnès est chargée de la régence du jeune Henri IV.
1056-1106 Règne d'Henri IV.
1057 Humbert de Moyenmoûtier publie l'Adversus simoniacos dans lequel il rappelle que dans la coopération entre empire et sacerdoce c'est l'Eglise, âme du corps ecclésial dont le roi est la tête, qui détermine ce qu'il faut faire. Il reconnaît que le roi prend part à l'élection des prélats, mais souligne que cela ne signifie pas qu'il lui revient des les choisir et encore moins de les investir.
1058-1061 Pontificat de Nicolas II.
Décembre 1058 Nicolas II élu pape. Il obtiendra notamment un serment de fidélité des princes normands en échange de leur investiture.
13 avril 1059 Décret de Nicolas II réservant l'élection du pape en premier lieu aux seuls cardinaux. Le même synode publie le même jour un autre décret condamnant le concubinage des prêtres (nicolaïsme) et interdisant aux clercs de recevoir des élises d'un laïc (simonie). 
1061-1073 Pontificat d'Alexandre II.
1061 Mort de Nicolas II, Alexandre II est élu. A nouveau la cour impériale n'eut pas son mot à dire, comme pour les élections d'Etienne IX et de Nicolas II. Henri IV était encore mineur. On opposa à Alexandre un anti-pape, Honorius II (Cadalous).
29 mars 1065 Adoubement d'Henri IV.
1073-1085 Pontificat de Grégoire VII.
avril 1073 À la mort d’Alexandre II, son conseiller fut acclamé par les clercs et les fidèles romains pendant la cérémonie funèbre, aux cris de «Hildebrand évêque!». Bien que cette désignation fût contraire aux dispositions du récent décret de Nicolas II (1059) sur l’élection pontificale, Hildebrand fut reconnu pape et couronné; il prit le nom de Grégoire VII.
1073 Grégoire VII souhaite voir l'empereur se séparer d'un certain nombre de conseillers qu'il tenait pour des hommes pervers.
1074 Concile de Rome ; vise à éradiquer la simonie et le nicolaïsme.
1075 Tout au long de l'année le pape publie des décrets centralisant les pouvoirs entre ses mains comme jamais. Ce faisant, il lance ce que les historiens appelleront plus tard la réforme grégorienne.
1075 Publication du Dictatus Papae. Liste de vingt-sept brèves propositions qui proclamaient les décrets souverains du pape en divers domaines. Détails: Dans la «société chrétienne» dont la foi cimente l'unité, le pouvoir appartient à «l'ordre sacerdotal» ; «l'ordre laïque» n'a d'autre fonction que l'exécution des commandements formulés par «l'ordre sacerdotal». En effet le souverain pontife est le seul qui puisse porter les insignes impériaux. Où qu'ils se trouvent tous les détenteurs d'une parcelle de pouvoir temporel doivent obéissance à celui qui représente « l'empereur suprême », le Christ. Au sens strict du terme, ils n'ont aucune autorité. Celle qu'ils exercent leur a été déléguée ; elle peut leur être retirée, même s'ils sont empereurs. C'est au pape qu'il revient de se prononcer sur leur aptitude à s'acquitter de leur fonction. Bien entendu, il peut juger tout le monde, mais personne ne peut le juger. L’empereur n'était pas un personnage sacré et ne pouvait pas l'être parce qu'il n'était qu'un laïc.
Février 1075 Synode tenu par Grégoire VII ; interdiction de l'investiture laïque.
Juin 1075 Henri IV bat les rebelles saxons sur l'Unstrut.
8 décembre 1075 Grégoire VII résume dans une lettre à l'empereur les exigences du Dictatus. Ses ordres sont aussi contraignants que ceux de Dieu et les laïcs, si haut placés soient-ils, doivent obéir au successeur de Pierre.
24 janvier 1076 Assemblée à Worms ; document enjoignant au "faux moine Hildebrand" de descendre de son trône usurpé. Le pape est déposé.
Février 1076 Le pape délie les sujets de l'empereur de leur serment de fidélité. Il procède avec humilité en rappelant qu'il n'a jamais été entraîné par l'ambition de monter sur son Siège.
