ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Sommaire >>> Histoire de l'Antiquité  >>> L'Athènes hellénistique

 
 

Après avoir vu la libération d’Athènes, nous allons nous pencher sur quelques aspects de la vie culturelle à Athènes. Nous traiterons ici de la ville d’Athènes, mais par extension on peut dire que certains aspects peuvent correspondre à d’autres cités grecques. On retrouve dans cette étude le même problème que pour l’histoire politique et événementielle: le problème des sources, car pour l’époque hellénistique les pertes ont été conséquentes. Les oeuvres n’ont pas été conservées, ce qui ne signifie pas que la production ait été moindre pendant la période hellénistique.

Le Théâtre

Le domaine de la tragédie nous est bien conservé. Par contre la comédie l’est moins. Aristophane (vers 450-386) a été le fondateur de la comédie qui apparut un demi-siècle après la tragédie. D’autres comiques sont moins bien connus, comme par exemple Ménandre que l’on a connu pendant très longtemps seulement au travers des oeuvres de Plaute et de Térence. Récemment, on a trouvé des papyrus qui contenait une pièce complète de Ménandre en grec: le discokolos (le misanthrope).

La comédie de Ménandre se distingue du théâtre de l’époque classique représentée surtout par Aristophane qui vers -400 faisait de la comédie un théâtre politique, comédie très directe qui pouvait être à la fois grossière et très raffinée. Ménandre (vers -300) créa une nouvelle comédie qui fleurit à partir de l’époque d’Alexandre le Grand. Il obtint du succès à Athènes, mais aussi dans tout le monde grec. On n’avait pas besoin d’être athénien pour comprendre la comédie de Ménandre, alors que pour celle d’Aristophane, c’était nécessaire. Le théâtre de Ménandre est très universaliste, c’est un théâtre de mœurs et de caractères que l’on pouvait apprécier dans tout le monde grec. Il y avait certainement beaucoup d’autres écrivains du style de Ménandre, on n’en connaît plus ou moins 50 par leur nom. Par exemple, Philippidès (politicien dont on a déjà parlé) était également un poète qui s’était réfugié à la cour de Lysimaque. Si on connaît Ménandre c’est un peu grâce au hasard, mais aussi à sa popularité. On connaît beaucoup de sentences pédagogiques de l’auteur. Ses pièces avaient une valeur quasi pédagogique ou religieuse.

Il existait des concours littéraires et de théâtre à Athènes. L’un des caractères de la politique d’Athènes était que tout pouvait être prétexte à concours. On a trouvé des inscriptions qui décrivent bien les concours. On peut voir qui y a participé, qui a gagné, le classement, etc. L’auteur recevait un prix, ainsi que l’acteur principal. On entend par acteur principal le protagoniste, celui qui jouait le rôle principal ou les rôles principaux, car souvent un acteur pouvait jouer plusieurs rôles dans une pièce.

Il se faisait aussi des concours de comédies anciennes ou l’on jouait non pas Aristophane, car il était déjà peut-être incompréhensible, mais des pièces dont les auteurs étaient déjà morts et où seul l’acteur était récompensé. Au IIIe siècle, on voit apparaître l’association d’auteurs et d’acteurs qui portaient le nom de technites. Ces dernières étaient placées sous la protection de Dionysos qui était le dieu du  théâtre avant d’être celui du vin. Ces associations existaient du fait de leur succès international dès le début du troisième siècle. Les acteurs et les auteurs devaient se déplacer d’une ville à l’autre, ils avaient des contrats avec des cités et en échange de protection et de paiements ils devaient présenter des spectacles à des dates convenues.

