ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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Au niveau politique, les années -335 et suivantes ne furent pas uniformes. Beaucoup pensaient qu’il y avait un espoir de se défaire de la tutelle macédonienne, ceci d’autant plus qu’Alexandre était éloigné et qu’il ne connaissait pas que des victoires.

Alexandre passe les détroits

En -334, Alexandre passa les détroits, et une bataille contre les Perses s’engagea vers le fleuve Granique. Alexandre découvrit que dans l’armée perse il y avait des athéniens, qu’il traita d’ailleurs très durement. Il envoya à Athènes, sur l’Acropole les dépouilles des armures perses qu’il fit consacrer en les fixant sur le Parthénon. Ce fut une manœuvre habile, il mit ainsi Athènes de son côté. De gré ou de force Athènes était obligée de jouer le jeu d’Alexandre. A la fin de -334, la flotte phénicienne alla dans l’île de Samos (que contrôlait Athènes), cela créa un incident diplomatique, Alexandre en voulut à Athènes pour ce geste d'accueil envers les Phéniciens (Alexandre occupa la Phénicie durant, l’hiver 333-332). 10 ans plus tard, Alexandre enleva Samos à Athènes.            

Granique: Petit fleuve côtier d’Asie mineure (Mysie) se jetant dans la Propontide. Alexandre le Grand y remporta sa première victoire sur Darios III en -334, s’assurant la domination des Détroits.  

La campagne d'Alexandre, en bref.

En -333, Darius concentre ses troupes en Syrie. La rencontre se produit à Issos, en novembre, et Alexandre s’empare du camp et de la famille de Darius. Le soir de la victoire, il s’endort sous la tente du roi perse. Darius, en fuite, tente de négocier, mais en vain. Alexandre poursuit sa marche. Les cités de Phénicie se soumettent prudemment, sauf Tyr. Alexandre commence un siège qui va durer huit mois. La ville tombera en août -332 et sera durement châtiée.

En -326, Ayant forcé le verrou de Gaza, Alexandre est maintenant en Egypte. Il substitue ainsi l’occupation macédonienne à l’occupation perse, mais il aura l’intelligence de respecter les coutumes et la culture égyptiennes. Agissant autant comme pharaon que comme roi, il fonde Alexandrie et va consulter l’oracle d’Amon. Lorsqu’il en revient, l’avenir s’ouvre devant lui, radieux. La même année, Alexandre marche sur Persépolis et laisse ses soldats dévaster la ville royale. Le conquérant veut capturer Darius vivant, mais des rebelles assassinent le roi perse. C’est l’effondrement de l’Empire achéménide. Après avoir conquis les satrapies orientales de l’empire, Alexandre franchit au printemps l’Hindû-Kûsh et commence la conquête de la Bactriane et de la Sogdiane, jusqu’en -327. Toujours en -326, Darius a recomposé son armée à Babylone et s’est doté d’un grand nombre de chars à faux. Il compte les utiliser en affrontant Alexandre dans les plaines. Mais ce dernier franchit l’Euphrate à Thapsaque, puis le Tigre. Darius va à sa rencontre et fait niveler le site de Gaugamèles. La bataille est gigantesque. Les Macédoniens l’emportent et Darius doit prendre la fuite. Alexandre s’empare ensuite de Babylone et de Suse.

Année -325: Les armées d’Alexandre se dirigent vers l’Inde. Le conquérant soumet les vallées subhimalayennes, tandis que Héphestion marche sur la vallée de l’Indus. A Nysa (Nicéa), Alexandre participe à une fête religieuse locale que les Grecs identifient comme une fête en l’honneur de Dionysos; sans doute cet épisode contribua à favoriser l’identification ultérieure d’Alexandre à Dionysos. Alexandre remporte ensuite une victoire au bord du fleuve Hydaspe sur Pôros, roi du Panjâb. Bien que battu, celui-ci n’en sera pas moins remis sur son trône par le conquérant.