Août 1076 Première lettre de Grégoire à l'évêque de Metz Hermann.
1 novembre 1076 Les "grands" invitent le pape à  la diète devant se tenir le 2 janvier à Augsbourg.
25-27 janvier 1077 L'empereur se rend en pénitent à Canossa.
13 mai 1077 Les "grands", rejoints par trois archevêques d'Allemagne, déposent Henri IV et le remplace par le duc de Souabe, Rodolphe.
1080 Henri IV est à nouveau excommunié après avoir demander au pape d'excommunier Rodolphe de Rheinfelden. Demande formulée sur un ton comminatoire et assortie d'une menace de déposition. La seconde excommunication fait plus référence aux fautes politiques du "coupable".
Juin 1080 Synode de Bressanone. Grégoire est déposé par de nombreux évêques et plusieurs cardinaux. Excipant de son titre de patrice, Henri désigne l'archevêque de Ravenne, Guibert, qui devient Clément III.
1080 Mort de Rodolphe. Hermann de Salm prend sa suite en août 1081.
1081 Lettre au pontife de l'archevêque de Trèves, Wenrich, résumant les arguments de l'épiscopat allemand : il s'élève contre les décrets réformateurs et particulièrement contre l'interdiction de l'investiture laïque. Il insiste sur le fait que le roi est le représentant de Dieu sur terre et qu'il faut donc lui obéir. L'Eglise ne doit pas s'occuper des affaires royales.
 Mars 1081 Seconde lettre de Grégoire à l'évêque de Metz Hermann.
1081-1084 Petrus Crassus rédige un Defensio Henrici regis (attaque contre Grégoire VII et son action).
1084 L'anti-pape d'Henri IV, Clément III, couronne Henri empereur.
1085 Manegold de Lautenbach, suivant Bernold de Constance, souligne que les rois, liés à l'Eglise, doivent tenir leurs engagements et que le pape a donc le droit de contrôler les actes de la puissance politique.
25 mai 1085 Mort de Grégoire VII. Victor III est désigné mais ne régna qu'un an ; Urbain II lui succède.
1085-1086 Benzon, évêque d'Albe, rédige un traité intitulé Liber ad Henricum où il exalte la souveraineté de l'empereur.
1095 Conrad, le fils d'Henri IV, rallie le camp adverse.
27 novembre 1095 Urbain II prêche la croisade à Clermont.
15 juillet 1099 Jérusalem est reprise. Jacques Le Goff écrit : "la Croisade, si elle montre une chrétienté enfin sûre d'elle-même, la montre aussi devenue allergique à autrui. Elle ne cherche plus qu'accessoirement à convertir, elle massacre".
1099 Pascal II succède à Urbain II.
août 1106 Mort de Henri IV, prisonnier de son second fils, Henri.
1106-1125 Règne de Henri V.
4 février 1111 Accord signé à Sutri sur les bases duquel les liens unissant l'épiscopat à l'empire étaient tranchés, les évêques abandonnant biens et droits régaliens l'empereur n'avait plus de raison de les investir.
12 février 1111 Protestation des évêques présent au sacre d'Henri à la lecture des accords du 4 février. Henri déclare alors l'accord inapplicable, le pape refuse de le sacrer. Sur le champ, le souverain pontife est arrêté.
12 avril 1111 Capitulation complète du pontife qui reconnaît l'investiture laïque et qui couronne Henri V le lendemain.
Mars 1112 Concile du Latran qui annule les concessions du pape. On renie le privilegium que l'on dénonce comme étant un pravilegium.
Pâques 1115 Henri V est excommunié.
1116 Politique de reconquête de l'Italie.
1119-1124 Pontificat de Calixte II
Novembre 1119 Mort de Gélase II à l'abbaye de Cluny. Il fut le successeur de Pascal II et opposé à l'anti-pape fantoche Grégoire VIII. Calixte II lui succède.
29 septembre 1121 Diète de Würzburg confirmant les engagements de l'empereur de se soumettre au pape à condition que "l'honneur du royaume" soit préservé. Un an de dures négociations s'engageaient.
