SOMMAIRE - Divers

La rubrique Divers regroupe divers travaux et dossiers relatifs à des sujets variés ou spécifiques. Ainsi, par exemple, un important dossier consacré à l'Histoire de la Suisse, un index de personnalités historiques, des chronologies, des dossiers d'histoire économique, d'introduction aux études historiques ou de didactique de la discipline.

 

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Badoglio Pietro (1871-1956)

 
 

Officier d’artillerie, Pietro Badoglio prend part à la campagne d’Afrique (1896-1897) puis sert dans l’état-major, au cours de la guerre de Libye. Quand éclate le premier conflit mondial, il est lieutenant-colonel, au commandement de la IIe armée. En août 1916, il se signale par un fait d’armes, enlevant, à la tête d’une colonne d’infanterie, la position du Sabotino. Dans la retraite de Caporetto (oct.-nov. 1917), son action est loin d’être exempte de critiques, mais il est cependant nommé sous-chef d’état-major du nouveau généralissime, Diaz, avec lequel il collabore à la reconstitution des forces militaires italiennes. Chef de la commission d’armistice, commissaire extraordinaire en Vénétie Julienne, il est appelé à la tête de l’état-major général (1919-1921).

Ses responsabilités dans l’avènement du fascisme sont certaines. Il mesure les chances de succès de Mussolini, mais ne prend pas ouvertement parti. Il donne à Victor-Emmanuel III des indications ambiguës sur les sentiments de l’armée, induisant le souverain à refuser la proclamation de l’état de siège et la dispersion, par la force, de la «marche sur Rome» d’octobre 1922. Rallié à la dictature triomphante, Badoglio accomplit diverses missions diplomatiques. Après avoir repris son poste de chef d’état-major, il est envoyé en Libye, en qualité de gouverneur (janv. 1929-nov. 1933). Lors de la campagne d’Éthiopie, alors que l’attaque italienne piétine sous le commandement de De Bono, il prend la direction des opérations et lance une série de puissantes offensives contre Addis-Abeba, où il entre le 5 mai 1936.

À partir de 1938, conscient de l’impréparation militaire et économique de l’Italie au seuil de la guerre, vers laquelle l’entraîne l’Allemagne, il est opposé à l’intervention, mais ne démissionne pas de son poste. Pour les mêmes raisons, il s’oppose à l’attaque contre la Grèce et, après l’échec de la campagne, il est sacrifié au mécontentement des milieux fascistes, le 4 décembre 1940, et cesse toute activité politique. Il commence la seconde phase de sa carrière lorsqu’il est pressenti par le roi, le 25 juillet 1943, pour former un gouvernement après l’élimination de Mussolini. Partageant le désir de Victor-Emmanuel III de ne pas apporter de changement profond au régime et de continuer un fascisme sans le Duce, il obtient des Alliés un armistice le 3 septembre 1943, mais ne sait ni prévoir ni contenir la réaction des Allemands qui occupent Rome et l’Italie centrale et septentrionale. Il abandonne alors précipitamment la capitale, avec le roi et une partie du gouvernement, pour s’établir à Brindisi. Son ministère, réduit, est étroitement contrôlé par les Anglo-Américains. Churchill traite Badoglio en ennemi vaincu, et non en cobelligérant. Il le contraint à accepter les clauses aggravées du «long armistice» signé à Malte le 29 septembre. Badoglio tente alors de jouer la carte américaine et de donner une plus grande représentativité à son gouvernement en l’élargissant. Mais les partis antifascistes refusent leur concours, posant comme condition l’abdication du roi. Badoglio forme alors un second cabinet, remplaçant par des sous-secrétaires d’État les ministres demeurés à Rome et exerçant son pouvoir sur les régions restituées à l’administration italienne (11 févr. 1944). Au printemps 1944, Togliatti rentre d’U.R.S.S. et se déclare disposé à la collaboration avec la monarchie: le 22 avril, Badoglio peut constituer un troisième gouvernement, incluant les antifascistes.

Mais, au lendemain de la libération de Rome, les formations politiques du Conseil national de la résistance refusent la reconduction de Badoglio au pouvoir; le 10 juin, il est remplacé par Ivanoe Bonomi. Déchu de son siège de sénateur pour son rôle sous la dictature (30 mars 1946), il se retire à Grazzano, où il meurt après avoir dicté un livre de souvenirs (L. Vailati, Badoglio raconta , 1955). Avide de titres et de bénéfices matériels que le fascisme lui décerna à profusion, il avait été l’un des nantis du régime.

     

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