Les soldats macédoniens avant refusé de poursuivre vers l’est, Alexandre entame donc sa retraite. Néarque, à la tête d’une flotte, navigue de l’Indus à la Mésopotamie et se livre à un ensemble d’observations géographiques et ethnographiques. Alexandre choisit la voie de terre, la plus dure, avec la traversée du désert de Gédrosie. En -324, Alexandre prend une initiative spectaculaire visant à montrer combien il entend surmonter le clivage Grecs-Barbares, 90 chefs gréco-macédoniens épousent des filles de la noblesse mède et perse. En fait, ils y sont forcés. Mais il est vrai aussi que dix mille soldats ont contracté semblables mariages.

Alexandre le Grand meurt en -323. Ses derniers jours avaient été consacrés à des beuveries entrecoupées de bains. Mais le mal avait empiré et le roi était resté sans voix. Des rumeurs d’empoisonnement ont circulé, mais Alexandre est mort probablement victime d’une maladie foudroyante. Il était âgé de trente-deux ans et huit mois. Qui sera son héritier ? Son demi-frère Arrihdée, faible d'esprit ? Ou l'enfant à naître de son épouse Roxane, ayant du sang iranien ? L'état-major est divisé. On décide d'attendre la naissance. Perdiccas exerce la régence en Asie; Antipatros est toujours régent en Europe, Ptolémée est nommé en Egypte, Lysimaque en Thrace, Antigonos le Borgne en Asie Mineure. Ce partage repose sur un équilibre bien précaire, nous le verrons.

La révolte de Sparte

A partir de -331, on n’entendit plus parler d’Alexandre car il quitta le monde méditerranéen. En -329, il était en Asie (vers l’Indus), les relations avec le monde grec étaient distendues, Athènes vivait presque comme une cité indépendante. Il restait tout de même Antipater, régent de la Macédoine, qui surveillait le monde grec continental. C’est lui qui reprit les affaires en main lorsque les Lacédémoniens se révoltèrent et annexèrent une partie du Péloponnèse (Megalépolis). Sparte pensait profiter de l’éloignement d’Alexandre et reconstruire l’hégémonie qu’elle avait autrefois sur le Péloponnèse (Sparte avait une dyarchie, c’est à dire le gouvernement simultané de deux rois, de deux chefs, de deux pouvoirs). En apprenant ces événements, Athènes hésita à se mettre du côté de Sparte. Cette tentative de révolte fut fortement réprimée.

Lycurgue, le bienfaiteur d’Athènes

Jusqu’en -324, c’est à dire jusqu’au retour d’Alexandre, Athènes vécut une époque calme. Donc de -334 à -324, on assista à une période de prospérité pour Athènes et cela en grande partie grâce à Lycurgue. On a même appelé cette période, l’époque de Lycurgue. Cet homme a en effet essayé de faire profiter Athènes de nouvelles ressources comme par exemple: les constructions de remparts, d’un théâtre de pierre près de l’Acropole, du stade panathénaïque et la réorganisation de la zone de l’Agora et de la Nix. Lycurgue mourut en -324, on a retrouvé un décret datant de -307 qui le louait. Ce décret se retrouve également chez Plutarque. Lycurgue avait avancé de l’argent durant la pénurie de blé et fait diverses actions pour la cité.

Pénurie de blé (330-325)

De -330 à -325, Athènes subit une période de disette due à des pénuries de blé causée par de mauvaises récoltes en Egypte, en mer noire et en Grèce. Cette disette marqua la hausse des prix qui allèrent même jusqu’à tripler. On essaya de constituer des réserves, et bien entendu comme pendant toute crise de subsistance, il y eut des profiteurs et des bienfaiteurs. On possède un témoignage qui parle de cette crise, il s’agit d’une inscription trouvée à Cyrène en Libye. Elle dit que la cité de Cyrène a donné ou plutôt vendu du blé à une série de villes. La cité d’Athènes est inscrite en premier lieu car elle ne pouvait pas subsister sans l’aide des autres. On lui vend une quantité plus importante de blé qu’aux autres villes: 100 000 boisseaux (médimnes en grec). C’est sur l’ordre d’Alexandre qu’on livra du blé meilleur marché aux cités défavorisées. Il manque des cités sur la liste de Cyrène, pourtant l’inscription retrouvée est entière. On sait que certaines cités vivaient en autarcie et n’avaient par conséquent pas besoin du blé distribué, ce qui n’était pas le cas d’Athènes. D’autres cités comme Sparte n’avaient pas été ravitaillées pour des raisons politiques. En effet, Sparte s’était révoltée contre la puissance macédonienne peu auparavant.

