ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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La politique internationale de -317 à -307
 
 

Même si Athènes vécut en paix durant ces 10 ans, le monde autour d’elle bougeait et ces mouvements eurent des conséquences sur la cité. Le régime mis en place par Démétrios de Phalère et qui consistait en une semi-démocratie doublée d’une tutelle militaire macédonienne n’allait pas résister. 

La Macédoine

En -317, Cassandre devint le régent du royaume et le protecteur des deux rois, Philippe III et Alexandre IV. La femme de Philippe décida de se ranger du côté de Cassandre au lieu de suivre la reine mère, Olympias. Un conflit s’en suivit immanquablement. Lors d’une rencontre militaire, les troupes de macédoine passèrent du côté de la reine mère qui bénéficiait également de l’appui d’une partie du peuple. La reine mit la main sur Philippe III qu’elle fit exécuter et poussa la femme de celui-ci, Eurydice, à se suicider. L’échec était cuisant pour Cassandre qui perdait ainsi l’appui du roi. En plus de cela, Olympias mit la main sur son petit-fils, Alexandre IV.

L’année -316 fut une année sombre pour Olympias. Attaquée par Cassandre, elle s’enferma dans la ville de Pydna. Durant le siège de la ville, Olympias fut battue et exécutée par Cassandre qui reprit sous son aile Alexandre IV. Ce dernier fut déplacé à Amphipolis. Sans pour autant prendre le titre de roi, Cassandre se comportait comme tel. De plus, il épousa une demi-sœur d’Alexandre le Grand, Thessaloniké. Dès -315, il fonda près de Pydna, la ville de Thessalonique. Il redressa également la ville d’Olympe et lui attribua le nom de Cassendreia. Olympe était une ex ennemie de la Macédoine, elle avait été détruit par Philippe II durant le milieu du IVe siècle. En -315, Cassandre redressa également Thèbes, ce qui constitua une action de grande audace vis-à-vis de la population macédonienne ; par ce geste il gagna de bons points en Grèce. Tous ces événements se passèrent aux portes d’Athènes, bien que la ville ne fut pas impliquée elle en subit les conséquences. Un simple exemple ; les Thébains qui résidaient à Athènes quittèrent l’Attique dès la reconstruction de leur ville. Mais Antigone qui observait la montée en puissance de Cassandre ne tarda pas à réagir à son succès. L'incidence de ces évènements sur Athènes est indirecte, sauf en ce qui concerne la reconstruction de Thèbes à laquelle les Athéniens participèrent activement, d'une part car ils obéissent à Cassandre mais aussi parce qu'ils étaient heureux de le faire.

La progression d’Antigone monophtalmos

Hors de la Grèce il se passe également des choses importantes: C'est tout d'abord la progression en Asie Mineure d'Antigone le Borgne (monophtalmos) qui réussit à éliminer ses adversaires les plus directs (dont Eumène de Cardia, éliminé en -317). Mais les progrès d'Antigone jusqu'en Syrie vont susciter contre lui l'alliance de ses rivaux, les autres diadoques. Une coalition se formera contre Antigone devenu décidément trop puissant au goût de ses ennemis, dans la pratique dès que l'un des diadoques avait la puissance nécessaire pour recouvrer l'ensemble du royaume d'Alexandre il trouvait alors face à lui les autres diadoques qui s'y opposaient. L'alliance précitée réunie Ptolémée, Lysimaque, Cassandre (l'ancien allié d'Antigone !). Cette coalition va bien sûr provoquer une réaction tactique d'Antigone : la proclamation de Tyr (Phénicie) en -315 ; c’est la publication d'une série d'ordonnances (à la manière de Polyperchon) qui sont un véritable manifeste contre Cassandre. Ces textes nous sont parvenus par Diodore, ils mettent Cassandre en accusation en parlant de l'exécution d'Olympias et de la mainmise sur Roxane et Alexandre, Antigone reproche également à Cassandre la remise sur pied des villes de Cassandria et de Thèbes (qui furent détruites jadis par les Macédoniens).

L'Assemblée va alors adopter un décret dans lequel Cassandre sera déclaré ennemi s'il ne détruit pas les deux cités, s'il ne relâche pas le roi et Roxane, s'il ne se soumet pas à Antigone ! Il est évident que l'on n’attendait pas une réponse positive de Cassandre…Antigone proclame une nouvelle fois sa volonté de rendre leur autonomie aux cités grecques, et ceci toujours dans le but de se concilier l'appui de celles-ci pour affaiblir son ennemi. Il tente donc d’envenimer la situation chez ses ennemis en semant un vent de révoltes dans les cités. Antigone diffuse donc cette lettre dans le monde grec ; il le fit consciencieusement et engagea même des hommes pour lire en public l’ordonnance.

