ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

Retour au sommaire

Sommaire >>> Histoire de l'Antiquité  >>> L'Athènes hellénistique

 
 

Après la prise d'Athènes en -295, Démétrios Poliorcète prend alors un certain nombre de mesures; les Athéniens étaient soucieux de la possible répression des macédoniens, mais les mesures prisent par  Démétrios Poliorcète n'allèrent pas dans le sens d'une punition, en effet Démétrios Poliorcète va fournir de la nourriture aux athéniens puis rétablir les formes de l'état démocratique (c'est la fuite de Lacharès). 

Pourtant l'instauration du nouveau régime ne satisfait pas tout le monde et ses adversaires le qualifient d'oligarchique. Et l'on peut en effet se rendre compte de l'importante tutelle que subit alors Athènes en sachant que les Macédoniens, non contents d'avoir réinstallés une garnison au Pirée (dans la forteresse de Mounychie), vont en installer une dans la ville même ! (en fait à la bordure de la ville sur la colline/forteresse du Mouseion = Musée). Ce symbole puissant de la domination macédonienne n'efface pourtant pas la gratitude du peuple envers ceux qui les on nourrit, le peuple d'Athènes va alors dédier à Démétrios Poliorcète une nouvelle série d'honneurs, puis iront jusqu'à baptiser du nom de leur "nouveau Dieu" un des mois de l'année, celui de Démétrion (ceci n'est toutefois pas attester par un document précis). En tous les cas cet état de fait ne dura pas longtemps, tous les honneurs seront abolis après -287 (mais pas ceux antérieurs à -295 qui seront conservés jusqu'à la fin du III siècle).

Certains hommes, comme Stratoklès précédemment, font voter des décrets toujours plus honorifiques pour Démétrios Poliorcète (c'est aussi le cas d'un homme comme Dromokleidos). Une "déification partielle" de certains bras droit de Démétrios Poliorcète sera aussi particulièrement en vogue (Hérodôros se voit conférer les plus grands honneurs réservés d'habitude aux citoyens athéniens alors qu'il ne l'était pas ! ).

Démétrios en Béotie

La chance pour Athènes c'est que Démétrios Poliorcète sera moins présent dans la ville qu'en -304. En effet, il entame dès -294 une vaste reconquête de la Grèce, il s'engage contre la Béotie ceci menant à un deuxième siège de Lacharès qui s'était alors réfugié à Thèbes. A la tête de la ville conquise, Démétrios Poliorcète place un militaire et intellectuel de renom: Hierônymos de Cardia (historien qui est notre principal source pour la période s'étendant d'Alexandre à Pyrrhus (-272). Il fut également la source de bon nombre d'autres historiens).

A partie de 294, Démétrios est maître de la Macédoine

Démétrios Poliorcète a pour dessein de rétablir sa domination sur le Péloponnèse, il veut soumettre la ville de Sparte qui était toujours restée indépendante jusque là. Pendant sa campagne contre la Laconie il change d'objectif et interrompt son entreprise, en effet une nouvelle campagne s'offre à lui : le royaume de Macédoine et sa valeur symbolique.

En effet, Cassandre est décédé en -297, ses premiers successeurs ne se maintirent que quelques mois, puis se furent ses deux frères cadets, Alexandre et Antipater, qui se disputèrent alors le trône. Alexandre va alors faire appel à Démétrios Poliorcète, ce qui, on le devine, est une véritable aubaine pour Démétrios. Au terme d'intrigues diverses et brutales les deux frères vont succomber, Démétrios Poliorcète s'en est débarrassé. C'est fin -294 que Démétrios Poliorcète se fait couronner roi de macédoine, la dynastie Antigonide va se maintenir jusqu'à l'invasion romaine (pas toujours de manière continue pourtant).

Pour Athènes cette conquête aura, pour finir, des avantages certains. Démétrios Poliorcète s'intéresse moins à eux, mais d'un autre côté celui-ci se montre plus arrogant et impérieux à l'égard des cités grecques en général et d'Athènes en particulier (comme anecdote notons qu'une ambassade athénienne envoyée auprès de Démétrios Poliorcète devra attendre plus de 2 ans avant d'être reçue…). Démétrios Poliorcète garde de vastes ambitions, il cherche à affermir son pouvoir à Athènes par un état autoritaire; une preuve est que 2 années de suite c'est Olympiodore qui sera archonte, cela ne pourrait se produire dans un système démocratique, c'est un signe clair de l'autoritarisme d'alors, on veut comme autre indice le fait que des titres de fonctions qui n'existaient que sous des régimes autoritaires refont leur apparition (ceux d'anagraphes (scribes) qui remplace ceux de grammateurs), cela peut paraître relever du détail mais c'est un signe qui ne trompe pas !

Athènes doit supporter un nouveau roi de Macédoine

Démétrios Poliorcète ne vient que rarement à Athènes, mais il continue à y venir tout de même. Sa ville de prédilection, et qu'il a fondé lui-même, c'est Démétrias (c'est l'actuelle ville de Volo) en Thessalie, sa seconde capitale, au cœur des communications entre le Nord et le Sud de l'Eubée. Il est donc plus proche de la Grèce centrale qu'il ne l'était auparavant. Les honneurs qui lui sont dédiés continuent à Athènes, lors de l'une de ses visites il sera salué par un poème dionysiaque (poème qui parle du Sphinx qu’était devenu la Confédération Etolienne qui accroît encore sa puissance, les Etoliens sont alors les maîtres du temple de Delphes ! Cette perte du sanctuaire peut, en partie, expliquer la déification qui est fait de Démétrios Poliorcète, qui devient un véritable substitut de l'oracle), c'est une véritable déification de Démétrios Poliorcète et de sa femme. Démétrios Poliorcète est vu comme un dieu, un dieu proche et dont on peut attendre des actions "humaines".

