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Officier d’artillerie,
Pietro Badoglio prend part à la campagne d’Afrique
(1896-1897) puis sert dans l’état-major, au cours de la
guerre
de Libye. Quand éclate le premier conflit mondial, il est
lieutenant-colonel, au commandement de la IIe
armée. En août 1916, il se signale par un fait d’armes, enlevant, à
la tête d’une colonne d’infanterie, la position du Sabotino. Dans
la retraite de Caporetto (oct.-nov.
1917),
son action est loin d’être exempte de critiques, mais il est
cependant nommé sous-chef d’état-major du nouveau généralissime,
Diaz,
avec lequel il collabore à la reconstitution des forces militaires
italiennes. Chef de la commission d’armistice, commissaire
extraordinaire en Vénétie Julienne, il est appelé à la tête de l’état-major
général (1919-1921).
Ses
responsabilités dans l’avènement du fascisme sont certaines. Il
mesure les chances de succès de
Mussolini,
mais ne prend pas ouvertement parti. Il donne à Victor-Emmanuel
III des indications ambiguës sur les sentiments de l’armée,
induisant le souverain à refuser la proclamation de l’état de siège
et la dispersion, par la force, de la «marche
sur Rome» d’octobre 1922. Rallié
à la dictature triomphante, Badoglio accomplit diverses missions
diplomatiques. Après avoir repris son poste de chef d’état-major, il
est envoyé en Libye, en qualité de gouverneur (janv. 1929-nov. 1933).
Lors de la campagne d’Éthiopie, alors
que l’attaque italienne piétine sous le commandement de
De
Bono, il prend la direction des opérations et lance une série
de puissantes offensives contre Addis-Abeba, où il entre le 5
mai 1936.
À
partir de 1938, conscient de l’impréparation militaire et économique
de l’Italie au seuil de la guerre, vers laquelle l’entraîne l’Allemagne,
il est opposé à l’intervention, mais ne
démissionne pas de son poste. Pour les mêmes raisons, il s’oppose à
l’attaque contre la Grèce et, après l’échec de la campagne, il
est sacrifié au mécontentement des milieux fascistes, le
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décembre 1940, et cesse toute activité politique. Il
commence la seconde phase de sa carrière lorsqu’il est pressenti par
le roi, le 25 juillet 1943, pour
former
un gouvernement après l’élimination de Mussolini. Partageant
le désir de Victor-Emmanuel III de
ne pas apporter de changement profond au régime et de
continuer
un fascisme sans le Duce, il obtient des Alliés un
armistice
le 3 septembre 1943, mais ne sait ni prévoir
ni contenir la réaction des Allemands qui occupent Rome et l’Italie
centrale et septentrionale. Il abandonne alors précipitamment la
capitale, avec le roi et une partie du gouvernement, pour s’établir
à Brindisi. Son ministère, réduit, est
étroitement contrôlé par les Anglo-Américains.
Churchill
traite Badoglio en ennemi vaincu, et non en cobelligérant. Il le
contraint à accepter les clauses aggravées du «long
armistice» signé à Malte le 29 septembre. Badoglio tente alors
de jouer la carte américaine et de donner une plus grande représentativité
à son gouvernement en l’élargissant. Mais les partis antifascistes
refusent leur concours, posant comme condition
l’abdication du roi. Badoglio forme alors un second cabinet,
remplaçant par des sous-secrétaires d’État les ministres demeurés
à Rome et exerçant son pouvoir sur les régions restituées à
l’administration italienne (11 févr. 1944). Au printemps 1944,
Togliatti
rentre d’U.R.S.S. et se déclare disposé à la collaboration avec la
monarchie: le 22 avril, Badoglio peut constituer un troisième
gouvernement, incluant les antifascistes.
Mais,
au lendemain de la libération de Rome, les formations politiques du
Conseil national de la résistance refusent la reconduction de Badoglio
au pouvoir; le 10 juin, il est remplacé par Ivanoe
Bonomi. Déchu de son siège de sénateur pour son rôle sous
la dictature (30 mars 1946), il se retire à Grazzano, où il meurt après
avoir dicté un livre de souvenirs (L. Vailati, Badoglio raconta ,
1955). Avide de titres et de bénéfices matériels que le fascisme lui
décerna à profusion, il avait été l’un des nantis du régime.
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