ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Antigone et Démétrios deviennent des Dieux pour Athènes

Il y eut effectivement des honneurs divins rendus à Démétrios (comme Lysandre de Sparte en avait reçu à Samos ou Alexandre le Grand en Orient ; notons au passage qu’un tel culte ne fut jamais rendu à Alexandre à Athènes bien que celui-ci l’ait ordonné), mais ces honneurs n’intervinrent pas tout de suite après -307.

Au départ, le culte rendu aux deux hommes témoigne d’une reconnaissance pour leurs actions, mais petit à petit, ils s’élevèrent au rang de Dieux dans l’esprit des athéniens. Normalement, les dieux avaient pour tâche de protéger la cité, Antigone et Démétrios avaient fait ce que les dieux auraient dû faire, il ne faut pas pour autant croire que les Athéniens étaient plus naïfs que nous, ils ne pensaient pas qu’ils étaient des Dieux, mais qu’ils avaient agi comme des Dieux. Le corps civique fut divisé en 12 au lieu de 10. Il apparut deux tribus de plus en l’honneur de Démétrios et d’Antigone: La tribu Antigonis et Démétrias. Cette décision est une marque de culte, comme établir un autel par exemple. Cela correspondait à des sentiments normaux pour un grec envers un héros, c’est à dire un demi-dieu (Antigone et Démétrios devinrent des demi-dieux). De plus en plus, le destin des cités était entre les mains des rois, ceci entraînait une augmentation des cultes d’êtres vivants. A Athènes, on vénéra les deux rois, mais aussi d’anciens démocrates qui avaient agi en faveur de la démocratie. Lycurgue reçut des honneurs posthumes en -307.

La situation d’Athènes après sa libération

Les relations entre Athènes et la mer Egée et donc l’accès à l’Asie mineure, se remirent en place. Sous Cassandre, Athènes était coupée de la mer Egée. Pour Athènes cela signifiait un renouveau sensible, elle remit la main sur deux îles de la mer Egée: Lemnos et Imbros. Elle bénéficiait également du bois, du blé et de l’argent donné par Démétrios. Athènes ne pouvait cependant pas s’endormir sur ses lauriers, car la ville avait besoin de Démétrios pour le ravitaillement en bois. Elle du reconstruire ses remparts pour parer à l’éventualité d’un siège. Démocharès, le neveu de Démosthène s’occupa de la remise en état de l’enceinte. La raison de ces réparations était la menace de Cassandre qui semblait prêt à tout entreprendre pour remettre la main sur Athènes. Athènes se sentait menacée, ce qui explique aussi, les honneurs faits à Démétrios.

Le rétablissement de la démocratie

Un des principaux soucis de ces années a été de montrer que l’on utilisait bien la démocratie, la publicité et la transparence de la gestion d’Athènes furent particulièrement soignée. On a la preuve qu’à cette époque la démocratie fonctionnait très bien, on a en effet retrouvé un grand nombre de décrets. Ces décrets constituaient une bonne publicité pour le régime rétabli. On a conservé dans ces années là une centaine de décrets, alors que pour le «règne» de Démétrios de Phalère on possède beaucoup moins de documents. Ce fait n’est certainement pas seulement dû au hasard, mais aussi à une différence de production. On a fait réellement plus de décrets pour montrer que la démocratie fonctionnait à nouveau.

En étudiant les documents de cette époque, on remarque un homme qui sort de l’ombre plus souvent qu’à son tour : Stratoklès (Il est attesté par les textes et les historiens). Plus d’un quart des décrets de l’époque (que l’on a conservé) ont été proposés par lui. Il semble avoir été un meneur à l’assemblée et certainement l’un des orateurs les plus importants de l’époque. On sait également qu’il était au service de Démétrios. Exemple : Une décision intéressante prise par le régime démocratique d’Athènes : Il s’agit d’une loi dictée par Sophoklès (promulguée démocratiquement) qui avait pour but de soumettre les écoles philosophiques au contrôle de l’état. On pourrait se demander pourquoi à la fin du IVe siècle les Athéniens veulent avoir un oeil sur les écoles philosophiques. Il faut savoir que l’Athénien moyen avait une certaine méfiance envers ces intellectuels qu’étaient les philosophes. On les prenait pour des oisifs et on ne voyait pas bien leur utilité. On s’en prit particulièrement à l’école d’Aristote, le Lycée. A l’époque des successeurs d’Aristote, (Théophraste) Démétrios de Phalère étudiait au lycée. Théophraste fut rapidement considéré comme un allié de Démétrios de Phalère. Ce qui bien sûr, une fois la république revenue, n’a pas favorisé la popularité de l’école. A cette époque toutes les grandes écoles philosophiques étaient réunies à Athènes: Le lycée d’Aristote, le stoïcisme de Zénon, et l’épicurisme avec son fondateur. Cette loi aurait pu tuer les écoles philosophiques dans l’œuf, mais elles bénéficièrent tout de même d’un grand rayonnement pendant toute la période hellénistique. Philon fera abroger cette loi considérée comme illégale, c’est à dire en contradiction avec la constitution et avec les autres lois (cf Graphé).

Les philosophes qui avaient déjà commencé à partir revinrent et c’est à partir de cette époque que se sont développées les écoles philosophiques: L’épicurisme (qui cherchait la tranquillité) et le stoïcisme (qui tire son nom de stoikon qui veut dire en grec portique, Zénon avait l’habitude d’enseigner sous un portique). L’épicurisme ne s’occupait pas de politique, tandis que le stoïcisme oui. Preuve que les Athéniens étaient assez tolérants, car Zénon était étranger, philosophe et tout de même bon citoyen.  

Cassandre menace à nouveau Athènes.

Vers -304, un événement troubla la démocratie athénienne. La ville fut à nouveau et plus que jamais menacée par Cassandre. Athènes se tourna alors vers son seul recours possible Démétrios. Il y eut deux étapes dans la résistance à Cassandre de -307 à -304

1.   Tout d’abord Athènes et Démétrios eurent l’avantage. En -306, Démétrios remporte une victoire navale sur Ptolémée à Chypre, c’est la victoire de Salamine. A la suite de cette victoire Antigone et son fils prirent le titre de roi.

Note : Officiellement il n’y a plus de rois. Les diadoques à partir de -306 s'autoproclamèrent pourtant roi, prennent successivement le titre royal Antigone et son fis Démétrios, suivi par Ptolémée, Cassandre, Lysimaque et Séleucos.

2.    Le revers : Démétrios fut incapable de s’emparer de la ville de Rhodes qui était une alliée de Ptolémée. Les Rhodiens ne cédèrent pas malgré les moyens mis en place par Démétrios (Rhodes devint par la suite la plus grande puissance navale à cette époque et ceci jusqu’à l’époque romaine). L’appel d’Athènes fut pour Démétrios une façon élégante de lever le siège de Rhodes. Il partit pour la bonne cause en recevant les honneurs des athéniens avant de devoir avouer sa défaite devant Rhodes (Rhodes était d’une certaine façon dans la même situation qu’Athènes puisqu’elle vouait également un culte à Ptolémée).

 
 
 
 
 
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