Si à cette époque on connaît surtout des comédies, cela ne veut pas dire que la tragédie ait disparu (La grande période de la tragédie se situe au Ve siècle avec des auteurs comme Sophocle ou Euripide. Ce dernier est un poète qui exprimait des vérités générales, il a souvent été repris par d’autres auteurs et toute personne cultivée dans le monde ancien devait connaître certains de ses passages). On a réussi à déterminer grâce à des listes de vainqueurs qu’il y a eu de nouvelles créations tragiques, bien qu’on ne les connaisse que très peu. Les tragôdos, poètes tragiques existaient aussi au IVe siècle. Les komôdos étaient, eux, des poètes comiques. L’aspect musical du théâtre faisait aussi l’objet des concours. On le voit sur les monuments. Une ville pouvait avoir plusieurs théâtres. Cette abondance de monuments prouve qu’il y avait beaucoup de représentations. Le fait qu’il y ait beaucoup de théâtres datant du IVe siècle prouve que le théâtre de ce siècle n’était pas moribond. A cette époque il pénètre même dans le monde phénicien et carthaginois. Même un Juif, Ezéchiel, écrit une tragédie en grec sur l’exode de la bible. Le théâtre du IVe siècle était peut-être moins populaire que celui d’Aristophane, il faut dire qu’au Ve siècle le théâtre était subventionné alors que dans l’Athènes hellénistique il ne l’était plus. Le public était certainement plus “bourgeois”. Ce qui explique en partie que le ton du théâtre du IVe siècle ne soit plus tout à fait le même (il est moins obscène que celui d’Aristophane). 

Les Ecoles philosophiques

Jusqu’à la fin de l’époque hellénistique, le prestige d’Athènes fut la philosophie. Athènes a été un centre dans le domaine, elle était la seule ville dans laquelle réussirent à se développer des écoles philosophiques:

Les écoles présentes à Athènes:                                             

1. L’Académie de Platon

2. Le Lycée d’Aristote

3. Le Stoïcisme de Zénon

4. L’Epicurisme (le stoïcisme et l’épicurisme apparurent à la fin du IVe siècle)

Par philosophie, il faut entendre un peu autre chose que ce que l’on entend par là aujourd’hui. La philosophie représentait à cette époque toute l’éducation et toutes les sciences (sciences naturelles, mathématiques, physique, ...). Selon les écoles, on s’intéressait plus à un domaine qu’à un autre. Par exemple le Lycée d’Aristote s’occupait plus des sciences naturelles, l’Académie, au IIIe siècle, (= Nouvelle Académie) tend vers le scepticisme.

Ces écoles philosophiques devinrent des sortes d’universités. Elles proposaient une éducation privée. Les fondateurs des ces écoles furent considérés, après coup, comme des dieux, par exemple on voit Lucrèce vénérer Epicure dans son “De Rerum Natura”. Dans les autres écoles on était plus critique envers les fondateurs. Les lieux de réunion des écoles étaient peu communs (Les Epicuriens se réunissaient dans un jardin, le Stoïcisme tire son nom de Stoa, portique en grec). Le chef de l’école était un scholarque. Les têtes de ces écoles philosophiques n’étaient pratiquement jamais athéniennes, ceci provoqua un grand rayonnement de la cité d’Athènes à travers ces étrangers philosophes. 

Si Epicure était athénien, Zénon était un Phénicien hellénisé, on vit aussi des Carthaginois et ensuite des Romains. Platon et Socrate étaient athéniens tandis qu’Arcésilas venait d’Asie Mineure (fondateur de la Nouvelle Académie). Les chefs d’écoles (ceux qui siégeaient à l’Académie par exemple) étaient également souvent des étrangers. L’état athénien pratiquait une politique libérale envers les philosophes, ce qui créait un climat favorable à ce genre d’études.

Même si on se moquait parfois des philosophes, on leur confiait parfois des tâches importantes et des missions politiques. Ni les philosophes, ni les hommes de théâtre n’étaient marginaux. Ils faisaient partie de la vie sociale. Par exemple, on trouve des noms de philosophes ou d’acteurs sur les listes de participation à la construction d’un monument.

 
 
 
 
 
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