Démétrios
de Phalère, philosophe de l'école Aristotélicienne,
va essayer de mettre en pratique ses conceptions philosophiques.
Son principat dura de -317 à -307.
Son
pouvoir, il l'exerce avec un titre vague, en dehors des
magistratures existantes, peut-être a-t-il été stratège, en
tous les cas il est le représentant de
Cassandre,
maître de la Macédoine. Démétrios voudra réinstaurer l'ordre,
il est en effet un homme d'ordre, ceci se voit notamment au
travers d'une réforme qu'il décidera : le Collège
des nomophylaques (ne pas confondre avec nomothète)
gardien des lois (caractère tyrannique car contrôle à la fois
l'Ecclesia et la Boulè, et ceci pour éviter un "dérapage"
dans le sens d'une trop grande liberté…).
Les lois somptuaires
quant à elles ont pour but de réduire les dépenses privées (ceci
étant destiné à ce que l'aristocratie en place le reste et que
l'ascension de nouveaux riches soit stoppée), ces lois sont une véritable
ingérence dans la vie privée ( elles limitent le faste des funérailles
par exemple) →
exemple se saisissant au niveau des fouilles archéologiques, les
tombes fastueuses sont remplacées par de petites colonnes. Cette
réforme a du avoir des conséquences sociales, par exemple chez
les tailleurs de pierre et toute autre activité liée aux funérailles.
La magistrature des
gyméconomes (modèle emprunté à d'autres cités
grecques du IV) a pour rôle le contrôle des femmes ! Ces
magistrats veillent à la bonne conduite des femmes dans la société
( ils refrènent par exemple l'étalage du luxe).
Démétrios
supprime
la Chorégie (qui
consistait, pour les
citoyens riches, a
subventionner des
chœurs pour les spectacles).
Les chorèges étaient des chanteurs et des danseurs qui se
manifestaient dans les spectacles de la tragédie. Ils
organisaient des concours entre eux et on élevait des monuments
coûteux aux vainqueurs. Cela ne signifie pas qu'il supprime les
fêtes ni même les choeurs, mais il en fait une fonction publique
(une magistrature, au frais de l'état).
On peut mentionner aussi le rôle de
l'aréopage (vieux conseil d'anciens archontes) qui retrouve des
compétences judiciaires (par exemple dans un procès d'impiété
(asétsia) ou pour juger les oisifs (argia, se rapproche de notre
concept de gréviste). Démétrios fait aussi un effort pour
recenser la population, avec le chiffre de 21'000 citoyens mâles
(c'est-à-dire votant) et 10'000 métèques (mâles également) et un
autre chiffre, surement inexact, celui de 400'000 escalves (ce
dernier chiffre semble inexact puisque l'on pense que la
population totale des citoyens en attique serait de 200 à 250'000
âmes).
Sur le plan financier
Démétrios va essayer de
rétablir
les finances. Il supprime aussi certains
excès : les
jetons (indemnité)
versés aux citoyens
qui allaient à l'ecclésia
(ekklesiatikon) mais aussi l'indemnité
que l'on recevait
en allant au
spectacle (par spectacle
il faut entendre
théorie.). Cela
ne veut pas
dire que Démétrios
ne dépense rien
pour les citoyens,
il construit (mais
de façon moins grandiose que ses prédécesseurs, Lycurgue en tête),
notons tout de même
que son règne
n'a duré que
dix ans.
Ses
agissements étaient-ils conformes à la pensée
d'Aristote et
de Platon de
laquelle se réclamait
Démétrios ? Il
est difficile de
voir le système
philosophique qui est
derrière les agissements
de Démétrios,
disons que c'est un mélange des différentes doctrines
philosophiques du IV s.
Les réformes
proposées par Démétrios
sont acceptées sans
trop de problèmes
même si les démocrates
les condamnaient ;
le peuple était, partiellement
du moins, d'accord
avec les agissements
de Démétrios.
Sa
chute en -307 ne va pas faire disparaître
ses réformes (sauf celle des nomophylaques). Une fois
renversé il se mettra à l'abri en Béotie, mais quand
Cassandre
disparaît Démétrios doit s'exiler en rejoignant la Cour
d'Alexandrie auprès de
Ptolémée,
il aura à la Cour de ce dernier un rôle de "Ministre de la
Culture", il est associé de près à la fondation de la
bibliothèque d'Alexandrie ! On dit (ce qui n'est pas vérifié)
qu'il fût l'un des réalisateurs de la traduction en grec d'un
certain nombre de livres étrangers
(notamment de livres saints du judaïsme) →
la Septante.