Les combats entre les deux puissances vont se dérouler dans les détroits, les îles entre les territoires respectifs des deux belligérants. Entre -315 et -314, Antigone voulut passer l’Hellespont, affronter Cassandre et libérer Alexandre IV de sa prison dorée. Cela donna lieu à une bataille dans le nord de la mer Égée. La bataille se déplaça progressivement vers Lemnos et Imbros, ce qui incita les Athéniens à y participer aux côtés de la Macédoine (ils avaient des intérêts à défendre dans ces îles). Les Athéniens devront envoyer une flotte à Cassandre pour l'aider dans sa lutte contre Antigone, l'intérêt des Athéniens étant de s'approprier les îles dont ils avaient besoin et l'intérêt de Cassandre étant d'empêcher le débarquement des troupes Antigonides.  Malgré un certain nombre d'échec, Antigone continue à harceler les troupes de Cassandre, il tente de débarquer sans succès et s'efforce d'affaiblir son adversaire. Il envoie Diuskouridès, son neveu, pour une nouvelle offensive, ce dernier libère Délos de la tutelle athénienne (Délos où se trouvait le sanctuaire d'Apollon revenus importants.). C'est un véritable coup porté à la confiance athénienne en les possibilités de Cassandre de les protéger, et ceci bien que le territoire même d'Athènes ne soit pas mis en jeu. De plus, les choses vont s'aggraver à partir de -313, Antigone envoie des troupes plus importantes au cœur de la vieille Grèce, à leur tête un autre de ses neveux : Polémaios. Il débarque non loin d'Athènes avec comme but principal la libération des cités grecques sous tutelle de Cassandre. But qu'il atteindra largement ; il chassera la garnison à Thèbes, libère l'Eubée et est donc, vers 312-311, aux portes de l'Attique. Les Athéniens (à l'insu de Démétrios de Phalère) vont alors essayer de négocier avec l'envoyé d'Antigone. Mais, malheureusement pour les Athéniens, Polémaios va subir le contrecoup d'événements touchant Antigone: la défaite en -311 à Gaza de celui-ci et de son fils (Démétrios, à ne pas confondre avec Démétrios de Phalère) face à Ptolémée. Antigone doit donc signer la paix qui réunit tous les diadoques et sanctionne fortement Antigone, qui se voit imposer la reconnaissance de ses rivaux.

La paix de -311

Cette paix marque la fin de l'idéal d'un Empire unifié, c'est donc une date capitale. C'est  en quelque sorte l'acte fondateur des royaumes hellénistiques, bien qu'encore aucun diadoque n'ait osé porter le titre de roi, Alexandre IV étant encore en vie. Mais cette paix sera fatale au jeune roi, il embarrasse désormais tout le monde…l'assassinat d'Alexandre suivra de très près la conclusion de la paix. C'est Cassandre qui prendra l'initiative de son assassinat. Et aucun diadoque n'émettra la moindre objection… Pour Athènes cette paix a pour effet immédiat le fait qu'elle reste sous l'influence de Cassandre par l’intermédiaire de Démétrios. Les jours de Démétrios sont comptés car si les diadoques ont renoncé à unifier l'Empire d'Alexandre ils n'ont, par contre, pas renoncer à mettre la main sur la Grèce. En -308 c'est Ptolémée qui vient en personne accompagner une flotte qui s'empare de plusieurs cités du  Péloponnèse (dont Corinthe).

La libération d’Athènes en -307

En -307 Antigone, qui a repris du poil de la bête, envoi son fils pour libérer Athènes. La libération athénienne de -307 se fera par la mer, pratiquement sans coup férir car une fois entrer dans le Pirée Démétrios peut proclamer la libération d'Athènes et déposer Démétrios de Phalère. Athènes ne se trouve donc plus sous la tutelle de Cassandre, pour manifester la sincérité de ses intentions Démétrios proclame l'autonomie et fait raser la forteresse de la garnison de Cassandre (ainsi il montre qu'il ne l'occupera pas avec ses troupes). Désormais les faveurs athéniennes iront à Antigone et non plus à Cassandre. La république était donc rétablie. Démétrios de Phalère ne perdit pas la vie dans cette aventure et finit ses jours assez brillamment à la cour de Ptolémée.

Cette année de -307 marque un grand tournant, en effet c'est le début d'une période (qui s'étendra sur 100 ans) pendant laquelle des relations étroites (parfois de paix et parfois de guerre) seront entretenues avec les Antigonides. Cette nouvelle ère, celle des Antigonides, durera jusqu'en -200 avec l'arrivée des Romains. Sur le plan général cette année est aussi importante car les diadoques font le pas et prennent le titre royal (plus vers -306 que -307) ; l’empire d’Alexandre est désormais un souvenir, une série de royaumes l’a remplacé.

 
 
 
 
 
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