1122-1356, l'attaque politique
23 septembre 1122 Concordat de Worms, accord sur les élections épiscopales et reconnaissance de la prééminence de l'autorité ecclésiastique sur celle des laïque. Calixte II, qui avait succédé à Gélase II, permettait que dans le royaume d'Allemagne Henri V assistât aux élections. L'investiture temporelle par la remise du sceptre interviendrait en Allemagne six mois avant avant le sacre, au plus tard six mois après en Italie et en Bourgogne.
1123 Concile Latran I. Convoqué par Calixte II, met un terme à la Querelle des investitures.
1125 Mort d'Henri V, sans enfants.
1125-1137 Règne de Lothaire de Supplinbourg (ou Lothaire III de Saxe)
1125 Lothaire, duc de Saxe, est préféré par les "grands" à Frédéric de Souabe et à Léopold de Babenberg.
1130 Schisme opposant Innocent II et Anaclet II. Ce dernier s'empare de Rome avec l'aide de Roger de Sicile. Innocent, réfugié auprès de l'abbé de Clairvaux, obtient le soutien de Lothaire.
1131 A Liège, l'empereur prend le cheval du pape par la bride. Par la suite, on dit que Lothaire avait été l'écuyer du pape.
1133 Innocent II précise, dans un sens favorable à l'empereur, ce qu'avait institué le concordat de Worms en décidant qu'à l'avenir les prélats prêteraient hommage pour les biens reçus en fief.
4 juin 1133 Lothaire est couronné par Innocent II.
1133 Lothaire se fait remettre un anneau pour signifier qu'il recevait les biens de Mathilde du Saint Siège. Une fresque détourne la signification de ce geste en représentant Lothaire à genoux recevant des mains d'Innocent II la couronne.
1136 Lothaire revient mettre de l'ordre en Italie où les normands avaient remis Anaclet au pouvoir.
1137 Rencontre à Bari entre le pape et l'empereur, ils se disputent la suzeraineté des fiefs des Pouilles.
1138 Henri le Superbe, duc de Bavière, gendre de Lothaire, reçu le duché de Saxe et les biens de Mathilde, mais, trop sûr de lui, Henri se fit supplanter par Conrad couronné par le légat du pape et confirmé dans ses fonctions par les électeurs.
1138-1152 Règne de Conrad III de Staufen
1138 Début de la lutte entre guelfes et gibelins.
1139 Le IIe Concile de Latran. Fin du schisme d'Anaclet et condamnation d'Arnaud de Brescia.
1141 Mort d'Hugues de Saint Victor. Auteur du Des sacrements de la foi chrétienne.
1147 Conrad participe avec Louis VII à la deuxième croisade.
15 février 1152 Mort de Conrad III.
avril 1152 Avènement de Frédéric Ier, neveu et successeur de Conrad III.
1152-1190 Règne de Frédéric Ier
1153 Mort de Saint Bernard. Auteur du traité De conversatione dans lequel il explique les devoirs et le rôle du pape à Eugène III.
1154 Frédéric part pour se faire couronner empereur; il aide le pape Hadrien IV à réprimer la commune romaine d’Arnaud de Brescia.
6 juin 1155 Rencontre entre Frédéric et le pape Eugène III à Sutri. Refus de Frédéric d'être l'écuyer du pape.
18 juin 1155 Frédéric est sacré empereur.
Juin 1156 Paix de la papauté avec les Normands à Bénévent.
Octobre 1157 Incident de la diète de Besançon. Le message en latin des légats pontificaux indiquait que Frédéric aurait pu recevoir du pape de plus grands beneficia. Rainald de Dassel traduisit ce mot pouvant signifier bienfaits par fief. Cela déclancha le tumulte et l'un des légat s'écria : "De qui l'empereur tient-il l'empire sinon du pape ?".
1159-1181 Pontificat d'Alexandre III.
1159 La Curie élit Alexandre III pape, mais l’empereur suscite un autre pape, Victor IV.
1159 Mort de Rufin d'Assise. Il a insisté sur la séparation des pouvoirs dans sa Somme, écrite en 1157-1159.
1160 Concile de Pavie pour départager Alexandre III et Victor IV. L'empereur se prononça pour Victor, mais cette décision resta sans écho en dehors de l'Empire.
