LE RAPPORT BERGIER

La Suisse durant la Seconde Guerre mondiale: Analyse du rapport Bergier et des transactions suisse sur l'or. Nous vous conseillons la lecture du dossier consacré à l'or nazi en guise d'introduction ou de complément au présent dossier.

 

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 Les lacunes du rapport Bergier

 
 

Editorial du journal le Temps, mardi 10 octobre 2000. Auteur: Eric Hoesli

 

"Tout n'a pas encore été dit dans le débat sur l'attitude de la Suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Les travaux d'un groupe de chercheurs genevois viennent jeter un éclairage nouveau sur la question du refoulement des réfugiés civils, et particulièrement des réfugiés juifs. 

Selon les conclusions de ces historiens genevois, le nombre des réfugiés juifs refoulés à nos frontières pourrait être très largement inférieur aux estimations jusqu'ici avancées par les spécialistes. Il serait en tout cas très inférieur aux chiffres retenus par les historiens de la Commission Bergier dans leur rapport intermédiaire. Du coup, la polémique s'enflamme. La commission chargée de conduire l'examen collectif de mémoire n'a-t-elle pas failli à sa tâche? A-t-elle jeté trop prestement l'opprobre sur la politique de fermeture des frontières? C'est la thèse qu'esquissent quelques âpres critiques de la Commission Bergier, tel le professeur Jean-Christian Lambelet, qui voit confirmés les doutes qu'il avait lui-même émis au terme de ses propres travaux sur le sujet. Le débat est d'importance, il touche à l'un des points les plus sensibles de notre histoire. De 1995 à 1999, il a fallu du courage pour entamer et conduire, sous des pressions internationales parfois démesurées, des recherches historiques qui ressemblaient furieusement à un examen de conscience. C'était une obligation morale envers les victimes de notre politique d'alors, quel qu'en soit le nombre. La Suisse s'en est acquittée avec dignité, alors que bien d'autres nations se sont épargné jusqu'ici ce terrible exercice.

Aujourd'hui, la pression est retombée, un accord financier a été conclu, et la tentation est là de passer à autre chose. Le même courage, pourtant, le même devoir envers les générations passées commande maintenant de poursuivre ce travail de vérité jusqu'au bout. Et tant pis s'il faut bousculer la toute nouvelle histoire officielle. Ce débat n'est pas la propriété des historiens, il mérite d'être public. Le voici ouvert dans ces colonnes."

     

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 Source

Editorial du journal le Temps, mardi 10 octobre 2000. Auteur: Eric Hoesli

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