Le
diagramma (ordonnance proclamée
par
Polyperchon)
fut à l’origine de toute une politique idéologique: elle avait
pour but de flatter les Grecs en leur
promettant l’indépendance et la démocratie.
Cet
édit fit l’effet d’une bombe à Athènes, surtout parmi les démocrates.
Mais il y avait une force militaire macédonienne au Pirée représentée
par Nikanor. Un pan de la
politique athénienne était pour le maintien de l’oligarchie. Dès
lors commença une lutte entre Polyperchon et
Cassandre
pour la mise en place d’un régime ou le maintien de l’autre
à Athènes. Les partisans de l’oligarchie au pouvoir
retardaient les négociations entre Polyperchon et les Athéniens.
De son côté, Nikanor renforçait son pouvoir sur le Pirée en
vue d’une attaque de Polyperchon.
A
la fin de -319, la situation s’aggrava pour Athènes, car la démocratie
n’était pas encore rétablie comme promis. Polyperchon
du faire pression sur Cassandre en envoyant une armée pour éliminer
Nikanor. Sur le théâtre des opérations Cassandre était
représenté par son fils, Alexandre. Cette présence militaire
porta un coup à l’oligarchie athénienne qui perdit du terrain.
Phocion
fut accusé de trahison et envoyé au jugement de Polyperchon qui
laissa les Athéniens le juger.
Après
un intermède de quatre ans, le régime démocratique
fut rétabli à Athènes grâce à la présence militaire de
Polyperchon et aussi au fait que tous les oligarques
furent tués sans jugement. Hagnonidès,
le nouveau meneur des démocrates à Athènes fit juger et exécuter
Phocion qui fut condamné à boire la ciguë.
Au
printemps -318 on assista donc à un renouveau de la démocratie
qui ne dura pas longtemps. Ce qui lui fut fatal après une année,
ce fut l’établissement d’une situation paradoxale:
Le
Pirée était toujours aux mains de Nikanor auprès duquel s’étaient
réfugiés beaucoup d’oligarques alors que la ville
d'Athènes vivait sous un régime à nouveau démocratique. On
assiste à ce moment là à la présence
de deux Athènes.