ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Sommaire >>> Histoire de l'Antiquité  >>> L'Athènes hellénistique

 
 

En -304, Athènes fut obligée de demander son appui à Antigone, car elle subit les assauts de Cassandre qui avait mis la cité au centre de ses objectifs dès -307.

Démétrios quitte Rhodes pour secourir Athènes

En -304 les choses se précisent pour Athènes; elle est soumise à un siège et elle n’est pas en état de soutenir l’attaque. Elle demande alors l’aide de Démétrios qui était occupé à assiéger la ville de Rhodes (sans grand succès), ce qui permit à ce dernier de lever le siège sans défaite et avec une excuse valable. Démétrios débarqua sur le continent en -304 et s’arrêta à Aulis, l’endroit d’où les Grecs étaient partis pour la guerre de Troie, mais il choisit cet endroit pour une autre raison : Aulis était un lieu très favorable, il permettait de prendre Cassandre à revers. C’est d’ailleurs grosso modo ce qu’il réussit à faire en repoussant Cassandre vers le nord (vers Thèbes et Chalcis, deux cités appartenant à Cassandre) en levant ainsi le siège d’Athènes.

Nouvelles relations entre Démétrios et Athènes

Commença alors une nouvelle phase dans les relations entre Démétrios et Athènes. Au début, cette nouvelle relation était favorable à Athènes car Démétrios lui rendit des territoires qui protégeaient la ville des envahisseurs, des montagnes qui séparent l’Attique de la Béotie (Eleuthêres, Panakton) que Cassandre avait annexé. Démétrios restitua également à Athènes Oropos qui était un passage clef pour l’Eubée.

Une fois de plus Démétrios apparut comme un sauveur aux yeux des athéniens. Mais il y avait tout de même le revers de la médaille: Démétrios n’ayant pas achevée sa conquête dans le Péloponnèse séjourna à Athènes pendant les hivers 304/3 et 303/2. Ce fut une cohabitation difficile, car loger un roi dans une démocratie ne fut pas chose aisée. Le fonctionnement de la démocratie en fut automatiquement modifié. A partir de 304-303, des frictions et des oppositions commencèrent à apparaître. Il y avait des factions ou des tendances qui admettaient ou non la présence de Démétrios. Certains démocrates radicaux durent s’exiler. Le Démétrios de -304 n’était plus celui de -307, car entre temps il était devenu un roi hellénistique. L’opposition aux Antigonides fut conduite par le neveu de Démosthène: Démocharès de Leukonoè, un poète comique populaire. Philippidès de Képhalé était également dans les rangs de la résistance, il est connu par un décret honorifique datant de cette époque qui relate avec beaucoup de détails sa carrière. Il s’est réfugié chez Lysimaque, adversaire de Démétrios. C’est par ce décret, fait 20 ans plus tard, que l’on remarque qu’il a agi de l’extérieur sur la politique d’Athènes.

Démétrios use de son pouvoir à Athènes           

Démétrios pensait tout pouvoir se permettre dans la cité d’Athènes. Par exemple, il ne respectait pas les cultes, il voulait une demeure digne de lui pour passer l’hiver. Sur proposition de Stratoklès, on demanda qu’il habite sur l’Acropole (L’Acropole était un espace religieux qui avait été dans des temps très reculés la demeure des rois, mais même du temps des tyrans du VIe siècle, aucun roi n’avait osé résider à cet endroit). On accorda ce privilège à Démétrios qui séjourna avec son harem sur l’Acropole, situation qui était difficile à supporter pour les Athéniens car eux-mêmes étaient monogames. Démétrios avait une épouse légitime, Phila, la fille d’Antipater, il était donc le beau-frère de Cassandre.

Durant son séjour athénien, Démétrios épousa une citoyenne d’Athènes, ce qui constitua un grand honneur pour la cité. Cette citoyenne était la veuve d’Ophélas, gouverneur de la cyrénaïque sous Ptolémée (Il l’épousa après -304, sans pour autant répudier Phila, en plus il a un certain nombre de courtisanes que l’on nomme hétaïres). Démétrios et son harem reçurent le Parthénon, temple qui était dédié à Athéna, une déesse plus austère que les moeurs du diadoque. Plutarque nous dit qu’on lui a prêté l’opisthodom, ce qui correspond à la partie arrière du temple. Mais on pense que Démétrios a bénéficié de plus d’espace car cette partie était étroite et ouverte à tout vent, ses femmes n’auraient pas eu assez de place. On suggère donc que Plutarque voulait dire par là toute la partie arrière du temple (partie très fermée et sans fenêtres). Le fait d’habiter dans la même «maison» qu’Athéna en plus du fait que les Athéniens le prenaient pour un dieu autorisa Démétrios à considérer la déesse comme sa sœur. Ces événements devaient ulcérer les Athéniens traditionalistes.