1160 Alexandre III excommunie l'empereur.
1162 Frédéric rase Milan.
1164 Election de Pascal III, le schisme se poursuit donc.
1165 Diète de Wurzbourg. Frédéric jure de ne jamais reconnaître Alexandre et tous les évêques se voient imposer l'obéissance à Pascal.
1167 Alexandre s'enfuit de Rome, Frédéric installe Pascal III sur le trône pontifical. Une terrible épidémie frappe bientôt l'armée de l'empereur.
1170 (env.) Mort de Geroh de Reichersberg. Auteur de nombreux textes concernant la lutte entre Eglise et Empire. Retenons le Liber de aedificio Dei qui fait la distinction entre affaires ecclésiastiques et séculières.
1170 Bulle Non est dubium d'Alexandre III qui annonce son intention de frapper d'excommunication ceux qui rompraient l'union de la Ligue (villes lombardes - Papauté contre Frédéric).
1171 Mort d'Etienne de Tournai. Il rédige un traité canonique qui distingue les deux domaines, les deux gouvernements. Mais met en avant une société spirituelle régie par la loi religieuse.
1174-75 Siège de la cité d'Alexandrie.
1175 Henri le Lion refuse son aide à Frédéric en difficulté face aux Lombards.
20 mai 1176 Défaite de Legnano, l'empereur est forcé de mettre fin à la guerre et au schisme.
Juillet 1177 Les préliminaires de paix d'Anagni sont confirmés à Venise. Barberousse reconnaît Alexandre comme pape, lui tint l'étrier après un sermon vantant la coopération des deux pouvoirs. L'empereur renonce à la suzeraineté sur la Sicile, assure la paix aux villes lombardes et en Sicile. Alliance par mariage du fils de Frédéric avec l'héritière normande.
1179 Henri le Lion est mis au ban de l'empire. Les Staufen ont démantelé la puissance des Welfs, mais la guerre reprendra avec leurs enfants, compliquée par l’intervention de Richard Cœur de Lion.
1179 IIIe Concile de Latran décrétant que pour l’élection d’un pape une majorité des deux tiers était nécessaire.
1180 (env.) Mort de Jean de Salisbury. Auteur du Polycraticus (1156) qui est une réflexion sur le bon ou le mauvais gouvernement.
1184 Rencontres entre Lucius III et Frédéric ; le seul accord porte sur la lutte contre les hérétiques. Il y eut des étincelles sur différents points (élection du fils de Frédéric, Henri, revenus des domaines impériaux de la péninsule, élection à l'archevêché de Trèves) mais pas d'incendies.
1186 Urbain III succède à Lucius III.
1188 Huguccio, canoniste, maître d'Innocent III, rédige une Somme dans laquelle il explique que l'un des pouvoirs ne dépend pas de l'autre.
1190-1197 Règne de Henri VI
1193 Mort de Saladin.
1194 Campagne en Sicile de l'empereur. Annexion des possessions de Tancrède de Lecce.
1197 Révolte en Sicile. Elles seront réprimées de façon particulièrement cruelle.
1197 Mort d'Henri VI.
1198-1218 Règne de Othon IV
1198-1216 Pontificat d'Innocent III.
1198 Les guelfes élisent Othon de Brunswick, fils d'Henri le Lion ; les gibelins élisent Philippe de Souabe, frère d'Henri VI. Innocent III revendique l'arbitrage du conflit. Les princes protestent (Spire), sans succès.
1200 "Délibération sur le problème de l'Empire": le pape appuie Othon qui a cédé sur les droits impériaux en Italie centrale et sur la suzeraineté de la Sicile.
1202 Décrétale Per venerabilem, Innocent III revendique la souveraineté unique sur le monde, mais une souveraineté "retenue" dans le domaine politique. L'empire relève du pape principaliter (c'est-à-dire dans son origine) et finaliter (dans sa fin).
1204 Décrétale Novit adressée à Philippe Auguste au sujet de la paix avec Jean sans Terre.
Mai 1208 Malgré son choix de 1200, Innocent III trouve une solution de compromis avec Philippe.
21 juin 1208 Assassinat de Philippe, lequel avait pourtant l'avantage sur le terrain, par le comte palatin de Bavière à Bamberg.
