Athènes
constitua une grande ligue d’alliés, cependant à l’intérieur
de la ville il n’y avait pas que des
partisans de la révolte. Cette prise de parti dépendait
souvent du statut social des athéniens: la
classe possédante était pour la collaboration avec la Macédoine,
alors que la classe populaire était pour la guerre. Athènes
se décida finalement pour la guerre. On demanda à
Léosthénès
de diriger les opérations militaires. A Athènes s’ajouta une
coalition des villes du Péloponnèse (sauf Corinthe où une
garnison macédonienne était postée) et des villes du nord et du
centre de la Grèce. Par exemple les Etoliens qui étaient des
montagnards et les Thessaliens qui possédaient la meilleure
cavalerie de l’époque.
Ces villes se constituèrent en ligue qui
possédait un conseil commun : le Synédrion :
conseil de la Symmachie
(institution militaire).
Léosthénès
parvint à traverser la Béotie (alliée de la Macédoine) et à
faire la jonction avec les Étoliens et les Thessaliens. Il
gagna là un point stratégique qui se trouvait entre la Grèce et
la Macédoine.
Antipater
(macédonien) se trouva enfermé avec ses troupes à Lamia dès
l’automne -323. Cet événement donna lieu à la
guerre
Lamiaque comme on l’appelle aujourd’hui. Les
documents contemporains l’appelaient guerre
hellénistique. Cette appellation montre que l’on parlait
d’une guerre de tous les Grecs contre la Macédoine et ses alliés.
On se remémorait également ainsi la victoire sur les Perses qui
avait eu lieu 150 ans plus tôt après les guerres médiques.
Dès
lors deux armées macédoniennes venues d’orient arrivèrent
ainsi que
Cratère
et Léonatos deux personnages
importants proches d’Alexandre. Léonatos arriva le premier
devant Lamia, il fut tué durant la bataille, mais ses troupes réussirent
à faire la jonction avec celles d’Antipater.
Pendant
l’hiver 323-322, Léosthénès fut tué
dans une escarmouche à Lamia, ce fut un coup dur
pour Athènes. Durant le même hiver, il se passa un événement
symbolique: L’épitaphos d’Hypéride (discours prononcé
chaque année, dédié aux morts pour la patrie et fait pour
galvaniser le peuple). Ce discours nous est conservé sur un
papyrus d’Egypte.
Au
printemps -322,
Antipater
réussit à rompre le siège de Lamia, échappa à la coalition et
regagna la Macédoine. Les opérations s’étendirent au domaine
maritime, Athènes lança toute sa flotte (la plus grande force
maritime de l’époque) dans la région des détroits. Mais la
cité grecque fut repoussée des Dardanelles et les troupes durent
se réfugier à Samos.
Durant
l’été -322, deux flottes macédoniennes prirent celles d’Athènes
en tenaille à Morgos, une des îles
des Cyclades. Ce fut un désastre pour Athènes. En août, Athènes
du subir une autre défaite à Crannon.
Elle marqua la fin de l’insurrection et
Athènes perdit la guerre définitivement. Les Macédoniens
gagnèrent cette guerre grâce au fait que leurs troupes étaient
les meilleures et que Crater ait réussit à rejoindre Antipater.
Les
Macédoniens voulurent une capitulation sans
conditions, car les Athéniens avaient exigé une
capitulation sans conditions à Lamia.
Antipater
nia l’existence même de la coalition et traita avec chaque
puissance séparément (L’Etolie résista encore un peu).
Les
négociations eurent lieu en Thessalie. Athènes y envoya
Phocion
car il était bien vu par le gouvernement macédonien.
Démade
et Xénokratès (un philosophe étranger
de l’école de
Platon)
furent également envoyés pour plaider la cause d’Athènes. On
peut se demander pourquoi un philosophe se trouvait aux côtés de
politiciens. Les Athéniens pensaient qu’il inspirerait la
justice, ce fait montre l’importance de la philosophie dans
l’Antiquité.
Lors
des négociations, on évita le pire, mais les conditions de paix
furent tout de même très dures:
1- Une garnison
macédonienne fut installée en Attique, plus
exactement au Pirée (le port d’Athènes).
Cette présence empêcha la ville d’avoir tout contact avec
l’extérieur.
2-
La Macédoine exigea qu’on livre les responsables de
l’insurrection :
Démosthène,
Hypéride et Eucratès.
A l’annonce de cette exigence les trois hommes fuirent mais furent
bientôt rattrapés. Ils furent exécutés ou poussés au suicide
(Démosthène meurt en 322;
L’adversaire de toujours des Macédoniens n’aura survécu qu’une
année à Alexandre. Il laisse derrière lui une oeuvre oratoire
considérable, véritable chronique des années de crise qu’a connues
sa cité. Un homme, une cité, une cause, une voix ainsi peut se
résumer cette carrière passionnée d’un citoyen hors du commun,
acteur et témoin de son temps.
).
3-
Le régime démocratique d’Athènes est modifié ; le
régime
censitaire est institué. L’accès au droit civique
se fit donc en fonction de la fortune. Sur 21'000 citoyens de
plein droit, seul 10'000 gardèrent leurs droits après la réforme.
4-
Athènes est privée des territoires d’Oropos
et de Samos.
Le
coût de la défaite fut pour le moins très lourd.