ATRIUM - Histoire de l'Antiquité

En histoire européenne, l'Antiquité désigne la période des civilisations de l'écriture autour de la Méditerranée, après la Préhistoire, avant le Moyen Âge. La majorité des historiens estiment que l'Antiquité commence au IVe millénaire av. J.-C. (-3500, -3000) avec l'invention de l'écriture, et voit sa fin durant les grandes migrations eurasiennes autour du Ve siècle (300 à 600). La date symbolique est relative à une civilisation ou une nation, la déposition du dernier empereur romain d'Occident en 476 est un repère conventionnel pour l'Europe occidentale, mais d'autres bornes peuvent être significatives de la fin du monde antique.

 

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La paix de -338 ne constitua pas du tout une capitulation pour Athènes, la défaite n’entraîna aucun mouvement de désespoir, les Athéniens étaient d’ailleurs prêt à se défendre contre un éventuel siège de la ville. Athènes ne capitule donc pas après la défaite, d’ailleurs sa flotte est encore entière. La défaite ne signifie pas qu'Athènes soit prête à se rendre, au contraire, elle se prépare à recevoir l'armée macédonienne. L'attitude d'Athènes est énergique, nous avons d’ailleurs vu que la défaite de Chéronée fut un coup de fouet pour Athènes. Pourtant Philippe ne marcha pas sur Athènes et cela pour deux raisons :

-1- Athènes est une puissance importante et dont la conquête ne serait pas aisée.

-2- Philippe veut faire d'Athènes son alliée, il a des projets d'avenir et ne veut pas s'aliéner les cités grecques, Athènes en tête.

Thèbes n'aura pas la chance de connaître le même sort que celui d'Athènes, la cité béotienne se verra imposer une garnison sur son Acropole (façon humiliante de la part de la Macédoine de montrer sa suprématie) et deviendra donc une cité soumise et occupée. De plus, elle sera privée de son hégémonie sur les autres cités béotiennes (le Koihun béotien). Sa puissance politique et militaire est brisée. En revanche Philippe est nettement plus généreux pour Athènes; il renonce à toute mainmise (n'impose aucune garnison), tous les prisonniers athéniens sont rendus sans la moindre rançon (ce qui est rare à l'époque). Par contre, il retire à Athènes son hégémonie sur la mer Égée, il décrète l'abolition de la ligue maritime sur laquelle Athènes dominait. Il va cependant laisser quelques îles aux athéniens, îles qui vont permettre à la cité de se ravitailler en blé (îles d'Imbros, de Lemnos, de Skyros.).

La dispute d'Oropos.

Il existe une dispute sur la soi-disant généreuse rétrocession de Philippe aux Athéniens d’un territoire thébain, celui d'Oropos (et ceci dans le but de créer un antagonisme entre Thébains et Athéniens). En -366, le territoire de l'Oropie avait été arraché aux Athéniens par les Thébains (c'est la raison de la difficulté de l'alliance des deux cités pour résister aux ennemis Macédoniens). Les manuels font l'éloge de cet acte généreux de Philippe envers les Athéniens, mais l'évidence de la réalité de cette rétrocession est loin d'être établie. Effectivement, ce don n'aurait pas eu lieu en -338 mais 3 ans plus tard ce qui n'est pas sans conséquences puisque le geste ne serait plus celui de Philippe mais celui de son fils Alexandre. De plus, si le calcul de Philippe avait bien été celui de diviser Thébains et Athéniens il se serait lourdement trompé car Athènes et Thèbes ne tarderont pas à se rapprocher l'une de l'autre face aux Macédoniens et l'on sait le fin stratège que Philippe était. C'est à Oropos que se trouve le sanctuaire d'un héros médecin : Amphiaraos, ce sanctuaire compte un nombre élevé d'inscriptions selon lesquelles nous sommes en position de dire qu'Oropos a bien été prise par Philippe mais qu'il en a fait un territoire indépendant. D'autres inscriptions attestent que le don d'Oropos aux Athéniens date de -335 (nous avons d'ailleurs des preuves de l'occupation athénienne dès cette époque). La rétrocession serait donc bien l'acte d'Alexandre le Grand. En -338, le règne de Philippe II touchait à sa fin, il fut assassiné durant l’été -336. Sa disparition ne changea pas la situation des états grecs, Alexandre, son fils, reprit le flambeau. A partir de -334, la Macédoine plaça sous sa domination le royaume des Perses. Cette expédition dura plus de dix ans et eut des conséquences sur le monde grec. En effet, ceci donna des possibilités d’indépendance aux états, le roi étant loin. -324 fut la date du retour relatif d’Alexandre dans son royaume. Le règne d’Alexandre le Grand s’étendit de -336 à -323, la domination de la Macédoine sur les états grecs fut assez légère, le roi étant en campagne.

Conséquences du traité de paix pour Athènes en dehors des aspects territoriaux.

La conséquence première c'est qu'Athènes devient, avec les autres cités grecques (sauf Sparte) l'alliée de Philippe, c’est la ligue de Corinthe. C’est en effet à Corinthe que Philippe réunit en -338 une sorte de conseil appelé Synédrion. La Ligue est une alliance offensive, Philippe en est l'hégémôn, le principal ennemi de la ligue se sont les Perses. Pour les cités grecques la Perse était plus un voisin qu'un ennemi (les guerres médiques sont déjà loin), Philippe va donc essayer de raviver l'antagonisme perso-grec. Dès -337, le Macédonien envoie un premier contingent, c’est l’amorce de la politique d’expansion de la Macédoine vers l’Orient que continua Alexandre le Grand. Philippe se garda de toute intrusion dans la vie politique d’Athènes et des autres grandes cités, sauf celle de Thèbes où une garnison restait en permanence. En 1950, on a trouvé dans l’Agora d’Athènes un document remarquable datant du printemps -336. Ce texte parle d’une loi proposée par Eukratès (farouche adversaire de la Macédoine) contre la tyrannie. Cette loi avait pour but de punir toute tentative de renversement du régime démocratique athénien.

La loi s’en prend à l'aréopage (Tribunal d’Athènes qui siégeait sur la colline d’Arès) qui est contesté car il est composé d'anciens magistrats qui ne sont pas élus et sont conservateurs. On soupçonnait ces conservateurs d’être favorables à l’oligarchie voulue par les Macédoniens. L’aréopage n’étant pas soumis à l’élection, il aurait certainement pu subsister à une destruction des institutions démocratiques. Mais ce point de vue ne tient pas car l'aréopage restera toujours un organe fidèle qui ne sera pas en conflit avec les démocrates. Peut-être que l'explication de cette position face à l'aréopage vient du fait que, n'étant pas soumis à l'élection, il pourrait décider de se maintenir en cas de coup d'état et servirait alors de verni légal au coup de force. On instaura alors l'obligation pour l'aréopage de céder le pouvoir en cas de coup d'état. Cette loi est promulguée quelques mois seulement avant la mort de Philippe à Aigéai sur le cite de Vérgina sous le mont Olympe en -336. La cause de l'assassinat n'a rien à voir avec la grande politique semble-t-il.

 
 
 
 
 
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