4 novembre 1209 Othon IV est couronné empereur.
1210 Othon entreprend, en dépit des accords avec la papauté, la reconquête de la Sicile. Innocent III réagit en excommuniant l'empereur. 
1211 Frédéric-Roger, le jeune roi de Sicile, devient Frédéric II.
1213 Bulle d'Or d'Eger: confirme la restitution des biens de l'Eglise, renonciation à la clause du concordat de Worms qui prévoyait la présence de l'empereur aux élections épiscopales. L'empereur garanti les biens de l'Eglise et reconnaît la suzeraineté papale sur la Sicile. Véritable affranchissement de la tutelle allemande. 
1214 Défaite de Othon IV à Bouvines.
1214-1250 Règne de Frédéric II
1217 Honorius III devient pape ; Frédéric profite de sa souplesse pour revenir sur ses promesses de 1213.
Avril 1220 Henri (VII), fils de Frédéric II, est élu roi des romains.
1225 Promesse de partir pour la croisade au plus tard en 1227.
1227 Avènement de Grégoire IX. Il fit assembler les principales décrétales pontificales promulguées depuis le milieu du XIIe siècle, ce qui constitua, avec le Décret de Gratien, le Corpus juris canonici.
1227 Grégoire IX excommunie Frédéric suite à son départ à nouveau reporté pour la croisade.
1230 Tancrède de Bologne. Reprend la doctrine d'Alain (1215) selon laquelle le pape peut déposer l'empereur, mais pas pour n'importe quel crime.
1230 Paix de San Germano. Le pape avait envahit les Pouilles, mais suite au retour de l'empereur de croisade le pape est battu.
1231 Statutum in favorem principum : fait des princes les détenteurs de la haute justice sur leurs terres, leur octroie une large autonomie et des droits étendus. Les princes sont les véritables domini terrae.
1231 Constitution de Melfi (ou Liber augustalis): Frédéric s'y présente comme le nouveau Justinien et comme le nouvel Auguste. Il met en avant le "règne des lois" qui s'étend à tout le royaume. Il y exalte la monarchie absolue et la réforme administrative.
1235 Diète de Mayence réglant la Fehde (guerre) et décidant la guerre contre les lombards.
1237 Après que Henri (VII) fut mis aux arrêts quelques années auparavant, c'est Conrad qui est élu roi des romains.
1237 La ligue lombarde est écrasée à Cortenuova.
24 mars 1239 Seconde excommunication de Frédéric par Grégoire IX.
1241 La flotte de Pise, alliée de l'empereur, attaque les navires gênois qui transportaient des évêques convoqués au Concile de Rome destiné à condamner l'empereur.
1243-1254 Pontificat d'Innocent IV.
1243 Mort de Grégoire IX, Innocent IV prend sa place en Juin.
1245 Concile de Lyon ; Innocent IV déclare l'empereur dépouillé par Dieu de tous ses honneurs. Henri Raspe est choisi comme antiroi. La bulle Aeger cui lenia suit la sentence et répond aux attaques du roi.
13 décembre 1250 Mort de Frédéric II.
1250-1273 Grand interrègne, "Kaiserlose schreckliche Zeit".
1247-1256 Guillaume de Hollande est opposé à Frédéric II puis à Conrad IV.
1252 Création de la Ligue Rhénane.
1266 Manfred (fils de Frédéric II) et Conradin (petit-fils de Frédéric II) se heurtent à Charles d'Anjou. Charles d’Anjou, frère de Saint Louis et comte de Provence. Avec l’appui des banques florentines, il s’assure du Piémont et de la Toscane, devient sénateur de Rome et tue Manfred à Bénévent (févr. 1266).
1268 Le dernier prétendant Hohenstaufen, Conradin, est battu à Tagliacozzo et exécuté à Naples
1257-1272

Les électeurs divisés désignent les uns un beau-frère de Frédéric II, Richard de Cornouailles, frère de Henri III d’Angleterre, les autres Alphonse X de Castille, dont le grand-père était Philippe de Souabe. Chacun des deux vise l’Italie en se faisant élire roi de Germanie. Le premier est lié à la papauté, le second aux gibelins, le parti impérial en Italie, mais le pape n’accepte aucun d’eux.

