LE RAPPORT BERGIER

La Suisse durant la Seconde Guerre mondiale: Analyse du rapport Bergier et des transactions suisse sur l'or. Nous vous conseillons la lecture du dossier consacré à l'or nazi en guise d'introduction ou de complément au présent dossier.

 

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 Evaluation des avantages pour le Reich

 
 

A partir de la fin de 1941, la Suisse devient comme place monétaire une pièce maîtresse de l'économie de guerre allemande. On peut parler dans ce domaine d'une dépendance directe et décisive du Reich, dépendance qui exerce une dissuasion certaine en ce qui concerne une éventuelle invasion du territoire helvétique.

Le franc suisse constitue donc, de l'aveu même des experts de l'époque, un atout décisif en faveur de la Suisse. Un atout, c'est-à-dire une arme, mais il faut le souligner, une arme à double tranchant : favorable à la Suisse aussi longtemps que la Banque nationale accepte d'acheter de l'or allemand, problématique dès lors que se poserait la question d'un refus de la Banque nationale. Comme en témoignent divers rapports de la Banque, cette dernière éventualité n'a cessé d'agiter les esprits.

Le franc suisse devient à partir de l'été 1941, la seule monnaie internationale. Les Allemands en ont besoin pour payer leurs importations de matières stratégiques depuis les pays neutres. Mais ils ne sont pas les seuls : les Alliés en ont également besoin pour opérer divers règlements; par ailleurs, de nombreux pays neutres ou non-belligérants commercent entre eux en francs suisses. Bref, tout le monde cherche à acheter des francs suisses : c'est un phénomène général. 

Ces achats se font, d'où qu'ils émanent, camp de l'Axe ou camp allié, selon des mécanismes analogues : pour se procurer des francs suisses, les Allemands vendent de l'or au système bancaire suisse; pour se procurer des francs suisses, les Alliés vendent de l'or à la Suisse. Or, ces mécanismes posent de redoutables problèmes d'ordre monétaire et d'ordre conjoncturel, qui nécessitent l'intervention de la Banque nationale

Soumise à une très forte demande, la monnaie helvétique voit son prix monter sur le marché de l'or : elle tend à s'apprécier par rapport à l'or et par rapport aux autres monnaies rattachées à l'or. Mais une telle évolution est incompatible avec le régime monétaire en vigueur, régime qui établit un rapport fixe entre le franc et l'or. D'où la nécessité pour la Banque nationale d'intervenir : elle le fait en achetant de l'or contre des francs suisses, de manière à faire remonter le prix du métal précieux et à ramener le cours du franc au niveau fixé par la législation monétaire. Nous avons entrevu ces mécanismes dans les pages précédentes.

Il y a donc hémorragie d'or pour la Banque nationale suisse, hémorragie qui menace son existence même et son activité. Des raisons légales et économiques contraignent en effet l'institution à disposer d'importantes réserves d'or, et à en disposer en Suisse même.

La Banque nationale suisse, pour remplir sa mission monétaire, se voit acculée à acheter de l'or à la Reichsbank, technique parfaitement efficace monétairement parlant, mais ayant pour désavantage d'exposer politiquement - et juridiquement - la Banque nationale ainsi que la Confédération. 

Les achats d'or allemand posent en effet un problème de politique de neutralité. La Banque nationale achète de l'or à la Reichsbank; mais, elle achète aussi de l'or aux Alliés; et elle leur en achète de plus en plus à partir de 1942. 

Au total les achats d'or allié par la Banque nationale et par la Confédération représentent de septembre 1939 à mai 1945 une somme supérieure à 2 milliards de francs suisses. Soit une somme supérieure aux achats d'or allemand par le système bancaire suisse (1,35 à 1,45 milliard de francs environ) et égale au montant cumulé des achats d'or allemand par la Suisse et des avances de clearing au Reich (2,45 à 2,55 milliards de francs).

     

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