Deux tendances se sont dessinées au sein de
l'armée macédonienne, d'un côté l'aristocratie qui se trouve
dans la cavalerie et chez les hauts dignitaires et de l'autre côté
l'infanterie composée des gens du peuple. Le candidat des premiers est le fils
de Roxane (qui est iranienne puisqu'elle vient de
Bactriane) : Alexandre IV.
Le candidat soutenu par l'élément
populaire, fortement réfractaire aux origines orientales
d'Alexandre IV, est le demi-frère d'Alexandre le Grand :
Philippe
III de Macédoine, qui est pourvu de toutes les
qualités sauf celle de l'intelligence puisqu'il est débile ! Ce duo étrange, car formé d'un enfant en
bas âge et d'un déficient mental,
impose évidemment une régence. Poste qui est pour
plaire à bon nombre de candidats:
- Un maréchal d'Alexandre,
Cratère,
qui va devenir tuteur des rois (Par tuteur il faut comprendre -prostatès-
c'est-à-dire qui se tient devant…c'est le protecteur physique
des rois).
Ensuite viennent les satrapes d'origine macédonienne
ou perse. Les satrapes seront les fondateurs de nouveaux empires,
on trouve :
-
Antigone
le Borgne
(= Monophtalmos) (Asie Mineure).
- Lysimaque
(Hellespont, Thrace).
- Séleucos,
qui n'est satrape de rien pour le moment mais est le chef de la
cavalerie, il deviendra satrape de la Babylonie
et fondera le royaume Séleucide (Syrie et une partie de
l’orient hellénistique).
- Ptolémée
I Sôter, satrape d'Egypte. Il règnera sur le
royaume gréco-macédonien d'Egypte.
- Eumène,
Le seul vrai grec, était le secrétaire d'Alexandre. Il obtint la
Cappadoce et la Paphlagonie, territoires encore à conquérir. Il
lutta aux côtés de
Perdiccas
contre les diadoques qui démembraient l’empire, il fut tué par
Antigone Monophtalmos.
Cratère
et
Antipater
vont essayer, une fois Athènes soumise, de s'emparer de l'Étolie
qui été soulevée aussi. Ce sera un échec, non pas à cause de
la résistance des étoliens, qui d'ailleurs fut vaillante, mais
parce que les deux hommes sont appelés en Asie…Les
Étoliens vont rester un peuple indépendant et c'est l'une des
causes de leur ascension dans le courant du IVe et surtout du IIIe
siècle.
Le Triumvirat de -323 sera éphémère. En
effet,
Perdiccas
s'aliènent ses collègues de par ses ambitions personnelles. Il
va essayer de remettre au pas ses concurrents: En -321 il va s'en
prendre à
Ptolémée
et essaye de chasser ce dernier d'Egypte, mais Perdiccas ne va pas
revenir de cette expédition, il sera assassiné par ses propres
hommes qui n'en pouvaient plus des exigences de leur maître.
Il reste donc Cratère et Antipater. Mais
deux satrapes prennent de plus en plus de pouvoir ce sont Ptolémée
en Egypte et Antigone en Asie. Antipater était venu en aide à
Ptolémée, sur le chemin du retour pour l'Asie une rencontre
entre les deux hommes a lieu à Triparadeisos
(grand parc d'animaux sauvages), un arrangement entre les
diadoques se conclu alors. Antipater prend une position plus
importante et va devenir le "gardien" des rois (l'épimélète).
Il décide d’emmener les rois en Macédoine, à l’abri des
intrigues. Lysimaque garde sa position mais Eumène perd
du terrain (il était en effet allié à Perdiccas), il finira par
disparaître complètement (Cratère va tout de même périr en
le combattant).
Bien que les événements se passent loin
d'Athènes un épisode de la guerre va avoir une importance
particulière pour elle. Après l'assassinat de Perdiccas,
Antipater trouve des lettres de
Démade
dans les archives de son concurrent, lettres qui lui sont
hostiles ! Cette correspondance sera fatale pour Démade. En effet
en -319, Démade est envoyé par l'assemblée oligarchique pour
demander à Antipater un allègement de la situation politique
d'Athènes (plus précisément c'est la demande qu'Antipater
renonce à conserver une garnison dans la ville, garnison se
situant dans le port du Pirée dans la citadelle de Mounychie,
commandé par Nicanor). Mais
l'ambassade va tourner à la catastrophe, Antipater fait arrêter
Démade et l'accuse de haute trahison (preuve à l'appui !).
C'est le seul épisode notable de ces années
pour l'histoire d'Athènes, le pouvoir censitaire empêche près
de 10'000 citoyens d'exercer leurs droits civiques, ils ne sont
plus que titulaire de droit privé. Ce sont des
a-timoi
(c'est-à-dire privé de vote, en marge de la cité, privé de
charges…). Certains choisiront alors de se déplacer, sur
initiative proposée par Antipater, pour rejoindre la Macédoine
(on ne sait rien du déroulement du voyage et s'ils sont arrivés,
faute de documents sur le sujet).
Peu après la mort de
Démade
(après -319) c'est au tour d'Antipater
de disparaître (fin -319), la succession de ce personnage
d'importance s'annonce là aussi fort difficile. Antipater avait
tout de même pris des dispositions (il était en effet d'un âge
avancé et il savait que son "règne" ne durerait plus
des décennies), les dispositions étaient surprenantes pour son héritier,
Cassandre,
puisque Antipater va lui préférer un vieil officier, certes
moins brillant mais plus sûr,
Polyperchon.
La tension était inévitable entre les deux
hommes, Cassandre n'avait en effet pas l'intention de se laisser
écarter du pouvoir, il va alors s'exiler pour rechercher les
alliances des diadoques (Antigone, Lysimaque) qui n'ont pas perdu
leurs illusions de régner sur l'ensemble de l'ancien Empire
d'Alexandre. Même en quittant la Macédoine Cassandre garde de
grands atouts : appui en Grèce des
oligarchies que son père avait propulsé au pouvoir. Par
contre Polyperchon est en grande partie dépourvue de véritable
pouvoir réel.
A Athènes, Nicanor
reconnaît Cassandre comme chef,
Polyperchon
n'a alors aucun pouvoir sur la garnison macédonienne d'Athènes.
Polyperchon va jouer d'audace sur cette affaire (bien plus que par
la suite, on peut d'ailleurs se demander si l'initiative qui suit ne lui a
pas été soufflée…); En effet Polyperchon va proclamer
la
destitution de tous les régimes oligarchiques ! Sous
forme d'une ordonnance: le diagramma (lettre à diffusion générale), à noter qu'il ne signe pas en
son nom mais en celui de Philippe III (qui est un atout puisqu'il
est le fils de
Philippe,
le conquérant d'Athènes.) (Diodore, chapitre 56, livre 18).