1271 Mort d'Henri de Suse, connu sous le nom d'Hostiensis. Dans sa Somme il souligne que les deux juridictions sont distinctes mais que si une entreprise a une connexion, même secondaire, avec le domaine religieux l'autorité spirituelle peut intervenir. 
Août 1273 Grégoire X invite les électeurs à désigner un nouveau roi.
1 octobre 1273 Rodolphe de Habsbourg est élu.
1273-1291 Règne de Rodolphe de Habsbourg
24 octobre 1273 Rodolphe est sacré empereur.
1274 Mort de Thomas d'Aquin. Expose sa vision du conflit entre pape et empereur dans le traité De regimine principum. Il y soutient l'autonomie du pouvoir politique qui a en charge le "bien civil" et qui ne peut être soumis au spirituel que très exceptionnellement.
1275 Ottokar, roi de Bohême, est déclaré félon et mis au ban de l'empire.
1276 Ottokar est vaincu et doit faire amende honorable. Mais la guerre reprend bientôt.
1276 Mort de Grégoire X.
26 août 1278 Ottokar est défait et tué.
1282 Les possessions autrichiennes du fils d'Ottokar, Wenceslas, sont confiés aux fils de Rodolphe.
1291 Mort de Rodolphe. Les princes choisissent Adolphe de Nassau pour le remplacer.
1292-1298 Règne d'Adolphe de Nassau
Mai 1300 Boniface adresse une lettre dans laquelle il rappelle aux électeurs, qui viennent de déposer Adolphe de Nassau et de le remplacer par Albert de Habsbourg, que c'est de l'Eglise romaine qu'il tiennent leur privilège d'élection.
1298-1308 Règne d'Albert de Habsbourg
1301 Gilles de Rome écrit le De ecclesiastica potestate. En 1285 il avait écrit un De regimine principum. Il proclame la prééminence spirituelle et temporelle du pape.
5 décembre 1301 Boniface VIII publie la bulle Ausculta fili. Le pape invite Philippe le Bel à s'expliquer de ses nombreux méfaits. 
7 septembre 1303 Guillaume de Nogaret, conseiller de Philippe, se rend en Italie pour arrêter le pape. Le pape est insulté à Anagni, peut-être même frappé.
11 octobre 1303 Boniface VIII meurt.
1306 Mort de Jean de Paris. Il a rédigé le De potestate regia et papali dans lequel il prône la séparation des deux domaines et des deux offices.
1307 Mort de Jacques de Viterbe. Auteur du De regimine christiano où il justifie l'autorité du pape. Le pape, vicaire du Christ, réalise, par sa fonction et non par sa personne, l'unité, la catholicité, l'apostolicité.
Mai 1308 Albert est assassiné.
1308-1313 Règne d'Henri VII
1301 Dante écrit le De Monarchia, violente critique de la papauté et de Boniface VIII en pariculier.
1302 Quaestio de potestate papae (ou Rex pacificus), ouvrage anonyme qui prône une collaboration étroite de l'Eglise et de l'Etat, qui ne peut toutefois être réalisée qu'à condition d'être conduite par le roi à la puissance duquel la Papauté ne peut en aucun cas porter atteinte.
1313 Henri VII meurt d'un accès de fièvre. Il était de retour de Rome où il venait d'être couronné par des cardinaux du Latran.
1313 Les princes se divisent entre Louis IV de Bavière et Frédéric le Beau de Habsbourg.
1314-1347 Règne de Louis IV de Bavière
1322 Frédéric le Beau perd la Bataille de Mühldorf face à Louis.
8 octobre 1323 Jean XXII déclare le trône vacant puisque la désignation de Louis n'avait pas obtenu l'approbation pontificale.
1324-1328 (env) Agostino Trionfo ecrit Summa de potestate ecclesiastica reprenant, dans l'ensemble, les idées de Gilles de Rome.
23 mars 1324 Jean XXII prononce l'excommunication de Louis.
1324 Louis, dans la chapelle des Teutoniques de Sachsenhausen, lance un appel au concile général pour juger le pape.
14 juillet 1324 Le pape déclare le roi déchu.
