LE RAPPORT BERGIER

La Suisse durant la Seconde Guerre mondiale: Analyse du rapport Bergier et des transactions suisse sur l'or. Nous vous conseillons la lecture du dossier consacré à l'or nazi en guise d'introduction ou de complément au présent dossier.

 

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 Secret bancaire et implication des industries suisses

 
 

Le secret bancaire

Le secret bancaire, établi en 1934, a fait de la place financière suisse un lieu privilégié de placement. Beaucoup de juifs tués par les nazis y avaient ouvert un compte. Quand leurs héritiers réclament l'argent aux banques suisses après la guerre, ils obtiennent rarement satisfaction. Selon plusieurs témoignages, on leur demande un impossible certificat de décès du titulaire mort à Auschwitz. Ou on leur répond que toute trace du compte a disparu.
Selon les organisations juives, les «fonds en déshérence» restés dans les banques suisses s'élèvent à des milliards de dollars actuels; cette estimation est basée sur le nombre des juifs d'Europe centrale à l'époque et sur une mesure moyenne de leur épargne. Les banques suisses retrouvent encore aujourd'hui des «comptes dormants» après avoir plusieurs fois affirmé qu'il n'en restait plus. Mais elles affirment qu'il est exclu de retrouver des milliards.
Selon les recherches de Beat Balzli, la majeure partie des fonds déposés par des juifs allemands sont récupérés par les nazis avant 1945. Leurs agents ont infiltré les banques suisses et une fois tel ou tel dépositaire juif repéré, une fausse procuration lui est extorquée. De même, les administrateurs d'entreprises «aryanisées» en Allemagne (expropriées aux juifs) parviennent de diverses manières à récupérer les fonds placés en Suisse par leurs anciens propriétaires.
En raison des restrictions en vigueur à l'époque, beaucoup de juifs passent par des hommes de paille pour placer leur argent en Suisse. Il est probable que certains de ces intermédiaires ont vidé ces comptes pour eux-mêmes après la guerre.

Les Entreprises suisses impliquées

Des filiales d'entreprises suisses en Allemagne acceptent de la main-d'œuvre recrutée dans les territoires occupés et soumise au travail forcé dans des conditions d'esclavage. Un chercheur allemand a documenté les cas d'Alusuisse, Georg Fischer et Maggi dans la petite ville de Singen, près de la frontière suisse. Alusuisse, par exemple, y emploie 1200 travailleurs forcés au su de sa direction lausannoise.
D'autres recherches ont mis en évidence les rachats par des Suisses d'entreprises expropriées aux juifs allemands. C'est notamment le cas du fabricant de cigares Villiger ou des chaussures Bally. Dans trois cas, Bally acquiert des fabriques de chaussures pour un Reichsmark.

Les trains allemands qui traversent la Suisse par le Gothard ont-ils transporté des armes et, à partir de l'été 1943, des Italiens soumis au travail forcé en Allemagne? Rien ne le confirme dans les archives suisses. Les douanes suisses contrôlent des wagons avec des sondes et ne décèlent rien. Des travailleurs italiens passent effectivement par le Gothard, de nuit, jusqu'en juillet 1943, mais Berne refuse ensuite que ces transports continuent.

De récentes découvertes dans les archives allemandes, publiées dans l'hebdomadaire «Cash», attestent au contraire de transports d'armes, ainsi que de travailleurs forcés après juillet 1943. Ces documents évoquent des milliers de wagons par mois et semblent indiquer que les autorités suisses étaient au courant.

Dans un documentaire de la télévision britannique (BBC), un témoin anonyme prétend que des juifs italiens ont été déportés vers les camps de la mort dans des trains passant par la Suisse. Il n'en existe aucune preuve. L'historien Mauro Cerutti, qui a effectué des recherches à ce sujet, juge que «c'est absurde: pourquoi les nazis, qui faisaient tout pour cacher l'extermination des juifs, auraient-ils couru un tel risque?»

     

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