Désormais l'ennemi de Démétrios Poliorcète est la Confédération étolienne, de fait malgré ses autres ambitions (qui se tournent vers l'Asie Mineure) Démétrios Poliorcète doit pourtant s'inquiéter des étoliens. Il les attaquera en -289. Son expédition semble avoir tournée court; on pense pouvoir dire pourquoi aujourd'hui (grâce à une inscription de Delphes découverte et montrant qu'une alliance entre les deux parties fut conclue) donc c'est une alliance qui a arrêté Démétrios Poliorcète et non pas une défaite. On peut légitimement se demander pourquoi une telle alliance, la réponse est évidente; les deux puissances ont désormais un ennemi commun: le Royaume d'Epire, dont Pyrrhus est le chef (on connaît l'incursion en Italie, celle-ci fut alors une grave menace pour la jeune république romaine).

Pyrrhus, comme "roi macédonien", a aussi des prétentions sur la Macédoine, la confrontation entre Pyrrhus et Démétrios tournera à l'avantage du premier, Démétrios Poliorcète sera même blessé, il restera malade ce qui ne fit qu'accentuer son caractère déjà difficile. Dans les années 288-287 un retournement de la situation va amener Pyrrhus jusqu'en Macédoine, son alliance avec Lysimaque créant un mouvement de tenaille contre Démétrios Poliorcète, le territoire du Poliorcète se réduit alors à la simple Macédoine. Démétrios Poliorcète sera contraint de fuir et de se réfugier en Grèce, son aventure macédonienne semble terminée, ce ne sera que plus tard que sa dynastie reprendra le pouvoir, devant cette nouvelle donne de la situation la plupart des dépendances macédoniennes vont se révolter; ce sera le cas d'Athènes.

Athènes en révolte

Le premier acte de rébellion fut de chasser la garnison en place au cœur de la ville, acte de rébellion par excellence, c’est d’ailleurs ce qui provoqua la réaction de Démétrios et sa venue en armes contre Athènes. Le but de Démétrios était d’établir un nouveau siège autour de la ville. Mais les Athéniens réussirent à rassembler le plus de blé possible, la chance d’Athènes étant que ces événements se produisirent au moment des moissons. De plus, grâce à Kallias, Athènes bénéficia de l’aide du roi d’Egypte, Ptolémée I.

Kallias s’était exilé volontairement, pour ne pas avoir à souffrir l’oligarchie dirigée par Démétrios et pour ne pas se compromettre avec ce régime, contrairement à son frère Phaidros qui avait été magistrat à Athènes et nommé par Démétrios. Kallias se mit alors au service du roi Ptolémée à Alexandrie (une des monarchies les plus prestigieuse de l’époque). Il s’y fit nommer chef d’une garnison royale dans l’île d’Andros qui contrôlait un passage important (île de la mer Egée, au sud de l’Eubée). A partir de cette île, Kallias partit au secours de sa patrie avec un contingent sans attendre les ordres de Ptolémée, mais en tant qu’officier d’un roi hellénistique. Le décret nous montre qu’une fois informé des événements et du danger pesant sur Athènes, Ptolémée envoya un ambassadeur pour essayer de négocier avec Démétrios. Cet ambassadeur n’était autre que Sostratos, homme venant de Cride célèbre pour son activité d’architecte et qui en tant que tel avait construit le Phare d’Alexandrie, l’une des 7 merveilles du monde                 

Les négociations d’Athènes                       

Durant l’été -287, des négociations sont menées à Athènes, elles auront un double caractère:

1.    Elle aboutirent à un accord entre Démétrios et la cité d’Athènes sans l’intervention de Sostratos. Cette paix fut partiellement satisfaisante pour Athènes. On le remarque dans le décret de Phaidros: tout ce qui concernait la paix a été effacé car on a considéré plus tard qu’elle était honteuse pour Athènes. Athènes du modérer ses revendications pour éviter un siège. La ville ne pouvait pas prétendre reconstituer l’état athénien dans toute son ampleur. La cité obtint « seulement » que l’indépendance de la ville soit reconnue, ce qui était quand même une victoire. Athènes la devait à Phaidros.

2.    Les négociations se déroulèrent au niveau royal seulement. Sostratos conclut un armistice entre Démétrios et Ptolémée. Athènes ne participa pas directement à ce pans des négociations, elle avait juste un témoin qui y assista: Kallias, qui avait été désigné pour cette tâche par les hauts magistrats de la ville.

Bilan pour Athènes au terme de cette libération

La cité était désormais libre et cela dura plus de 20 ans, jusqu’à la guerre de Chrémonidès en -262. Athènes a été, à ce moment là, affaiblie, appauvrie et amputée d’une bonne partie de son territoire: elle perdit le port du Pirée et des forteresses qu’elle avait en bordure du territoire qui étaient resté aux mains des Macédoniens. Les Athéniens durent faire un effort de reconquête de ces territoires en allant chercher de l’argent et des armes auprès des rois hellénistiques qui leur étaient favorables : Ptolémée, Lysimaque et Pyrrhus entre autres. Kallias obtint l’aide de Ptolémée pour la cité (il était toujours officier du roi). Il obtint également de l’argent pour reconstruire un mât qui jouait un grand rôle dans les fêtes athéniennes, les Panathénées. Athènes remit progressivement la main sur certaines des forteresses qu’elle avait perdues. On se demande si la cité réussit à reprendre le Pirée, en fait on ne le sait pas, donc on ne peut pas l’affirmer.

En -282, Démétrios mourut. Les Athéniens essayèrent alors de récupérer le Pirée en -281, mais, nous l'avons dit, on ignore s’ils réussirent. 

 
 
 
 
 
Copyright © Yannick RUB