17 janvier 1328 Nomination de l'anti-pape Nicolas V.
1330 Mort de Frédéric le Beau, il avait cédé tous ses droits. 
1334-1342 Pontificat de Benoît XII. Pause apparente du conflit.
17 mai 1338 Louis lance le manifeste Fidem catholicam. Il y proclame que l'empereur occupait un rang aussi élevé que le pape et qu'il n'avait nul besoin de l'approbation pontificale pour remplir sa mission.
16 juillet 1338 Les électeurs se réunissent à Rhense et adoptent le point de vue de Louis.
1339-1341 Guillaume d'Occam rédige son Dialogus, le principal de ses ouvrages théologique. Il critique violemment l'Eglise d'Avignon, déformation de la véritable Eglise à ses yeux.
1340 Alvaro Pelagio termine son De statu et planctu Ecclesiae, le pontife y est exalté comme un quasi deus.
1342 (env.) Mort de Marsile de Padoue. Auteur du Defensor pacis, oeuvre maîtresse des débats politiques au moyen age. Analyse les relations de l'Eglise et de l'Etat. Tout pouvoir est d'origine humaine (legislator humanus). La vie spirituelle et temporelle sont distinctes et n'ont de liens qu'à l'intérieur de l'homme.
1342 Clément VI somme Louis d'abdiquer.
11 juillet 1346 Charles, margrave de Moravie, fils de Jean de Bohême est élu roi par son père, le duc de Saxe et les trois électeurs ecclésiastiques. Clément VI appuie fortement ce choix.
11 octobre 1347 Louis IV meurt sans avoir pu profiter du vent favorable contre son adversaire Charles.
1346-1378 Règne de Charles IV
6 janvier 1355 Charles reçoit la couronne des Lombards.
Pâques 1355 Charles est sacré.
25 novembre 1355 Assemblée solennelle à Nuremberg avec comme but de mettre de l'ordre dans les institutions et d'en corriger les défauts. 
Décembre 1356 Publication de l'ensemble des actes de l'Assemblée. C'est rien de moins qu'un code impérial (Kaiserliches Rechtsbuch), on l'appellera à partir du XVe siècle la Bulle d'Or.
Détails du contenu de la Bulle d'Or 31 clauses, dont quatre seulement ne concernent pas l'élection du roi des Romains (une définition de la Fehde, l'interdiction de créer des ligues urbaines, l'interdiction d'accorder le droit de bourgeoisie à des personnes n'habitant pas en ville, la condamnation des péages illégaux). Tout le reste réglait minutieusement la désignation du souverain et le statut des princes constituant le corps électoral. Elle fixe à 7 le nombre d'électeurs : 3 ecclésiastiques (archevêques de Cologne, Mayence, Trèves), 4 laïcs : margrave de Brandebourg, duc de Saxe, comte palatin du Rhin (à Heidelberg) et roi de Bohême. La Bulle passe sous silence l'approbation et la confirmation revendiquées par le souverain pontife, pas plus que n'est évoqué le vicariat auquel le St Siège prétendait pendant la vacance de l'empire. Le rôle des électeurs était aussi élargi.
1368 Charles IV et Urbain V se trouvent durant deux mois à Rome.
1er juin 1376 Wenceslas, fils de Charles, est élu roi et on prévoit de le faire empereur mais le pape proteste. Qu'un roi soit sacré sans l'accord du pape était inadmissible. Les électeurs confirment leur vote et poussent au sacre.
1377 (env) John Wyclif rédige son De civili domino. En 1378 il rédige le De Ecclesia dans lequel il dénonce la propriété ecclésiastique, particulièrement celle de la papauté.
1378 Mort de Grégoire XI. Urbain VI est nommé pape. Mais les cardinaux considèrent l'élection comme nulle et choisissent Clément VII.
29 septembre 1378 Charles IV meurt avant que la nouvelle du schisme ne l'eût atteint.
1417 Concile de Constance. Martin V devient pape.
 

Retour sur les chronologies

Retour sur l'histoire du Moyen age

 

 

 

 
 
 
Copyright © Yannick RUB