En -302, Démétrios manifesta la volonté d’être initié aux mystères d’Eleusis: On croyait qu’en faisant certaines choses, on pouvait entrevoir certains mystères de l’au-delà (en plus y avoir participé assurait la vie après la mort). Mais pour pouvoir participer aux mystères il fallait être initié. L’initiation avait lieu normalement en deux étapes dont une au printemps et l’autre en automne. Démétrios ne voulant pas attendre, Stratoklès décida de changer le calendrier pour lui. Athènes passa d’Anthestériôn (mois du printemps) à Boedromiôn (mois d’automne) et une fois l’initiation terminée, on reprit le cours de l’année normalement (on revint simplement en arrière de quelques mois). Il est clair que tous ces caprices de Démétrios provoquait la colère de certains. Malgré cela, Démétrios n’était pas inactif. Pendant les années 303-302, le monde grec fut secoué à plusieurs reprises.

La recréation de la ligue de Corinthe

Démétrios parvint à recréer une ligue des cités grecques et du Péloponnèse (le Péloponnèse a toujours été l’objet de convoitise). En -302, il réussit à reconstituer la ligue de Corinthe, comme l’avait fait Philippe II de Macédoine en -338. On possède des inscriptions trouvées à Epidore à propos de cette nouvelle ligue de Corinthe. Elles nous restituent quasiment toutes les clauses de cette alliance et son fonctionnement, voici les points principaux : En l’absence d’Antigone et de Démétrios, la ligue était dirigée par un stratège, Adeimantos de Lampsac (ville de l’Hellespont), nommé par les deux hommes et connu également par I’épigraphie ; il venait du territoire de Lysimaque, mais il préféra se ranger du côté de Démétrios. Le but de cette ligue était de forcer les cités à contribuer à l’élimination totale de Cassandre, présenté comme l’adversaire de la démocratie. Grosso modo, cette machine de guerre fonctionna, car la ligue prit pratiquement tout le Péloponnèse et Cassandre fut obligé de se replier aux portes de la Macédoine (son royaume). Parallèlement Antigone (qui n’était jusqu’alors jamais venu à Athènes) était en Asie mineure dont il était pratiquement le maître depuis ses victoires sur Ptolémée.

-302: L’alliance des diadoques

Toujours en -302, se créa une alliance entre Lysimaque, Cassandre et Séleucos (qui détenait le territoire le plus à l’Orient de l’empire d’Alexandre le Grand) pour résister à la puissance des Antigonides. Ptolémée ne prit pas part à cette alliance, mais soutenait tout de même les coalisés. En apprenant la nouvelle, Antigone rappela Démétrios qui fut obligé de signer une paix bâclée avec Cassandre.  Au printemps -301, la bataille d’Ipsos va marquer l’histoire hellénistique: La coalition des diadoques battit les Antigonides. Antigone mourut pendant la bataille. Cette défaite marqua un tournant, car depuis l’empire d’Alexandre le Grand, Antigone avait été l’un des plus puissants diadoques. Son empire fut disséqué. A partir de ce moment, l’empire d’Alexandre appartiendra définitivement à l’histoire car il était devenu impossible de rétablir l’unité.

Une nouvelle carte se dessine

1. Lysimaque deviendra roi d’une puissance maritime ayant un pied ferme en Méditerranée.

2. Séleucos qui était déjà maître de l’Asie orientale parvient à mettre la main sur la Syrie du nord, ce qui lui donna un accès à la Méditerranée. En -300, il fonda deux cités sur la rivière Oronte: Antioche et Séleucie. Antioche deviendra la capitale des rois Séleucides.

3. Ptolémée tira certains avantages de cette victoire sur les Antigonides: il mit la main sur la partie sud de la Syrie (la Palestine).

4. Cassandre n’obtînt rien en Asie mineure comme il l’espérait ; mais il fut définitivement installé sur le trône de Macédoine et plus personne ne contesta ce fait.

Cette nouvelle carte de la Grèce allait durer jusqu’à la conquête romaine.

Résumé: La Macédoine est convoitée par les diadoques. Antigonos le Borgne veut y régner, mais les autres rois, Cassandre, Lysimaque et Séleucos, se coalisent pour l’en empêcher. La rencontre décisive a lieu à Ipsos. Antigonos y trouve la mort. Les vainqueurs procèdent à un nouveau partage du monde. Cassandre conserve la Macédoine, Lysimaque règne sur la Thrace et l’Asie Mineure jusqu’à la montagne du Taurus; Séleucos n’obtient que la région septentrionale de la Syrie, la moitié méridionale étant occupée par Ptolémée. Quant à Démétrios Poliorcète, il conserve des positions en Asie Mineure et en Phénicie, dans les Cyclades et en Grèce.

 
 
 
 
 
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