Durant l’hiver 336-335,
Alexandre
du se rendre chez les Tribales (au Nord).
En
-335, Alexandre entreprend sa première campagne militaire, Il veut rétablir
l’ordre dans les Balkans et punir les Triballes qui se sont
soulevés en -339. Il est naturellement victorieux et renforce le
pouvoir macédonien dans la région du bas Danube. Il protège
durablement le monde grec des invasions barbares.
Au printemps -335, on
racontait qu’Alexandre s’était fait tuer à la guerre et
qu’il était sans héritier. Les Thébains
se révoltent alors contre la Macédoine, à Athènes les
sympathies sont vives pour ce mouvement insurrectionnel, l'appui
est moral mais des envois d'armes ont également lieu, par
contre aucun contingent n'est détaché pour soutenir les Thébains. N’oublions pas qu’Athènes avait été
moins malmené par les Macédoniens que ne l’avaient été les
Thébains. Mais peu après l'insurrection le démenti de la mort
d'Alexandre parvient aux cités grecques, la
consternation
est totale. Dès -335 Alexandre se porte en Grèce et
assiège Thèbes qui est alors dans une situation très
complexes puisqu'elle a affaire aux troupes qui l'assiègent et
à la garnison qui est en ses murs. La ville cède aux Macédoniens
après quelques semaines de combats.
Le sort de Thèbes fut alors des plus
cruel, cette cruauté fut ressentie comme telle dans l'antiquité
entière. Alexandre prit la décision, après avoir consulté
les membres de la Ligue (membres qui acceptèrent la punition de
Thèbes; les voisins directs de la cité acceptèrent, eux qui
étaient les anciens membres de la Ligue de Thèbes et qui
furent longtemps soumis aux thébains trouvaient là l'occasion
de prendre leur revanche), de raser la
ville et de réduire sa population en esclavage. Beaucoup
de thébains se réfugièrent à Athènes et même en Perse. Thèbes
est alors effacée de la carte de la Grèce politique…Cet épisode provoqua la panique à Athènes,
certes, les Athéniens n’avaient pas vraiment aidé les Thébains,
mais ils étaient prêts à le faire, ils étaient d’une
certaine manière complices, au moins moralement. La crainte de
la réaction macédonienne était donc justifiée. Durant
l’automne -335, les Athéniens reçurent la nouvelle de la
prise de Thèbes par les Thébains rescapés. Athènes décida
de se mettre à l’abri derrière ses murailles au cas où
Alexandre essayerait de prendre la ville.
Démade
proposa d’envoyer 10 ambassadeurs auprès d’Alexandre, il en
faisait partie. Les exigences d’Alexandre furent assez
importantes, il exigea notamment la tête
des responsables de l’appui aux thébains, c’est-à-dire
les anti-macédoniens,
Démosthène,
Lycurgue et Hypéride.
Certains pensaient que ce sacrifice devait se faire, mais
l’esprit de résistance restait vivace. Une nouvelle ambassade
fut envoyée pour trouver un nouveau
compromis. Alexandre se contenta, sur les conseils de Démade,
de la tête de Chairidémos. Ce
dernier fuit la Grèce et s’engagea chez le roi des Perses,
Darius III.
La préoccupation principale d’Alexandre
fut de suivre le projet de son père en s’emparant d’une
partie de l’empire perse ; pour satisfaire cette exigence
il du quitter la Grèce et la laisser sans surveillance. Pour
assurer la tranquillité de la région deux choix s’offraient
à lui : Détruire Athènes ou
l’empêcher d’avoir l’occasion de se révolter. Détruire
Athènes n’était pas envisageable, elle était la seule
puissance maritime et le Macédonien en avait besoin. Athènes
était donc une puissante alliée en mer Egée face aux Perses.
De plus, pour mettre la main sur l’empire perse Alexandre
avait besoin d’une légitimation. Alexandre se déclara alors
vengeur
d’Athènes et déclara attaquer les Perses pour
effacer les exactions perses contre Athènes durant les
guerres
médiques. Dans ce cadre on comprend mieux pourquoi la
destruction de Thèbes était acceptable :
les Thébains étaient aux côtés des perses
durant les guerres médiques. Au
printemps -333, Alexandre débarque avec une armée de 40' 000 hommes
prés de l’emplacement présumé de Troie, où la tradition veut
qu’il ait déposé une
couronne sur la tombe d’Achille.
Puis,
c’est le premier affrontement avec les Perses, au bord du
Granique;
Alexandre en sort victorieux. Il mène ensuite diverses opérations en
Lydie et en Phrygie : les cités l’accueillent le plus souvent sans
combattre.
Anecdote:
En -333,
sur l’acropole de Gordion,
Alexandre découvre un char dont le joug est fixé par un noeud
inextricable. Celui qui parviendra à le défaire sera le maître
de l’Asie. Bien des candidats s’y sont essayé en vain...
Alexandre le tranche d’un coup d’épée. Et, dans la nuit
qui suit, tonnerre et éclairs vont confirmer la prédiction.
A
la fin -335, la paix était assurée entre Athènes et la Macédoine.
Démade
fit énormément pour assurer les bonnes relations entre les
deux cités, il obtint également la rétrocession du territoire
d’Oropos. C’est bien à partir de -335 que l’on peut
attester la prise de possession du territoire par Athènes. Démade,
au sortir de ce tour de force politique reçut des honneurs
extraordinaires. Il avait réussit là où les généraux
avaient échoué. Bien qu’il ne fut qu’un civil et un
orateur, Démade avait réalisé la conquête d’un territoire.
Il reçut une statue sur l’Agora, il reçut la garantie d’être
nourri à vie par le prytanée et il pouvait siéger au théâtre
pour toutes les représentations (prodérie).