Homme
d’État romain dont le conservatisme profond et les principes
rigides lui valurent le surnom de Caton le
Censeur. Sa politique anti-carthaginoise déclencha la troisième
guerre punique.
Caton
était un parvenu. Sa famille venait de Tusculum et aucun de ses
ancêtres n’avait eu rang de sénateur,
il est le fils
d’un gros fermier du pays des Sabins. Homme
d’État, orateur et écrivain de talent, il
participe
à la seconde guerre punique (-217),
à la conquête de l’Espagne et à la campagne contre le roi
de Syrie, Antiochos III
le Grand, en -191.
Il
se fit surtout connaître en -195 par les victoires
militaires qu’il remporta en Espagne alors qu’il était
consul. Plus tard, il se distingua à la
bataille
des Thermopyles, où les Romains écrasèrent le
roi Antiochus III.
Ses
appels constants au Sénat pour la destruction de Carthage jouèrent
un rôle non négligeable dans le déclenchement de la troisième
guerre punique. Il redoutait en effet la prospérité
renaissante de la ville africaine. Afin d'alerter les Romains
sur les risques de revanche de Carthage, il termina ses discours
au Sénat par la formule "Delenda est Carthago"
("Il faut détruire Carhage").
Caton
devint le défenseur le plus vigoureux des
vertus traditionnelles romaines. Il s’insurgea contre
l’influence montante de la culture et des mœurs grecques (incarnées
notamment par le "cercle des Scipions"), et
mena campagne pour le retour à une morale
conservatrice. Les
nobles et les femmes sont particulièrement visés par les lois
de ce terrien misogyne.
Il
écrivit une histoire de Rome, Origines , célèbre
dans l’Antiquité, et un vaste traité d’agriculture, De
Agricultura, fournissant des conseils détaillés
aux propriétaires terriens sur des sujets aussi divers que
l’outillage ou la façon de traiter les esclaves.
Luttant
sans faillir pour un retour à la morale traditionnelle romaine,
il défendit l’idéal du Romain
soldat-laboureur. Élu censeur en 184 avant JC, il imposa
des principes rigides et fit chasser du Sénat tous ceux qui en
étaient indignes (c'est ce qui le rendit célèbre). Il éduqua
lui-même son fils, Caton le Jeune,
en alternant exercices physiques et intellectuels. Ce dernier
devint un farouche défenseur de la République et l’opposant
le plus virulent de
Jules
César. Le
père et le fils furent les derniers grands républicains
romains. Caton l'Ancien fut et restera le symbole de la virtus
romaine.
Plutarque, qui a écrit une biographie de Caton,
n'a pas caché les revers
de ce personnage: l’avarice, la sécheresse de coeur
sont les traits dominants de
ce caractère autoritaire. Caton l’Ancien spécule notamment
sur
la vente des esclaves, qu’il élève pour le profit. Il n'hésite
pas à les faire châtier pour une peccadille.