Nous possédons un autre témoignage concernant le blé: il s’agit d’un décret du peuple d’Athènes datant de 325-324 au sujet de la fondation d’un emporion, c’est-à-dire l’établissement d’un comptoir pour veiller à la sécurité des transports frumentaires et lutter contre les pirates étrusques. Cet emporion fut construit sur l’Adriatique vers la plaine du Pô. La question du ravitaillement en blé était fondamentale pour une cité comme Athènes.

Le retour d’Alexandre.

Athènes et le monde grec vécurent une période turbulente à partir de -324 après une décennie assez tranquille. -324 est l’année de la mort de Lycurgue qui avait pressenti ces troubles futurs avec l’approche d’Alexandre vers le monde grec. Au printemps -324, Alexandre atteignit Suze et ensuite Babylone. Plus il se rapprochait plus la tension montait. Alexandre avait une double exigence pour le monde grec:

1.    Il exigeait que toutes les cités le considèrent comme un sujet de vénération. C’était une vision des choses assez singulière pour les Grecs, ils n’étaient pas comme les orientaux où le roi était considéré comme la représentation des Dieux sur la terre. Alexandre se considérait comme le fils de Zeus Ammon depuis qu’il avait rencontré l’oracle de Zeus Ammon dans le désert. Alexandre était rentré d’orient changé. Les Grecs eurent de la peine à accepter ce changement et à se prosterner devant le roi de Macédoine.

2.    Il voulut essayer de rétablir l’entente entre les cités en rappelant les exilés (phygades). Alexandre en terminant son expédition avait constaté que beaucoup de grecs étaient apatrides. Il exigea que les apatrides reviennent dans leurs cités et récupèrent leurs biens. Il fit annoncer cette décision par Nikanor lors d’un concours olympique. Cet ordre fut pris très au sérieux et eut un impact considérable.

Les conséquences pour les Athéniens

Il y avait peu d’exilés à Athènes, mais depuis -365, les Athéniens possédaient l’île de Samos et en avaient exilé les habitants dont beaucoup étaient des proches d’Alexandre. On pense que le même problème se posa à Oropos. Les habitants devaient donc revenir dans ces îles et Athènes du y renoncer. Dès l’annonce de cette volonté, les Samiens essayèrent de revenir sur leur île, ce qui posa des problèmes car les Athéniens ne lâchèrent pas prise facilement. L’édit d’Alexandre provoqua de façon générale d’énormes tensions dans les cités grecques. On a également trouvé l’inscription concernant cet édit.

L’affaire d’Harpale.

Harpale était un officier d’Alexandre, plus exactement, il était Satrape, c’est-à-dire gouverneur de province perse. Il était Satrape en Babylonie et avait profité de l’éloignement d’Alexandre pour faire main basse sur les richesses de «l’empire». Au retour d’Alexandre, il se replia vers Athènes. Pour la cité grecque, il pourrait être à la fois une malédiction et une bénédiction. Il était contre Alexandre et riche, mais en même temps il était très compromettant. Athènes lui refusa donc l’entrée au Pirée. Il compromit Démosthène qui aurait obtenu des fonds de lui. Démosthène fut exilé à la suite de cette affaire.

La mort d’Alexandre.

Dans l’été -323 (une année après l’édit), Alexandre meurt à Babylone. Sa mort provoque non seulement une crise politique dans le cadre de sa succession (Roxane, sa femme était enceinte au moment de sa mort) mais aussi par rapport à la crise due à l’édit sur les exilés. La mort d’Alexandre aurait pu calmer le jeu, mais en fait les choses étaient déjà allées trop loin ; une partie des Samiens avaient déjà réintégré leur ville. A Athènes l’annonce de la mort d’Alexandre provoque un soulèvement populaire contre l’ordre macédonien.

 
 
 
 
 
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